désir dans un couple malade psychologiquement

19/08/2014 à 19:11

Brigitte

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fofo a dit : 

Bonjour,

Je suis soumise à 3 "difficultés" dans ma vie personnelle et sentimentale ; les voici :
- je suis anorexique, et cela depuis une vingtaine d'années (j'en ai 42 à présent). J'ai consulté 2 psychothérapeutes pendant 3 ans et je n'ai vu la situation que fort peu s'améliorer, et je retombe toujours dans mes phobies et mes hantises. Je considère presque que je finirai ma vie anorexique, tant je m'enlise. Bon. 1er problème. Ceci dit, je ne suis pas du tout en mauvaise santé, je fais beaucoup de sport et mon compagnon dit que mon corps, bien que d'apparence maigre (je ne trouve pas, mais bon) est musclé et dur.
- cette anorexie est liée, selon moi, à une absence totale de désir et d'envie de sexualité : quand mon compagnon me touche et veut avoir des relations sexuelles, bien sûr, j'accepte car je l'aime mais cela me dégoûte profondément, je n'aime pas ça, c'est une corvée quand je sais que "ça va arriver". Pas d'envie avant, pendant, après. Je ne peux pas regarder de films érotiques parce que là encore, ça m'écoeure. Bien évidemment, je mets tout dans le même panier : relations sexuelles "classiques", et toutes les demandes que je considère, moi, comme étranges, telles que rentrer par derrière ou faire des fellations, ce dont je suis incapable. Mais mon compagnon est très tolérant : il en parle beaucoup, je sns bien que ça lui tient à coeur (et à corps), mais il n'insiste pas outre mesure. J'aimerais pourtant qu'il sente que j'aime, que j'ai envie de lui, mais je saurai pas me forcer.
- 3ème "problème" mais qui n'en est pas vraiment un, et qui est lié à ce que je viens d'écrire supra : je vis avec quelqu'un qui est quasiment un obsédé sexuel (ou alors c'est moi qui le vois comme ça, parce que moi-même n'aime pas le sexe ?). En effet, il ne cesse de me toucher, de me caresser, de me peloter, et cela du matin jusqu'au soir (en plus des moments où nous avons des relations sexuelles...), j'ai l'impression qu'il ne pense qu'à ça. Il regarde beaucoup les femmes à la tv, dans la rue, ce qui ne me dérange pas du tout car moi aussi, je le fais (j'aime la beauté sous toutes ses formes, et pour moi, une femme est plus belle qu'un homme). Je dois préciser aussi qu'il a une nette tendance à l'alcoolisme, c'est un dépressif chronique et un angoissé (il évoque très souvent la mort). Bref, je reconnais qu'il me porte beaucoup d'amour, presque de l'adoration, mais je ne peux lui répondre sur le même ton, d'abord parce que je suis plus "froide", plus libre, plus indépendante que lui (c'est le 1er homme avec qui je vis ; nous nous sommes rencontrés il y a 7 ans), pas du tout romantique comme lui (un romantisme à la Baudelaire, désespéré), et pas du tout attirée par les choses du sexe. Lui dit souvent que le sexe, c'est ce qui reste quand il n'y a plus d'espoir, quand il faut en finir avec l'intellect, etc. Quand il est "embrumé" (alcoolisé), il délire ainsi et est encore plus collé à moi.
Voilà. J'aurais encore à dire, à préciser, mais pour une première approche du problème, ça devrait suffire !
Que penser de cela ? Parfois je me dis que je serais mieux seule.

 Bonsoir,

J’ai tout de même un peu l’impression que vos 2 psys n’ont pas vraiment entendu votre histoire! L’anorexie est souvent liée au manque de désir. vous dites une chose importante dans ce mail, vous dites: ça lui tient à coeur (à corps)justement, je vous inviterai dans un premier temps à comprendre ce qu’est le coeur et le corps. quelle différence faites-vous entre le corps et le coeur? Sont-ils séparés? En quoi ils peuvent se marier?vous n’aimez pas voir les films érotiques, normal puisque vous n’avez pas d’appétît pour la sexualitéMais avez-vous de l’appétit pour la vie?en fait, vous vous êtes trouvés tous les deux. Lui se réfugie dans l’alcool par peur de vivre et vous dans l’anorexie.mais il semble tendre et caressant, laissez-le vous toucher sans qu’il n’y ait un objectif sexe. pendant ce temps, essayez de mieux sentir ce qui se passe dans votre corps. Bref, en d’autres mots, vous devez apprendre à ressentir ce qui est agréable corporellement. Tout comme vous devez apprendre à laisser vos cinq sens vous guider vers ce qui est la vie...

