"En attendant d'être grande", série littéraire

25/12/2015 à 09:50

theokosma

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Bonjour à toutes, bonjour à tous,   Auteur, j’écris des histoires teintées de sensualité, de découvertes, de poésie et d’érotisme. Mais aussi et surtout, j’explore des sujets tabous, des thèmes réputés troublants, voire dérangeants.   Je vous propose la lecture de « En attendant d’être grande », saga littéraire en cinq parties. Je vous propose la diffusion de la première partie sur ce post, bout par bout, jour après jour. (Je verrais bien sûr en fonction des réactions… J’ignore si ce texte vous plaira ou non, si jamais il ne prend pas ce n’est pas grave, j’en cesserais la diffusion sans me vexer).   « En attendant d’être grande » conte l’histoire de Chloé, son éveil, ses questionnements, ses expériences, de sa naissance jusqu’à son âge adulte. Le récit se poursuit sur deux temporalités : des souvenirs d’enfance agrémentés de souvenirs de vie d’adulte.   (Nota Bene : je rassure les lecteurs qui auraient un doute : cette saga ne comporte pas de rapports enfant-adulte. Non pas que ce thème soit à mon sens interdit, car bien des œuvres ont exploré ce thème en littérature, le plus célèbre étant le Lolita de Nabokov. Simplement ce n’est pas un thème qui me parle).   J’ajoute que si vous souhaitez en savoir plus, recevoir des histoires gratuites et vous tenir au courant de mon actualité, inscrivez-vous à mon blog : plume-interdite.com   Prêts à partir à l’aventure à mes côtés ? Eh bien, commençons.   «  Avertissement   Ceci est le récit de mon enfance. Attention lecteur. Prends garde, lectrice ! Tu t’apprêtes à faire ton entrée dans un univers troublant. Ton esprit, tes émotions, tes sentiments… tout cela va être titillé, chatouillé, dérangé. Au cours de ces lignes, je ne me suis jamais censurée. Pas même une seule fois. Tu pourrais m’en vouloir, ou au contraire m’en être reconnaissant(e). Il t’est conseillé de lire cette histoire par petits bouts, à tête reposée. Une lecture trop intensive risquerait de te faire perdre certaines notions, de t’échauffer, de te mettre en surdose. Naturellement, je te laisse gérer… Sache juste que ce qui suit n’a pas été conçu pour être dévoré d’un trait. Prends quelques grandes inspirations, cramponne-toi et embarque avec moi dans cette aventure pour un saut sans filet…
Préambule – Le jour où j'ai pris ma décision   Un « S », un « A », un « L »... Ce mot, je l'avais souvent entendu. C'est la première fois que je le voyais écrit. Mais que pouvait-il bien vouloir dire ? Les grands l'employaient entre eux, les grandes ça arrivait aussi, quoique plus rarement. J'ai toujours eu l'oreille fine... Jamais ce terme ne m'avait été adressé. Tant mieux, tant pis, je l'ignorais. Difficile de savoir à l'époque où on commence tout juste à savoir lire. Il avait fallu décortiquer chaque lettre et prononcer à haute voix pour être bien certaine d'être dans le vrai. Plus de doute, c'était bien ce mot-là que j'avais entendu. Un mot curieux. Ambigu. Sale, peut-être ? Je le pressentais, à voir la mine grivoise et grimaçante de chaque homme le prononçant. Il en est ainsi des mots interdits, on ne les dit jamais normalement. La dernière fois qu'il était parvenu à mes oreilles c'était dans la rue, lorsque cette jeune fille si jolie avec sa jupe écossaise courte était passée devant un homme, très vieux, pas loin de la quarantaine dirais-je. En la fixant, celui-ci murmura entre ses dents grises le fameux mot en « S ». Le terme était cassant, bien que lancé à voix basse il m'avait comme abîmé les tympans.   Lorsque le mot est revenu, c'était couché sur du papier dans un magazine People à propos de ce qu'aurait balancé Willy J. Adams sur son ex, Jennyfer, pourtant mère de ses enfants. Bien que Jennyfer soit une charmante chanteuse et la fille à la jupe une charmante jeune fille, le terme ne résonnait décidément pas comme un compliment.   