Avortement

Publié le 11/07/2014 à 15:10

Définition par Bruno MARTIN

Interruption, spontanée ou médicalement assistée, d'une grossesse avant terme. Trois cas de figure se présentent. La fausse couche, qui est la perte involontaire du foetus avant la vingtième semaine de gestation. Il y a ensuite l'interrutpion volontaire de grossesse (IVG), qui est la demande volontaire d'arrêt de la grossesse et qui nécessite une intervention médicale avant la douzième semaine de gestation. Enfin, il y a l'interruption médicale de grossesse (IMG), qui est une intervention médicale pratiquée sur demande du couple et par ratification de deux experts médicaux, dans les cas où la mère encourt un risque vital ou lorsque le foetus est atteint d'une affection gravissime.

La parole à Brigitte LAHAIE

L'avortement est plus communément appelé IVG, car bien souvent les mots qui font peur sont transformés en sigles. N'oublions pas qu'il peut être spontané; on parlera alors de fausse-couche. Environ 10% des femmes enceintes font une fausse-couche au cours des trois premiers mois de grossesse, souvent parce que l'embryon n'était pas viable. Il est utile de le rappeler afin de déculpabiliser la femme, qui se sent souvent coupable de n'avoir pas su mener sa grossesse à terme.
Une intervention volontaire de grossesse, elle, n'est jamais tout à fait vraiment volontaire; il y a chez toute femme une part plus ou moins inconsciente qui aurait souhaité garder le bébé. En tout cas, elle aimerait pouvoir effacer le passé, ne jamais avoir été enceinte afin de ne pas avoir à prendre une telle décision. Même lorsque l'intervention se passe bien, elle peut garder des séquelles de nombreuses années plus tard; le couple peut également en pâtir.
C'est la raison pour laquelle la décision doit d'abord être prise individuellement afin que chaque membre du couple puisse défendre ses arguments sans être trop influencé. De même, les parents devraient toujours tenir compte de cette part de souffrance à venir chez leur fille qui se retrouve enceinte alors qu'elle n'est peut-être pas encore en âge, à leurs yeux, d'être mère. Combien de femmes sont devenues de bonnes mères alors que rien ne semblait les disposer à l'être, et combien sont devenues de mauvaises mères alors que tous les paramètres semblaient réunis pour une maternité harmonieuse ?
En cas d'IVG, un travail thérapeutique peut se révéler nécessaire, mais il faut parfois respecter le silence. Si des difficultés sexuelles apparaissent au sein du couple (généralement un manque de désir ou une absence de plaisir), il faudra alors travailler sur ce qui n'a pas été évacué. Suite à une IVG, plusieurs réactions peuvent se déclencher chez une femme. Elle peut avoir des rancoeurs vis-à-vis de son compagnon: elle devra alors apprendre à les exprimer et, lorsqu'elle se sentira comprise, le couple pourra repartir sur des bases saines. Elle peut se sentir coupable: les causes profondes de la culpabilité devront être évacuées (elles sont souvent multiples). Elle peut avoir peur d'être à nouveau enceinte: une bonne contraception suffit parfois à faire partir cette peur. Il ne faut pas non plus négliger les conséquences qu'une IVG peut déclencher chez l'homme. Il pourra se sentir atteint dans sa virilité, pas assez responsable et capable d'assumer une paternité, pas assez aimé...

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Le 10/02/2015 à 15:36

Réponse de CheyN

Il semble important à vous lire de distinguer avortement, fausse couche et parentalité.



Une fausse couche, ou avortement spontané, si souvent vécu comme un échec par les femme soumise à la pression de la performance maternelle, est selon moi l'aboutissement d'un processus complet en soi.

http://www.brigittelahaie.fr/wiki/accouchement



Un avortement provoqué par contre est plus complexe à vivre sans doute.

Il est peut être souvent le résultat d'une peur : pas le moment, pas à la hauteur.

Lorsque c'est un choix conscient et réfléchi, il paraît important de ne pas zapper la part inconsciente de responsabilité et de culpabilité qui peut oeuvrer en effet, et pour le coup peut être connaître l'éventuel sentiment d'échec ou l'erreur que d'être "tombée enceinte" peut représenter pour la femme qui a fait choix d'avorter ; là où il s'agit d'un accident de parcours bien humain comme il peut nous en arriver dans une vie.



Tirer dans ces 2 cas leçon de cette épreuve non désirée ou traverser sa peur de ne pas se sentir capable d'être mère tout en en ayant le désir profond.



Enfin, être mère, être parent, cela s'apprend et il ne suffit pas qu'un couple tombe enceint pour en faire des parents dignes de ce nom.