 

20/08/2014 à 06:52

fofo

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Absolution déjà donnée, d'autant plus que je ne suis pas jalouse, mais il n'a pas le goût, affirme-t-il.
En écrivant tout cela depuis le début, j'ai l'impression d'être celle qui "crache dans la soupe", non ? Me voilà en train de quelque peu déplorer d'être un objet d'amour et de désir. Pardon à toutes celles qui souffrent d'être seules.
Sur ce, je vais me faire lobotomiser, ça devrait aller mieux après.
L'être humain ayant la malchance (pour ce que ça nous sert...) d'être capable de penser, il en subit les conséquences chaque jour, au lieu de vivre comme les animaux qui nous entourent.
20/08/2014 à 07:07

fofo

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Je réponds à Brigitte : oui, oui, oui, et quarante fois oui, pour moi le corps et l'esprit sont séparés. MOn idéal inaccessible est de ne faire fonctionner que mon esprit et de ne pas m'occuper de la partie charnelle. Pourtant, je ne me néglige pas physiquement, c'est contradictoire. Ce corps me gêne et en même temps, je ne saurais le laisser faire ce qu'il veut. Il faut que je le dompte et qu'il agisse comme le cerveau veut qu'il agisse. Ach, gross malheur que de ne pouvoir se laisser aller.
Appétit pour la vie : non, on ne peut pas dire non plus que je mords là-dedans à pleines dents. Le maitre mot de ma vie : devoir. Rarement je fais les choses par plaisir car tout me coûte et la vie sociale en particulier. Je vous avouerai que les seuls moments où je peux ressentir du bien-être, c'est en été, quand je suis allongée nue au soleil : impression de chaleur, d'engourdissement, de légèreté, d'oubli, de flottement. Trop bon. Je reconnais que ça fait un peu fainéasse !
A propos de mon compagnon : oui, il est certain qu'il éprouve la peur de vivre et celle de mourir aussi d'ailleurs, ainsi que le remords, la culpabilité, etc (de tout, de rien, concernant ses parents, ses enfants, le poids du passé, etc). Et croyez bien que connaissant ses états d'âme, ses déchirements, ses angoisses, la peur qu'il a d'être rejeté et seul, jamais je ne le repousse et toujours je le laisse me toucher (en revanche jamais je ne vais vers lui et jamais je ne le touche volontiers...Il dit que ce n'est pas grave, que lui préfère toucher de toute façon, mais est-il convaincu de cela ?). Mais je ne peux empêcher les premières sensations, celles du raidissement, de la contrariété, de la perte de temps (c'est horrible, je sais), du dégoût.
20/08/2014 à 07:48

melusinefee

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fofo a dit : 

 Je vous avouerai que les seuls moments où je peux ressentir du bien-être, c'est en été, quand je suis allongée nue au soleil : impression de chaleur, d'engourdissement, de légèreté, d'oubli, de flottement. Trop bon. Je reconnais que ça fait un peu fainéasse !

 Une grande partie de ton problème est exprimé dans ces deux lignes: tu exprimes un plaisir corporel intense, où tu sens et aimes la sensation que te procure le soleil sur ton corps nu, et en même temps tu dégrades totalement cette belle sensation en te traitant de "faignasse" ... !!!
Le jour où tu pourras savourer tout simplement cette sensation pour ce qu'elle a de beau ... tu auras fait un grand pas vers l'acceptation de ton corps et de ses désirs.

20/08/2014 à 08:15

fofo

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Certes. C'est comme j'estime manger "un peu trop" : de suite, c'est parti pour un moment intensif de sport.
20/08/2014 à 08:40

Davy22

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fofo a dit : 

En écrivant tout cela depuis le début, j'ai l'impression d'être celle qui "crache dans la soupe", non ? 