Des mots dont j’ignorais le sens, en ce temps-là j'en entendais matin, midi et soir. Trop souvent, il fallait deviner. Celui-là me rendait particulièrement curieuse. J'y supposais un sous-entendu plus ou moins sexuel, ce qui le rendait d'autant plus attractif.   Plus tard, bien plus tard, j’appris à l’entendre tantôt comme la pire des insultes, tantôt comme le plus beau des compliments. Mais ceci est une autre histoire car c'est uniquement mon enfance que je suis venue te conter aujourd'hui.   À la maison on avait qu'un seul dictionnaire. Un tout esquinté, édition de mille neuf cent dix que grand-père nous avait légué et qui restait dans la poussière, tout en haut de l’armoire. Non, on ne connaissait pas tous les mots du dico à la maison. Simplement quand les parents ne savaient pas, ils faisaient comme moi : ils devinaient. Ce qui était pardonnable à mon âge l'était moins au leur. Quant au gros livre, non seulement la poussière m'a toujours donné des crises d'éternuements, mais me hisser en haut de l'armoire était expédition périlleuse. Autant par le risque de chuter que par la rouste qui m'attendait si je me faisais prendre.   Dans ces cas-là, le dernier recours est de demander à papa. Comme dictionnaire sur pattes, on a vu mieux... On fait avec ce qu’on a. Quand il lisait les actualités papa n'aimait pas des masses que l’on vienne l’embêter. Hormis les rares fois où maman l’invitait dans la chambre pour « classer le courrier ». Là, il délaissait sa feuille de chou même si la Une titrait sur le foot et trottinait derrière maman comme un gamin, en se dandinant d'un pied sur l'autre, tout guilleret. Je n'ai jamais saisis comment on pouvait avoir si hâte d’exécuter une tâche aussi barbante, ni pourquoi il fallait fermer la porte à clé pour ça. Et surtout, pourquoi je n'avais pas le droit de classer le courrier avec eux ni de venir frapper à la porte. J'étais même chargée de répondre au téléphone. Au moins leur courrier ne prenait jamais longtemps à être classé, en cinq minutes c’était réglé, dix à tout casser.   Aujourd’hui, pas de maman pour lui proposer quoi que ce soit mais un journal qui titrait sur le résultat de la coupe du monde : je le dérangeais. Tant pis, j’étais trop impatiente de savoir.   — Dis papa, c'est quoi une salope ? — Une salope ? Mmmm... Comment te dire… ben une salope par exemple, c’est ta cousine Estelle, marmonna-t-il sans se détacher de son canard. Et une belle salope qui plus est !   Ce fut sa seule réponse. Son air me fit comprendre qu'il faudrait m'en contenter. Estelle ! Estelle mon modèle, Estelle ma grande cousine, aînée et aimée. Dès lors, le terme résonnera en moi tel une qualité. Durant une bonne partie de mon enfance, « Salope » est et restera à mon cœur synonyme de « princesse ». Plus tard, l’amant me faisant l'amour en me traitant de « salope » aura toujours mon estime. Les autres noms d'oiseau auront un jugement différent... qui pourra être positif ou non, selon les cas. M'y complaire et lui en redemander, ou bien lui fermer son clapet voire le laisser en plan. Enfin, tout a donc commencé en ce jour, lorsque j'ai demandé la signification du mot défendu. Si papa avait répondu autrement mon destin aurait été tout autre, qui sait. Car tout de même, Estelle... Estelle que j’admirais tant, la fille à laquelle j’essayais toujours de ressembler. Estelle ma presque grande sœur, pleine de vie, d'amour et d'humour, que j’étouffais de câlins et de baisers dès que nous avions l’occasion de nous voir. Une fille qui avait tout. Le look, la beauté, l'intelligence et les formes. J'en déduisis que les salopes étaient des jeunes filles classes, élégantes, jolies, gentilles comme tout, pleines de grâce, et pris dès ce jour la résolution de tout faire pour en devenir une moi aussi. »      
30/12/2015 à 07:21

