La fin de vie en question

16/03/2015 à 13:00

Parvati

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L'euthanasie ou le suicide assisté ne sont pas acceptables en France. Qu'en pensez-vous ? Brigitte incite quant à elle à la prudence dans son billet d'humeur.
16/03/2015 à 14:27

adorelesfemmes

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Je vais certainement avoir ce questionnement prochainement au sujet de mon Père, ma Mère étant quand à elle décédée au mois de janvier. Ma sœur voulait déjà abréger sa vie il y a une semaine, alors que mon Père dans ses moments de lucidité faisait des projets pour le printemps. (Petits travaux de jardinage)

 Attention donc aux motivations profondes de ceux qui prennent une telle décision, dans le cas d'une personne en état végétatif effectivement on a le droit de se poser la question, mais encore une fois attention, ne serait-ce qu'en regard au sentiment de culpabilité que l'on pourrait ressentir tout le reste de sa vie.

 Nous avons souffert, ma sœur et moi toute notre enfance (coups, humiliations profondes, harcèlement morale ...), la question de la fin de vie ne peut être évoquée sereinement pour nous, la haine est encore très présente, j'en suis très conscient, j'ai beaucoup travaillé dessus.

 Je ne veux pas me venger, je veux que le vieillard qu'est devenu mon Père aujourd'hui meure dignement lorsque le jour sera venu, mais pas avant.

16/03/2015 à 15:04

Parvati

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adorelesfemmes a dit : 

Je vais certainement avoir ce questionnement prochainement au sujet de mon Père, ma Mère étant quand à elle décédée au mois de janvier. Ma sœur voulait déjà abréger sa vie il y a une semaine, alors que mon Père dans ses moments de lucidité faisait des projets pour le printemps. (Petits travaux de jardinage)

 Attention donc aux motivations profondes de ceux qui prennent une telle décision, dans le cas d'une personne en état végétatif effectivement on a le droit de se poser la question, mais encore une fois attention, ne serait-ce qu'en regard au sentiment de culpabilité que l'on pourrait ressentir tout le reste de sa vie.

 Nous avons souffert, ma sœur et moi toute notre enfance (coups, humiliations profondes, harcèlement morale ...), la question de la fin de vie ne peut être évoquée sereinement pour nous, la haine est encore très présente, j'en suis très conscient, j'ai beaucoup travaillé dessus.

 Je ne veux pas me venger, je veux que le vieillard qu'est devenu mon Père aujourd'hui meure dignement lorsque le jour sera venu, mais pas avant.

 C'est toute la question des soins "palliatifs" et de l'acharnement thérapeutique qui est aussi questionnée. Mon père est mort après 8 semaines atroces passées à l'hôpital. On considérait par exemple que c'était seulement après 8 poches de sang transfusées qu'on versait dans l'acharnement thérapeutique (il faisait régulièrement des hémorragies et on le remplissait par souci d'améliorer son "confort"). Lui, il voulait juste ne plus avoir mal et dormir. "Eux", ils n'aimaient pas le fait qu'il somnole à cause de la morphine, alors ils baissaient les doses. Gavage, chimio "palliative" (2 séances, après on a arrêté en constatant qu'il mourrait plus vite - et avec plus de douleurs - de sa chimio que de son cancer), transfusions... Alors qu'il était condamné et qu'on le lui avait dit...

 

Pour moi, l'accompagnement de fin de vie peut intégrer (en plus d'offrir la voie des soins palliatifs) le suicide assisté ou l'euthanasie. Comme un acte d'amour. Pour en faire quelque chose d'humain. Et ne pas laisser le sordide ou l'immonde naturel décider de la durée de l'horreur à traverser pour être délivré de ses tourments quand on est condamné. En Belgique, c'est depuis longtemps possible et encadré. Et il n'y a pas de dérives... Les Belges ont juste plus de choix que nous.