 
Non...Vous êtes pathologique dans un domaine et demandez de l'aide, je ne vois pas pourquoi quelqu'un ici vous en ferez le reproche...Mais je crois que cette phrase était en réalité destiné à vous même, quelque-part en disant cela, vous chercher à dédramatiser le problème, une manière de prendre la fuite...Votre cerveau à imprimé un schéma de fonctionnement, qui vous pose des problèmes et vous empêches de vivre, c’est ce schéma de fonctionnement qu'il faut remodeler. Soit quelqu'un ici trouve le bouton 'reset' ce qui je dois dire serai l'ordre du miracle...Soit il faut vous forcer mentalement à une autre forme de penser. Et cela au début est difficile, tant votre impression actuel est ancré. Ecrivez nous ici, une phrase idéal que vous aimeriez penser, pour solutionner votre problème, voir déjà si vous en êtes capable.

20/08/2014 à 09:20

fofo

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Voyons...Une phrase que j'aimerais penser, en rapport avec mon problème, c'est bien ça ? Eh bien, ce pourrait être : "mmm, c'était trop bien !"
20/08/2014 à 09:25

Davy22

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fofo a dit : 

Voyons...Une phrase que j'aimerais penser, en rapport avec mon problème, c'est bien ça ? Eh bien, ce pourrait être : "mmm, c'était trop bien !"

 
humm, au passé, ça ça veut dire que c'est déjà fini, hors vous vous inhiber a ressentir quoique ce soit. Une vrai phrase plus concrète et complète par exemple "mmm, je veux...".

20/08/2014 à 13:31

fofo

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OK. Mais si c'était au moment présent, ce ne serait pas une phrase, je crois ; plutôt une envie de qq chose, une sensation d'envie. Oui, j'aimerais ressentir physiquement qq chose, mais pas une pulsion (par exemple, parfois j'ai des pulsions de chocolat, mais ce n'est pas de la faim, donc je ne les écoute pas), une vraie envie, que ce soit celle de sortir, de voir qqun que j'aime bien, donc plutôt qqchose de mental, en fait. Je n'arrive pas bien à m'imaginer des envies physiques. Par exemple, je ne m'imagine pas dire à mon compagnon : "j'ai envie de toi", comme lui peut me le dire. Voilà une phrase que j'aimerais dire.
20/08/2014 à 13:43

Davy22

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Ok, prenons donc le "J'ai envie de mon mari, j'ai envie de son corps". Répétez vous donc cette phrase en pensant à votre mari mécaniquement, le matin en vous réveillant, le midi en mangeant, le soir en regardant la TV...n'importe quand mais tout le temps, répétez vous au moins des centaines de foi cette phrase dans la journée....dans vote tête et parfois a voix haute devant un miroir ou dans les toilettes (faite attention que personne ne vous entend quand même Tongue Out). Puis continuer le lendemain, puis la semaine...Cela devrai à terme imprimé quelque chose dans votre cerveau, et changer le routage de vos synapses...

Ça peut paraître stupide comme méthode, mais ça a fait ces preuves et je vous assure que ce n'est pas aussi évident que ça en à l’air, car votre cerveau vas tout faire pour contrecarrer cette petite phrase anodine. "Ça sert à rien!" "Ça me dégoûte" "C'est stupide" etc etc Pour ça qu'il faut le faire mécaniquement, en répétant plus vite cette phrase, ne laissez pas votre cerveau vous contrecarrer...Une sorte d'exorcisme si vous voulez lol

Et un matin, si vous le faite sérieusement, vous allez vous surprendre à vous trouver humide et en avoir envie....Wink
20/08/2014 à 14:28

fofo

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Vous êtes drôle ! Et avez, ma foi, des idées qui pourraient me heurter, mais auxquelles étrangement j'ai bien envie d'adhérer ! Je ne perdrai certainement rien en essayant de les réaliser.
C'est OK : dès que le futur objet de mon désir va rentrer tout à l'heure (et s'il est de bon poil...Sinon, ça risque de m'arrêter net !), je vais le regarder avec des pensées égrillardes.
20/08/2014 à 20:50

nicolas84rmc

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Je t'ai lu et je trouve davy de bon conseil. Si tu as envie de discuter tu peux aussi nous retrouver sur le tchat (pas tout le monde et pas tout le temps ^^)

Je pense comme tu l'as dit le couple n'est pas remis en cause mais les deux individus qui le compose. Tu dois retrouver une harmonie avec toi même. Qui suis je ? ou vais je ? Qu'est ce que j'aime ?