theokosma

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Bonjour tout le monde ! Aucune réponse... Je poste tout de même la suite, mais s'il n'y aucun lecteur ou lectrice qui se déclare, je fermerai ce post. A vous de voir si vous souhaitez lire cette saga ou non :-)

Année zéro – Un cri dans la nuit   Je me suis toujours dit que les beaux orgasmes faisaient les beaux enfants. Que deux futurs parents faisant l'amour magnifiquement ne pouvaient concevoir qu'une merveille. Les tueurs en série et seigneurs sanguinaires sont certainement les conséquences d'une baise sale et rapide, voire non consentie. Dans mon enfance, j'étais si accrochée à cette idée que je n'en voulais même pas aux garçons méchants et aux filles idiotes. Sans doute étaient-ils simplement issus de parents ne sachant pas faire « ça » correctement. Jusqu'à mes onze ou douze ans, je me suis longtemps imaginé papa et maman en train de me faire. Si tu trouves cela pervers, ô toi lectrice ou lecteur, referme ce livre sans tarder car tu ne sais pas ce qui t'attend. Bien coucher ne signifie par forcément le faire sagement dans un lit en position du missionnaire après un dîner aux chandelles. D’ailleurs le romantisme de midinette m'a quitté très tôt. L'amour peut être aussi sauvage, improvisé, brusque, et même drôle. Un enfant peut se faire en un coup de vent, ou au contraire en calculant le jour J des mois ou des années durant. C'est ça qui est beau. Dans mon esprit, lors de ma conception maman était dans la salle de bain, allongée sur le ventre. Papa l'attrapait en levrette et grâce au grand miroir, ils se regardaient dans les yeux. C'était en plein été par presque trente degrés, toute fenêtre ouverte. Pour couvrir les bruits, papa avait ouvert le robinet et l'eau coulait à flot, ce qui ne suffisait pas tout à fait à étouffer les grincements du vieux parquet. Ce fut rapide et intense. Les gouttes de la douche qu'ils venaient de prendre n'étaient pas encore sèches que d'autres, de sueur, venaient s'y mêler. Ne compte pas sur moi pour prétendre que j'étais alors dans « les couilles de mon père », comme on dit vulgairement. Pendant l'acte, je n'étais nulle part car je n'existais pas. J'ai toujours trouvé très étrange cette photo humoristique d'un spermatozoïde intitulée « Vieille photo de moi » que l’on partage sur les réseaux sociaux. Surtout après tous les cours de biologie qu'on a eu. L'existence commence bien entendu lors de l'union entre ce têtard et l'ovule, pas avant. Pour aller encore plus profond, papa a mis ses mains sur les hanches de maman puis est venu. Maman a fermé les paupières pour mieux profiter de l'instant et une grande course à la vie a débuté en elle. Je revois encore ces millions de spermatos se bousculer pour périr, tous, sauf un : ma moitié. Tout le monde connaît cette histoire, et ce jour-là je pense que la vieille du dessous n'a pas râlé à cause du barouf, car une conception ça se respecte. Évidemment, j'ignore si tout cela s'est passé ainsi. J'aurais bien voulu savoir ! À chaque fois que je demanderai à papa j'obtiendrai un rire, et à maman une gifle. Je ne suis plus jamais revenu sur le sujet à la troisième.   Il paraît qu'à ma naissance, ma mère a poussé comme un cri d’extase qui a retenti dans toute la maternité. La légende dit que de mémoire de sage-femme, on n'avait rien entendu de tel depuis l'an quarante. Certains auraient cru à un hurlement de douleur, d'autres à une partie de jambes en l'air entre un docteur et un infirmière. Ça se fait plus souvent qu'on ne le pense, dit-on également. Faut dire, aussi petite que j'étais, j'ai dû me frayer un chemin en repoussant sacrément les parois. Même un acteur X n'aurait pu reproduire ne serait-ce que la moitié de mon exploit. On dit alors que la mère oscille entre plaisir et souffrance. Beaucoup en souffrent, certaines en jouissent. Ça se sait peu : logique, c'est peu avouable. Il fut un temps où l'on pensait qu'un accouchement sans douleur était mauvais signe. Si on reconnaissait davantage le plaisir qu'il peut y avoir à accoucher, les futures mères n'auraient pas si peur. Je pense vraiment que maman en a joui d'une façon ou d'une autre, car à chaque fois qu'elle en parle ses yeux brillent. Et je sais qu'il n'y a pas uniquement le bonheur d'avoir donné la vie dans ses yeux-là.   Malgré ces « certitudes » il m’est difficile de démêler le vrai du faux. Je préfère ne pas savoir et là encore, imaginer. Comme j'aimerais que ce soit la vérité. Vers mes huit neuf ans, je rejouerai parfois la scène, le soir dans mon lit. Moi dans le ventre de maman, poussant doucement, me faisant toute petite. Et maman sentant monter la pression, la souffrance disparaissant peu à peu pour se transformer en joie au moment de l'expulsion. Venir au monde par une extase, quelle belle entrée en scène. Signe du destin, qui sait. J'espère que ça n'en a pas fait un accouchement incestueux. Papa craignait des complications. Quand on connaît toutes ces histoires autour de la contrainte de l'accouchement, on comprend. Et tout ça à cause de quoi ? Tout ça à cause d'une jolie Eve, inconsciente de sa nudité au moment des faits et à l’instant du méfait, croquant, séduite par le serpent, dans la pomme interdite. Un serpent, pourtant... tu parles si c'est séduisant. La Genèse présuppose que toute femme serait excitée à la vue d'un animal à forme pénienne. C'est depuis, dit-on, que les mamans sont condamnées à souffrir lors de la mise à bas. La mienne ne devait pas connaître ce chapitre.

03/01/2016 à 15:07

gabrielle

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Bonjour j'aime lire et j'aimerais savoir la suite 
Bon courage 
J'attends la suite avec impatience
04/01/2016 à 15:32

theokosma

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Merci Gabrielle ! Eh bien, puisque je vois qu'il y a au MINIMUM une lecture, je poursuis :-)
Les autres, surtout n'hésitez pas à vous déclarer. Cela me motive pour poster.
Nous continuons donc au même régime : une suite, puis au moins un commentaire de lecteur/lectrice, ce qui donnera lieu à une nouvelle suite... et ainsi de suite :-) jusqu'à la fin du tome 1.

