Abus Sexuel

Publié le 29/10/2012 à 07:53

Définition par Bruno MARTIN

Conduite illicite contraignant une personne à subir des intentions ou des actes sexuels sans son consentement. Une atteinte sexuelle subie avec violence, contrainte, menace ou surprise définit juridiquement le terme d'agression sexuelle. Les actes peuvent être d'ordre psychologique (paroles obscènes, photos...) ou physique (attouchements corporels ou génitaux, pénétrations, ces dernières définissant juridiquement le viol). Les abus sexuels impliquent souvent une relation d'autorité (adulte à enfant, patron à employé...). Afin de garantir le silence de la victime, l'abus est très régulièrement suivi de menaces et de culpabilisation. Chez la victime, il n'est pas rare que la douleur morale, constituée de honte et de culpabilité, coexiste avec une excitation sexuelle réflexe. Ce paradoxe est à la base de beaucoup de dysfonctions sexuelles ultérieures et de stress post-traumatiques.

La parole à Brigitte LAHAIE

Pour comprendre les causes et les conséquences des abus sexuels, faisons tout d'abord la distinction entre le fait de commettre une agression et le fait d'en être la victime.

Dans le premier cas, l'agression est une manifestation détournée de la colère. La majeure partie du temps, l'agresseur reproduit sur autrui ce qu'il a lui-même subi. Il agresse parce qu'il ne sait pas exprimer sa colère autrement. La colère, l'une des grandes émotions inhérentes à la condition humaine, peut sembler plus masculine, mais elle est également féminine. Les femmes auront plutôt tendance à inciter leur partenaire à commettre des abus, et à devenir leur complice. Si l'individu est conscient de ses pulsions agressives, il devra se faire aider par quelqu'un de particulièrement compétent, car tous les thérapeutes ne sont pas capables d'entendre des fantasmes de viol ou des désirs pédophiles, par exemple. Pour les hommes, il est souvent nécessaire de mieux comprendre comment s'est construite leur identité masculine et quelles en sont les failles. Une meilleure identification à leur part masculine leur apportera une paix intérieure. Afin d'évacuer de manière positive une colère sous-jacente, chacun peut trouver une solution qui lui convienne, pratiquer les arts martiaux par exemple ou un autre sport.

Le deuxième cas concerne une personne ayant été abusée. On pourrait s'attendre à ce qu'elle développe un sentiment de haine vis-à-vis de son agresseur. Cependant, il arrive que celui-ci soit un parent proche ; dans ce cas, tout se brouille, et les attouchements sont alors parfois vécus comme des marques d'affection.

Dans un premier temps, ressentir de la haine est plutôt salutaire. Il faut accepter d'être mal pendant une certaine période. Admettre sa souffrance constitue une première étape vers le mieux-être, c'est pourquoi la douleur d'un enfant abusé est particulièrement forte s'il s'est confié à quelqu'un sans avoir été entendu.
Dans un second temps, il est important de dépasser son sentiment de haine; sinon, cette émotion risque de se transformer en un désir aveugle de vengeance, ou de gâcher la vie. La personne abusée doit s'identifier comme victime et accepter de reconnaître son impuissance. Porter plainte aide souvent à accepter cet état de fait. En revanche, demander réparation à tout prix ne me semble pas être la meilleure solution, car cela peut encourager l'esprit de vengeance.

Suivant la gravité du mal-être, un suivi thérapeutique peut se révéler utile. En effet, tout ce qui n'est pas exprimé est susceptible de se transformer en angoisses, en phobies, en conduites autodestructrices ou en maladies chroniques. Les mots étant parfois trop difficiles, d'autres approches seront plus adaptées, comme la thérapie par l'art ou la thérapie de groupe, qui permet de dépasser la honte, l'EMDR (eye movement desensitization and reprocessing).

De plus, pour les adultes qui ont été abusés par un parent proche, il est indispensable d'analyser la part de responsabilité de ceux qui ont parfois fermé les yeux sur la situation (la mère, par exemple). Ce manque de protection fait parfois autant de dégâts que l'acte d'agression lui-même.

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Le 03/12/2014 à 15:27

Réponse de CheyN

La colère mal gérée se dédouble en agressivité et en injustice. Comme le monde irait mieux si chacun prenait soin d'exprimer une colère juste oui ! Notre éducation nous incite davantage à la ravaler et à la laisser nous ronger plutôt que d'apprendre à la reconnaitre et à lui rendre sa légitimité.



Quant aux victimes, il me semble souvent que le déni de leur indignation ou de leur parole fait bien souvent plus de mal que l'abus lui-même !



Il me semble en effet important de ne pas non plus se réduire à ce statut de victime ou tout ramener à l'abus subi car ce serait laisser les commandes de sa vie à son abuseur : injuste !