Peut être faudrait il t'exprimer dans l'art dont tu te sens le plus proche : écrire, dessiner, peindre, sculpter ? Essaie d'exprimer tes aspirations, tes craintes et te rendre compte que tu es plus forte que tout ça :)
20/08/2014 à 21:45

Isanybody

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nicolas84rmc a dit : 

Peut être faudrait il t'exprimer dans l'art dont tu te sens le plus proche : écrire, dessiner, peindre, sculpter ? Essaie d'exprimer tes aspirations, tes craintes et te rendre compte que tu es plus forte que tout ça :)

C'est une bonne voie que te suggère nico. Il y a le côté intellect que tu as développé et à la fois cela devrait permettre à faire ressortir tes émotions que tu comprimes, que tu fermes.

21/08/2014 à 06:16

fofo

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J'ai commencé la mosaïque il y a un mois : ça me plait, mais je ne suis pas encore parvenue à "m'oublier" dans cette activité.
Par ailleurs, ce qui me trouble, c'est que parfois je repense à ma vie d'avant (quand j'étais célibataire) et je me rends compte que j'allais mieux. Je pensais moins à la maladie, elle ne se rappelait pas à moi comme aujourd'hui, je me sentais plus libre. Pas plus de désir envers qui que ce soit, certes, mais ça ne me culpabilisait pas. Je n'étais pas stressée, avec cette pensée de "l'autre" (comment se comporter au mieux, que dire, que faire, que ne pas dire, que ne pas faire, ce qu'il ne faut pas oublier, etc).
21/08/2014 à 06:34

melusinefee

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fofo a dit : 

J'ai commencé la mosaïque il y a un mois : ça me plait, mais je ne suis pas encore parvenue à "m'oublier" dans cette activité.
Par ailleurs, ce qui me trouble, c'est que parfois je repense à ma vie d'avant (quand j'étais célibataire) et je me rends compte que j'allais mieux. Je pensais moins à la maladie, elle ne se rappelait pas à moi comme aujourd'hui, je me sentais plus libre. Pas plus de désir envers qui que ce soit, certes, mais ça ne me culpabilisait pas. Je n'étais pas stressée, avec cette pensée de "l'autre" (comment se comporter au mieux, que dire, que faire, que ne pas dire, que ne pas faire, ce qu'il ne faut pas oublier, etc).

 N'accorde pas trop d'importance à ta vie d'avant et ce que tu ressentais, ou plutôt n'en fais pas une sorte de nostalgie. Maintenant tu es en couple et les questionnements que cette situation font surgir te font avancer. La preuve, tu es venue sur le forum poser des questions et un certain nombre de tes réponses ont montré qu'il y a en toi du positif et de l'appétit à la vie qui sommeille. Alors ne retourne pas en arrière, avance !

21/08/2014 à 06:37

fofo

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Oui, j'ai tout intérêt à ne pas revenir en arrière, car en plus, nous évoquons un mariage éventuel...
21/08/2014 à 11:01

nicolas84rmc

Type : Homme
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fofo a dit : 

J'ai commencé la mosaïque il y a un mois : ça me plait, mais je ne suis pas encore parvenue à "m'oublier" dans cette activité.
Par ailleurs, ce qui me trouble, c'est que parfois je repense à ma vie d'avant (quand j'étais célibataire) et je me rends compte que j'allais mieux. Je pensais moins à la maladie, elle ne se rappelait pas à moi comme aujourd'hui, je me sentais plus libre. Pas plus de désir envers qui que ce soit, certes, mais ça ne me culpabilisait pas. Je n'étais pas stressée, avec cette pensée de "l'autre" (comment se comporter au mieux, que dire, que faire, que ne pas dire, que ne pas faire, ce qu'il ne faut pas oublier, etc).

 Je te conseillerai alors d'écrire, ce qui te vient d'abord puis on pourrait discuter sur le tchat et voir ce qu'il en ressort :)