Un an – moi, Chloé   Je crois bien que j'adorais quand maman me donnait le sein, et qu'elle est passée trop vite au lait en poudre et au biberon. Cette habitude de sucer mon pouce, que j'ai gardé jusqu'à nos jours, en est une conséquence. C'est une façon de rattraper, bien vainement d'ailleurs, ce manque. Le côté positif est que cela m'a donné une subjuguante aptitude à la succion : après toutes ces années d’entraînement je suis capable de le faire des heures durant, et j'écris cela sans exagérer. On dit que pour faire téter un bébé, on a coutume de lui mettre d'abord un petit doigt dans la bouche pour qu'il démarre le mouvement et que ça se fasse ensuite tout seul lorsqu'on le mettra face au sein. On a dû me le faire également. Je me souviens d'un petit copain avec qui je suis restée près de deux mois (un record), qui chaque matin me mettait ainsi son petit doigt dans la bouche. Et effectivement, cela lançait la machine. Son but, tu l'auras saisi je pense, était tout autre. Pas une fois ça n'a loupé, et même lorsqu'il devait partir à six heures et moi à neuf, ça ne l'empêchait pas d'avoir sa petite gâterie matinale. Faut dire que je suis capable de le faire à moitié endormie, voire totalement je crois bien. Certains ont certainement dû en profiter, et ce n'est sans doute pas pour rien si je me suis réveillée, parfois, avec la bouche particulièrement pâteuse. Là bien sûr cela concerne ma vie de grande, une ou deux décennies plus tard.   C'est le début des fameuses « seventies ». Moi je n'y entrave rien. Les barricades de mai soixante-huit ont frotté les corps les uns contre les autres, et ont donné lieu à un mini baby-boom dont je suis l'une des enfants. On m'appelle Chloé, et tu penses bien qu'à un an je n'ai pas mille souvenirs à conter. Le temps passe vite, tout seul. Il passe bien plus lentement pour papa et maman qui doivent se lever jusqu'à onze fois par nuit. Apparemment je ne suis pas facile à vivre... Je développe déjà un goût pour les nuits courtes et agitées. Serait-ce prémonitoire ? Quant aux parents, je devine que ça leur laisse l'occasion de nombreuses parties fines, tant qu'à ne pas dormir. Malgré cela, il ne parviendront pas à me faire de petite sœur ou de petit frère. La levrette est une posture efficace pour la conception et je crois bien qu'ils en reviennent à des pénétrations plus classiques, à moins qu'ils ne s'encanaillent de pratiques étrangères à tout enfantement.   Un an, c'est l'âge androgyne. Sur les quelques photos récupérées de l'époque, je ne suis qu'un petit bout d'être humain. Rien ne me distingue encore d'un garçon, pas même la couleur de mes vêtements (photos en noir et blanc, c'est ballot). En journée, je ne suis pas beaucoup plus calme. Je cherche à tout attraper, tout goûter, tout sentir. Les couleurs vives m'attirent, il me suffit de voir un tissu fluo pour que mes mains et mes bras s'agitent. Je tiens un peu du taureau dans l'arène, excité par un voile rouge. Il paraît qu'amis et collègues sont tous gagas devant moi. Je n'ai jamais compris ces mignardises des adultes devant des bébés ne sachant rien faire ni rien dire à part quelques babillages. Je suis certainement un bébé profondément ennuyeux, quoique pas plus qu'un autre. Très peu de détails me différencient encore du sexe opposé. Mais ce « très peu » est fondamental, et va déterminer ma vie entière.
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04/01/2016 à 20:24

gabrielle

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Bonsoir c'est un bon début mais court...
Merci d'écrire la suite
04/01/2016 à 21:15

theokosma

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Ecrire la suite, oh non sûrement pas, l'histoire est déjà écrite jusqu'à la page 600 :-)
Mais j'en diffuse une partie ici par petits bouts, oui bien sûr avec plaisir.

