Jalousie

Publié le 25/01/2013 à 08:27

Définition par Bruno MARTIN

Inquiétude douloureuse et crainte que la personne aimée n'éprouve un sentiment de préférence pour quelqu'un d'autre, ou ne soit infidèle. Une certaine dose de possessivité peut se comprendre dans le couple, personne n'aimant être dépouillé d'un lien essentiel pour sa stabilité. Chaque mammifère mâle défend ses « possessions » sexuelles, et les femelles bataillent pour garder leur rang dans la hiérarchie. La jalousie peut cependant aller jusqu'à la paranoïa meurtière. Au mieux, gestes, phrases, portables, poches sont soigneusement espionnés, ou la multiplication des enquêtes et des questions harcelantes accompagnent les soupçons.

Deux types de jaloux pathologiques peuvent être distingués, le « vigile paranoïaque » et l' « enfant tout-puissant et capricieux ».

Le vigile paranoïaque
Ce type de jaloux apparaît comme un individu « insécure » (voir « Lien »), dont une des manifestations de manque de confiance en soi s'exprime à travers la jalousie. Inconsciemment et paradoxalement, le jaloux de ce type manque moins de confiance en l'autre qu'en lui-même. Il doute au fond de lui, de posséder les valeurs capables de séduire et de fixer le partenaire très longtemps, mais il est bien plus simple pour lui d'accuser l'autre que de se dévaloriser. Et puis, qui sait, la culpabilisation pourrait déterminer son conjoint à lui prouver qu'il l'aime encore plus... Ce type de jaloux se sent menacé en permanence par tout rival réel ou imaginaire. Il a certainement manqué pendant l'enfance et l'adolescence de renforcements positifs qui auraient pu sécuriser sa masculinité ou se féminité.

L'enfant tout-puissant ou capricieux
Il a été gavé de bienveillance et de considérations durant son enfance et son adolescence. Tout lui est dû. Tout et tout de suite. Il n'a connu que la toute-puissance affective à travers l'amour de sa mère. Toute baisse d'intensité dans le flux affectif (même hallucinée ou symbolique) est vécue avec une profonde angoisse. Le « trop » aussi rend « insécure ».

Dans les deux types de jalousie, un mécanisme supplémentaire vient toujours s'ajouter: la projection de ses propres mécanismes instinctifs d'évaluation sexuelle. Au fond de chaque être humain, en dehors de passion amoureuse ou de danger extrême, un « scanner » instinctif évalue en permancence le potentiel « sentimental, tendre, génital » des individus du sexe opposé. Le jaloux prête donc à son conjoint sans le savoir, et à juste titre, ce processus qu'il vit lui-même (et qu'il nie parfois avec une parfaite mauvaise foi). Il se retrouve alors dans une intense angoisse en imaginant ce mécanisme en train d'opérer chez sa/son bien aimé(e). ce mécanisme associé à l'un des deux types précédents détermine une jalousie intense.

La parole à Brigitte LAHAIE

Être jaloux est un sentiment normal lorsque l'on tient à quelqu'un. Pourtant, il est intéressant de remarquer que nous sommes jaloux en amour mais beaucoup moins en amitié. L'amitié exclut en quelque sorte la jalousie, car il n'y a pas vraiment de notion de possessivité ni d'exclusivité.
Nous connaissons la jalousie dès notre plus jeune âge. L'enfant est d'ailleurs terriblement jaloux de ses frères et soeurs. Ainsi, c'est la manière dont nous aurons appris à « défusionner » de notre relation primaire à la mère qui nous permettra plus ou moins de réguler ce sentiment de jalousie.
La jalousie positive sert même de piment à notre libido. Si notre partenaire est courtisé, cela nous titille, et nous ferons tout pour le ou la reconquérir.
La jalousie diminue avec le temps car la passion fait place à un sentiment plus calme, mais aussi plus confiant. C'est un équilibre à construire, puisqu'il s'agit de rassurer son partenaire afin qu'il puisse se sentir bien dans la relation, tout en lui donnant en même temps envie de rester vigilant. En effet, si nous lui donnons l'impression que, quoi qu'il arrive, nous lui appartenons, il oubliera de nous séduire.
On voit à quel point la jalousie est liée à un sentiment d'appartenance et de possession. Plus un être humain est « insécure », plus il risque de développer un sentiment de jalousie qui ne sera que la preuve de son besoin de s'assurer de son emprise sur son partenaire, alors que celui qui est vraiment bien dans sa peau n'aura pas peur de perdre l'autre.
Ce jeu subtile explique pourquoi il est si difficile, après un adultère, de combattre la jalousie. La confiance est ébranlée, l'estime de soi est abîmée. D'où l'importance de comprendre quels étaient les enjeux de l'infidélité de notre partenaire et quel rôle nous avons eu dans cette histoire. Bien souvent, en acceptant de revenir là où nous n'avons pas su combler notre partenaire, nous pouvons pallier ce manque et consolider le lien pour le futur.
Enfin, les couples échangistes ne sont pas jaloux, car ils sont ensemble, ils s'appartiennent mutuellement, leur relation est en fait basée sur une notion de possessivité. Il y a aussi souvent une allusion que notre partenaire nous appartient, et qu'au fond nous décidons de ce qu'il va faire sexuellement.
Enfin, la jalousie maladive est un sentiment très complexe dont il est toujours difficile de sortir. Souvent, les jaloux projettent leur envie d'être infidèles; il s'agit parfois même d'une homosexualité refoulée, à moins que ce ne soit le résultat de blessures psychiques profondes.

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