 

Quant à la "dignité" face à la mort, à mon avis, il n'y a que celui qui est concerné qui peut se prononcer... Il suffirait de savoir écouter, d'accepter d'entendre...

Mais bien entendu, pour celles et ceux qui restent, ça remue plein de choses, quelle que soit la manière dont ça se passe...

21/03/2015 à 07:51

lolamargot07

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Bonjour,
Pour avoir vécu cette expérience de soulager et abreger un semblant de vie. Je viens amener mon témoignage car mon père était dans le déni ma mère voulant mourir chez elle mais on ne pu accéder a cette demande car elle risquait a tout moment de mourir étouffer. Nous dûmes la faire hospitaliser et là un combat commença car l’équipe d'urgentiste voulait la plongée dans un doux et irréversible sommeil, mais l'équipe de soins palliatifs voulu  la maintenir en vie . Elle hurlait et gémissait de douleur on ne pouvait plus la toucher elle ne réagissait plus cela était inacceptable pour nous de voir finir notre mère comme cela, je pense qu'a un moment on doit respecter l'être qui souffre malgré toutes les doses de morphine et de corticoïde, nous dûmes convoquer l'équipe et les supplier de faire quelque chose pour qu'elle parte décemment comme ma mère avait vécue sa vie. Ils prirent la décision de la plonger dans un doux sommeil, nous la veillâmes deux jours et la vie la quitta en douceur entourée d'amour et non d'inquiétude comme elle le voulait apaisée et sans souffrances.......Mon père la vit partir sereine chose qu'il ne voyait plus depuis des mois car ma mère était défigurait par la souffrance......... alors oui il peut y avoir des abus et il faut encadrer ce style de fin de vie mais par pitié ne laissait plus souffrir les gens qui de toute facon n'ont plus rien d'humains quand la souffrance et la douleur s'installe....merci de respecter la décision de ceux qui restent et qui prenent double peinecelle de perdre l'être cher et celle de devoir les voir souffrir ou d'abreger ses souffrances.....
21/03/2015 à 08:21

Parvati

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lolamargot07 a dit : 

Bonjour,
Pour avoir vécu cette expérience de soulager et abreger un semblant de vie. Je viens amener mon témoignage car mon père était dans le déni ma mère voulant mourir chez elle mais on ne pu accéder a cette demande car elle risquait a tout moment de mourir étouffer. Nous dûmes la faire hospitaliser et là un combat commença car l’équipe d'urgentiste voulait la plongée dans un doux et irréversible sommeil, mais l'équipe de soins palliatifs voulu  la maintenir en vie . Elle hurlait et gémissait de douleur on ne pouvait plus la toucher elle ne réagissait plus cela était inacceptable pour nous de voir finir notre mère comme cela, je pense qu'a un moment on doit respecter l'être qui souffre malgré toutes les doses de morphine et de corticoïde, nous dûmes convoquer l'équipe et les supplier de faire quelque chose pour qu'elle parte décemment comme ma mère avait vécue sa vie. Ils prirent la décision de la plonger dans un doux sommeil, nous la veillâmes deux jours et la vie la quitta en douceur entourée d'amour et non d'inquiétude comme elle le voulait apaisée et sans souffrances.......Mon père la vit partir sereine chose qu'il ne voyait plus depuis des mois car ma mère était défigurait par la souffrance......... alors oui il peut y avoir des abus et il faut encadrer ce style de fin de vie mais par pitié ne laissait plus souffrir les gens qui de toute facon n'ont plus rien d'humains quand la souffrance et la douleur s'installe....merci de respecter la décision de ceux qui restent et qui prenent double peinecelle de perdre l'être cher et celle de devoir les voir souffrir ou d'abreger ses souffrances.....