Deux ans – Un corps, une âme   Hourra ! Quel beau cadeau. Cette année, en plus d'avoir un corps, je reçois une âme. Pour moi la vie débute par la mémoire, et bien qu'ils soient vagues j'ai des souvenirs de mon deuxième anniversaire. Je commence enfin à exister. Avant ça ne comptait pas, je n'existais que dans les yeux des parents. Déjà vive, je parle en baragouinant et je marche en chutant. Et malgré tout je cause et gambade assez bien. On dit que je suis en avance, d'ailleurs je n'ai déjà plus besoin de couches.   Malgré les vêtements féminins que maman me fait porter, je suis toujours asexuée. Ma conscience du corps se limite surtout à mes doigts et ma bouche. La bouche pour manger, les doigts pour prendre et toucher tout ce que je trouve. Le monde est immense, illimité. Un bête carré de jardin m'occupe des heures entières.   Quant aux différences entre filles et garçons, je commence tout juste à les remarquer. Les garçons font pipi debout et les filles non, ça s'arrête là. Mes observations se portent plus sur les fourmis, les arbres ou la pluie que sur le corps humain. Mon corps n'est encore qu'un véhicule pour manger, toucher, sentir et me déplacer. J'ai peu conscience de mon enveloppe organique. Chaque soir, toutefois, le bain donné par maman ou papa vient me rappeler ma présence charnelle. Quel délice ! Ce sont là les quelques vrais bons souvenirs que j'aurais avec eux. Le reste de la journée, je ne suis qu'une âme errante à bord d'un costume de chair.   Mon langage se développe, et du jargon je passe à de vraies phrases. Maman ne peut plus faire semblant de ne pas comprendre mes questions. Certaines sont gênantes, d'autant que je les pose tout le temps, n'importe où, sans me soucier qu'il y ait ou non du monde autour. Je ne parle jamais à voix basse, toujours fort. Les parents ont horreur de ça, c'est leur faute. Trop souvent ils ont fait mine de ne pas m'entendre, ça m'a traumatisé au point que je prends désormais toutes mes précautions. Il est normal à cet âge de n'avoir aucun tabou mais cette culture du « sans interdit » va me rester. Longtemps. En fait, elle durera certainement jusqu'à la fin de mes jours.   Les rituels des grands m'ennuient ! Ils ne savent pas s'amuser et le programme qu'ils me concoctent a toujours des côtés barbants. Vivement la maternelle, qu'on rigole un peu plus. Faire dodo, ne pas faire de bruit, finir l'assiette, ne pas mettre les doigts dans la prise... Ma vie n'est qu'une succession de contraintes et de prohibitions. Mes souhaits d'indépendance sont différemment appréciées. Papa aime, maman non.   Comme je n'aime pas les conflits, je me soumets de bon cœur et deviens facile à vivre. Au moment des repas on m'appelle « l'autruche » tant on peut me faire manger n'importe quoi. Après ça on me laisse tranquille et je peux découvrir un peu le monde par moi-même. Ou tout du moins ma chambre et tous ses mystères. Je commence à aimer les bisous et câlins. Et ce, sans cible particulière. Je peux aussi bien bisouter papa et maman que n'importe quel invité, ami, collègue, membre de la famille. J'offre et partage de l'affection à qui veut, de façon gratuite et illimitée. Maman fait la gueule... elle aimerait être une privilégiée. Papa préfère en rire. Les rares fois où je suis avec des petits de mon âge, je m'en rends compte. Personne ne se laisse cajoler aussi facilement que moi. La différence est dans mon esprit... Quand je me serre contre maman ou papa, mon cœur ne bat pas pareil qu'avec une autre personne. Seulement ça ne se voit pas. Pauvre maman, si seulement tu pouvais le ressentir ! En principe d'ailleurs, elle devrait me semble-t-il. On dit que de leur progéniture, les mamans ressentent l'invisible. Ça ne marche pas à tous les coups, on dirait.   Ces « aventures charnelles », toutes aussi chastes soient elles, me ravissent. C'est mon entrée dans le monde du bien et du beau. Ça tient de l'évènement, car petit on n'a pas le sens du beau. On dessine d'horribles gribouillis en les trouvant fantastiques. On admire d'affreuses traces de rouille contre un radiateur. On avale des épinards sans se rendre compte qu'ils sont mal cuits. Un petit qui aime les bonbons ce n'est pas pour le goût : c'est juste parce que c'est rond et coloré. Un tout petit, on peut lui montrer un splendide paysage ou une magnifique toile, ça ne lui fera pas plus d'émotions qu'un mur blanc ou un vase vide.   J'ignore encore totalement à quels moments je suis vêtue, nue ou en culotte. Même dans le bain je ne me rends compte que de l'eau sur mon corps, pas de l'absence de tissus. Au fond je ne suis vraiment pas difficile, et je crois que les parents sont assez contents. Je parie qu'ils prient pour que ça ne change jamais. Ils feraient bien d'en profiter tant qu'il est encore temps, car d'ici peu ils regretteront amèrement cette période. Tout ne va pas tarder à changer.
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04/01/2016 à 22:08

gabrielle

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Membre depuis : 01/01/1970
J'ai voulu dire l'écrire sur le site a moins que vous faites copier coller...
En tout cas c'est mignon je veux savoir la suite...
06/01/2016 à 12:15

theokosma

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Voici comme promis quelques nouvelles lignes. Les autres lecteurs/lectrices, n'hésitez pas à vous signaler également. Un petit coucou est le bienvenu et encourage à publier. :-)



Trois ans – Ça y est, je suis une fille !

 

Je commence enfin à ressembler à quelque chose. Mon apparence dans le miroir reflète une vraie fille, encore toute petite mais bel et bien humaine. Mon entrée en maternelle m'apprend les vraies différences entre garçons et filles. Eux et leurs petits tuyaux, nous et nos petites fentes. Bénies soient les maternelles : les toilettes mixtes et non cloisonnées permettent d'observer tout ça de près. Si tu trouves que ce n'est pas le lieu le plus sensuel au monde pour mater, sache qu'à cet âge, on s'en fout. Faire pipi ou caca, on ne considère pas ça comme sale ou impudique.

 

La classe, les cours de récré me font remarquer bien d'autres différences. Les garçons sont plus portés sur la bagarre, les jeux de guerre et d'aventures. Nous on préfère qu'ils viennent nous délivrer d'un château, et sans eux on joue à la dînette, la marchande ou la maîtresse. Nul besoin d'être manipulé pour cela. Une fille est une fille, un garçon est un garçon, il en est ainsi de toute éternité. À cette époque, même les plus babas acceptent cette vérité. Il faudra attendre quelques décennies avant que des illuminés la contestent, et prétendent qu'une fille aimant le rose et les princesses est en réalité victime de « stéréotypes ». Et, horreur des horreurs, peut décider librement d'être un garçon si elle le souhaite. Insouciantes années que celles de mon école. Du reste dans la cour, il n'y a aucune discrimination. Le garçon qui aime jouer à la dînette peut le faire, et certains le font. La fille qui veut jouer à faire la guerre le peut tout autant.

 

Je suis une fille ! Enfin. Je me le dis, me le répète, en suis fière. Ça ne fait pas encore de moi un être exceptionnel mais ça me distingue déjà de la moitié de l'humanité. C'est un déclic... Cette fois je peux développer mon caractère.

 

De fait, je commence à m'intéresser vraiment à mon apparence. Ces drôles de trucs potelés au bout de mes bras deviennent de vraies mains, ces tiges maladroites sous ma taille s'affinent et deviennent des jambes... Je suis enfin quelqu'un, j'existe ! Je pense, j’agis, donc je suis. Du verbe être comme du verbe suivre.

 

Peu à peu, je deviens jolie. Ma chevelure vire au châtain, avec des reflets ocres et dorés. On me prend parfois pour une blonde. Je n'arrête pas de balancer ma tignasse en avant, en rond et en arrière, comme dans les pubs Jacques Dessange. Ça fait sourire les parents qui trouvent que je deviens coquette, et qui du coup me font l'honneur de mieux me fringuer. Je suis désormais revêtue de couleurs très filles : rose-bonbon, pastel, blanc de mariée et quelques touches bleu ciel. Pourquoi pas ? C’est la période où les parents font mine de faire plaisir à leurs petits alors qu’ils ne se font plaisir qu’à eux-mêmes.

 

C'est l'année où je sors de l'état « bébé » pour devenir une enfant. C'est aussi l'heure de mes premiers éveils à la sensualité. Tout d'abord, je m'aperçois de la vraie différence entre le nu et le vêtu. Je le dois à ma toute première plage, avec maman. À cet âge-là on laisse les petits comme moi sans rien, et je découvre qu'on est mieux, tellement mieux ainsi. Le soleil, l'eau, le sable sur la peau, un vrai bonheur. Les adultes laissent-ils leurs petits ainsi pour leur bien-être ou plutôt par économie ou négligence, je ne me pose pas la question. Je roule dans les dunes, fais des galipettes, m'enterre à mi-corps, me fais des shampooing au sable, saute dans les vagues. J'aime mieux m'étendre à même le sable que sur la serviette, au grand dam de maman. Eau, plage et soleil sont un mélange alchimique détonant. Ce sel qui s'imprègne sur ma peau, ces poignées de sable que je ne cesse de me verser sur le corps, mon dieu ! Je crois qu'il n'existe pas d'âge plus indécent. En fait, on est impudique sans s'en rendre compte. Rien n'est volontaire. On se tripote de partout, on écarte les jambes pour mieux laisser passer le vent, on se met dans des postures pas possibles pour creuser des trous et des châteaux... un vrai festival d'anatomie qu'il serait inutile de détailler.


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06/01/2016 à 21:10

gabrielle

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Membre depuis : 01/01/1970
Bonsoir moi j'adore lire je peux dévorer un livre jusqu'à ce que je le finisse je n'ai pas envie de le lâcher plus je lis plus j'ai  envie de savoir la suite ,parfois j'ai fait des nuits blanches parceque je voulais savoir comment l'histoire se finissait 

J'attends la suite avec impatience merci
09/01/2016 à 10:17

theokosma

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Mon entrain attire pas mal de copains et copines de jeux. Quand je suis la seule petite je m'en fous, je m'amuse toute seule. Mon corps se tortille de plaisir dans le sable chaud en accueillant avec délice le vent faisant frémir mon duvet et les rayons de soleil caressant mon épiderme. Ô merveilles de la nature, bénis soient mes cinq sens ! Ô seigneur, laissez les enfants aimer leur corps. Et envoyez aux tréfonds de l'enfer les pervers qui les espionnent.