 Merci pour ce témoignage très touchant, Lolamargot. Bonne journée à toi Kiss

24/03/2015 à 09:12

eaubraise

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Parvati a dit : 

 C'est toute la question des soins "palliatifs" et de l'acharnement thérapeutique qui est aussi questionnée. Mon père est mort après 8 semaines atroces passées à l'hôpital. On considérait par exemple que c'était seulement après 8 poches de sang transfusées qu'on versait dans l'acharnement thérapeutique (il faisait régulièrement des hémorragies et on le remplissait par souci d'améliorer son "confort"). Lui, il voulait juste ne plus avoir mal et dormir. "Eux", ils n'aimaient pas le fait qu'il somnole à cause de la morphine, alors ils baissaient les doses. Gavage, chimio "palliative" (2 séances, après on a arrêté en constatant qu'il mourrait plus vite - et avec plus de douleurs - de sa chimio que de son cancer), transfusions... Alors qu'il était condamné et qu'on le lui avait dit...

 

Pour moi, l'accompagnement de fin de vie peut intégrer (en plus d'offrir la voie des soins palliatifs) le suicide assisté ou l'euthanasie. Comme un acte d'amour. Pour en faire quelque chose d'humain. Et ne pas laisser le sordide ou l'immonde naturel décider de la durée de l'horreur à traverser pour être délivré de ses tourments quand on est condamné. En Belgique, c'est depuis longtemps possible et encadré. Et il n'y a pas de dérives... Les Belges ont juste plus de choix que nous.

 

Quant à la "dignité" face à la mort, à mon avis, il n'y a que celui qui est concerné qui peut se prononcer... Il suffirait de savoir écouter, d'accepter d'entendre...

Mais bien entendu, pour celles et ceux qui restent, ça remue plein de choses, quelle que soit la manière dont ça se passe...

 Vos témoignages en disent long...
je suis plutôt en désaccord avec la vision de Brigitte, du moins ces exemples, j'ai laissé un post sous son sujet, ce serait intéressant qu'on aient plusieurs témoignages qui illustrent les problèmes qu'elle soulève 

24/03/2015 à 09:14

eaubraise

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adorelesfemmes a dit : 

Je vais certainement avoir ce questionnement prochainement au sujet de mon Père, ma Mère étant quand à elle décédée au mois de janvier. Ma sœur voulait déjà abréger sa vie il y a une semaine, alors que mon Père dans ses moments de lucidité faisait des projets pour le printemps. (Petits travaux de jardinage)

 Attention donc aux motivations profondes de ceux qui prennent une telle décision, dans le cas d'une personne en état végétatif effectivement on a le droit de se poser la question, mais encore une fois attention, ne serait-ce qu'en regard au sentiment de culpabilité que l'on pourrait ressentir tout le reste de sa vie.

 Nous avons souffert, ma sœur et moi toute notre enfance (coups, humiliations profondes, harcèlement morale ...), la question de la fin de vie ne peut être évoquée sereinement pour nous, la haine est encore très présente, j'en suis très conscient, j'ai beaucoup travaillé dessus.

 Je ne veux pas me venger, je veux que le vieillard qu'est devenu mon Père aujourd'hui meure dignement lorsque le jour sera venu, mais pas avant.

 Ton témoignage est très intéressant aussi.
du coup, tu penses que dans un pays où c'est autorisé ta sœur aurait pu décider de la mort de ton père?

24/03/2015 à 13:57

adorelesfemmes

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Non, je ne pense pas, du moins j'espère que les médecins s'y serais opposé, ce qui est sûr, c'est que mon Père vas beaucoup mieux aujourd'hui.
24/03/2015 à 18:40

Vlivlin

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En effet je pense qu'avant d'accepter la demande d'euthanasie les médecins sont très prudents car cela pourrait toujours se retourner contre eux.  En Belgique il est possible de remplir un formulaire signé par une personne de confiance et 2 témoins que l'onn peut remettre à l'administration communale avec copie à son médecin traitant.  Je l'ai fait il y a 2 ans, à l'âge de 53 ans.  On ne sait pas ce qui nous pend au nez et on n'est jamais trop prudent.  Bonne soirée