 

Les moments où je vais voir maman sont inoubliables... je me colle contre elle, comme lorsque j'étais bébé. Ma peau nue contre la sienne est un délice. C'est là que naît mon amour pour la nudité, une passion qui ne me quittera jamais et sera la cause de bien des disputes... et bien des aventures. Je serais prête à surchauffer pour rester nue en hiver, à me mettre sous une tonne de couvertures la nuit plutôt qu'en nuisettes. Voire même, prête à m'enrhumer plutôt que me vêtir. Là est le résumé des disputes. Pour t'en dire un mot sur les aventures, ma passion fera rager et enrager bien des amants plus tard. D'abord, ils veulent avoir le plus de tissus possibles à ôter pour faire monter la pression. Du short moulant aux dessous sophistiqués, et surtout des ceintures, boutons, ficelles à défaire et fermetures éclairs. Ensuite au cours de l'acte, nombre d'entre eux n'aiment pas la nudité totale : ils souhaitent vous attraper en jupe sans culotte, en t-shirt, nuisette, avec vos bas ou un porte-jarretelles. Ou encore que vous gardiez le soutien-gorge (si, il y en a) ou les chaussettes (si, il y en a aussi). Puis quoi encore.

 

Moi je ne veux rien, rien sur moi. Pas même de bijoux ou de barrette dans les cheveux. Ni de maquillage, de chouchou, de boucle d'oreille, de vernis. L'homme, lui, adore que le nu s'alterne avec le vêtu, comme par exemple la belle s'entourant d'un paréo pour aller faire le café au lendemain d'une nuit de fougue. Pouvant rester dans la tenue de baise même pour faire la cuisine ou déjeuner (toutefois, plutôt après l'amour qu'avant), je décontenance fréquemment. Je ne veux rien sur moi non, même pas de sueur ou de poussière, c'est pourquoi je prends presque toujours ma douche avant de passer à l'horizontal. Lorsque de retour de soirée au bras d'un homme je file à la salle de bain au lieu de rouler tout de suite avec lui sur le tapis, forcément, ça surprend. Surtout que parfois, je demande qu'il y passe aussi. Rarement cependant, ça briserait le charme. Les plus dominateurs se laissent mater, ça leur fait du bien : avec moi c'est ainsi, pour me dominer à sa guise il faut généralement se soumettre au préalable. Et si vraiment on meurt d'envie l'un de l'autre, qu'il aille au moins se savonner l'indispensable organe au lavabo, bien que la demande persuade le monsieur d'une mise en bouche imminente, alors que ce n'est pas toujours le cas. Le mieux est d’être à mon appartement : mon savon spécial PH neutre nettoie sans dénaturer l'odeur de fauve du pénis, ce qui me donne déjà davantage envie : un sexe à la vanille, même bio, est un tue-l'amour. S'il le faut je le savonne moi-même, ô gentleman tend-moi ton membre fatigué, mes doigts de fée vont t'en sculpter un tout neuf. C'est pour cela qu'il est bien plus pratique de batifoler avant la soirée qu'après, comme Estelle tenta de me l'expliquer un jour. Ce n'est pas faux et il m'arrive d'organiser les évènements ainsi, même si certains garçons ne sont plus des masses intéressés par la soirée après coup. Ma foi, on ne tombe pas toujours sur des gentlemans. Ceci dit, j'ai fini par apprécier le fait de s'attraper comme des bêtes avec les vêtements collés par la transpiration. Que veux-tu, même parmi les libertines je saurai plus tard me distinguer. Enfin, pardonne-moi la parenthèse. Pour les souvenirs que je veux te conter nous sommes pour l'heure en des temps bien plus innocents. J'en étais donc à la plage.

 

Nue auprès de maman, s'il y a là une connotation sensuelle il n'y en a aucune sexuelle, encore moins incestueuse. Je le fais dans une candeur totale, une joie de vivre pure et sans tâche. Je crois qu'elle y prend plaisir aussi, normal, toutes les mamans rêvent au fond d'elles que leur enfant reste un bébé à vie.

 

Sur certaines plages un peu hippies maman tombe le maillot, ce qui rend les câlins « peau à peau » encore plus beaux. Quand elle le remet, je l'enguirlande. J'ai beau râler, ça ne sert à rien. Je n'aime pas qu'une telle différence nous sépare. Voyant que je suis à l'aise ainsi, maman me fait parfois manger nue à la maison. Faut dire, quand il y a de la glace ou des spaghettis je m'en mets partout, et là il suffit de me passer sous la douche après le dessert pour que tout soit nickel... pas de linge à mettre au sale !

 

À cet âge, les zones érogènes se découvrent de façon très curieuse. Ainsi, c'est aux toilettes que je m'aperçois, pour la première fois, (et il y aura des tas de « premières fois » jusqu'à mes quinze ans) qu'un orifice peut être source de plaisir. C'est qu'à présent, je m'essuie toute seule. Prenant toujours soin de m'essuyer très proprement, je ressens des sensations à cet endroit. J'ignore encore qu'on le nomme « anus ». Parfois, je vais aux toilettes sans avoir de besoin à y faire et je m'installe pour me titiller ce drôle de trou tout en rondeur. Je passe trop de temps au petit coin, maman me demande si j'ai des coliques, je lui dis que non, elle me dit que dans ce cas j'ai trente secondes pour sortir. J'aurais dû lui répondre que oui. Peut-être seras-tu heurté, toi lectrice, toi lecteur, par ce manque de poésie. Ce n'est pas très glamour ni sexy de découvrir le plaisir en s'essuyant après avoir déféqué, certes. Mais l'enfance est ainsi. Je ne vais pas travestir la réalité et préfère te raconter les faits tels qu'ils se sont déroulés. Quand on est petit, la plupart des découvertes se fait par hasard, via des anecdotes futiles. Après tout, même l'amour a ses couleurs et ses odeurs, et à tout âge. Les règles chez les filles, les "pollutions nocturnes" chez les garçons, les sécrétions vaginales, la sueur, la salive, tout ça n'est pas si appétissant et personne ne s'en offusque.

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09/01/2016 à 13:31

gabrielle

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Merci beaucoup pour cette suite 
Je trouve un peu courte
Dormir nue entre les draps c'est si bon elle a raison
12/01/2016 à 22:13

theokosma

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Merci à toi. Mieux vaut déguster par petites touches avec plaisir que tout engloutir d'un coup...
Y'a-t-il d'autres lecteurs et lectrices ?


Quatre ans – Garçon manqué   Mes coquetteries sont remises à plus tard car je découvre qu'on rigole beaucoup plus en se salissant, en transpirant et en s'écorchant. Certains m'appellent « garçon manqué », je déteste ça. Intrépide, vadrouilleuse, je peux me vautrer dix fois de suite par terre sans pleurer ni appeler ma mère. Parfois le soir, je découvre des blessures dont je ne m'étais pas rendu compte. Par souci pratique, maman m'attache les cheveux et m'achète des t-shirts et des jeans bon marché. Enfouie dans ces vêtements trop larges, peu de détails me distinguent du sexe opposé. En jupe ou en robe je n'aurais jamais pu faire autant de roulades, de courses ou d'escalades. Dans la cour de récré je suis une vraie terreur, à la fois crainte et admirée. Je ne suis pas vraiment bagarreuse mais faut pas me chercher non plus, et je suis toujours prête à défendre celle ou celui qu'on embête.   Au square comme à l’école, certaines sont vêtues comme de vraies petites poupées. Chaussures impeccables à s'y voir dedans, nœuds dans les cheveux, tissus repassés, elles en sont réduites à rester assises sur les bancs pendant toute la récré. Leurs jeux se limitent à prendre le thé ou à s'occuper de bébés. Si par malheur elles viennent courir avec nous, elles esquintent leurs vêtements et se font gronder le soir. Les mamans les plus maniaques ne tolèrent même pas de robes froissées ! À quoi bon dégoûter leurs filles de toute féminité… Car je le vois bien, certaines détestent être entravées à ce point. D'autres ont l'air de se trouver belles.   Certaines deviendront vite accros aux histoires de prince charmant, aujourd’hui grande je le sais. Je sais aussi quelles seront leurs désillusions. Les pauvres… Bien des filles ont des étoiles pleins les yeux, portent du rose-bonbon, écrivent des poèmes dans leur journal intime et pleurent devant des films romantiques. La plupart du temps, les minettes les plus midinettes deviennent les plus débauchées. Je l'ai constaté plus d'une fois. Lorsqu'une belle de ce genre s'aperçoit qu'elle est en fait une salope, c'est généralement de façon un peu abrupte, voire violente. Elle a rendez-vous avec un garçon, tout a été préparé du côté de chacun. Elle s'imagine déjà une nuit tendre et passionnée, un peu coquine mais surtout pleine d'amour et de complicité. Oh d'ailleurs, ça débute comme elle l'avait prévu. Un verre, voire un dîner aux chandelles, on marche main dans la main, on se dit des mots doux, on s'embrasse dans l'oreille... Et puis un plumard tout propret, une ambiance glamour, de longs préliminaires et des habits ôtés un par un, lentement, sans se presser. Et puis c'est le geste de trop, celui qui fait tout basculer parce qu'il surexcite l'un comme l'autre. La tension, montée lentement, ne peut plus se contenir et explose. Et là tout part en vrille. La belle se jette sur le gland pour le sucer à tout va, gobe les testicules en ouvrant tout grand la bouche, se fait enfoncer un majeur dans l'anus, mordiller les tétons, et pour finir se fait enfiler dans tous les sens dans les postures les plus obscènes en braillant des insanités de plaisir. Le lendemain matin, elle se réveille parfois satisfaite, en tout cas désabusée. Ses rêves de petite fille se sont envolés, elle sait désormais qu'elle tient plus du « S » de salope que du « P » de princesse, et si lettre « P » il devait y avoir... Tu m'auras saisi. Ce n'est ni gai ni triste, c'est juste la vie. Mes expériences n'ont pas été celles-là. Ayant décidé, comme tu le sais, d'être une salope dès le début, j'ai pu devenir une princesse peu à peu. Une princesse aguicheuse et sexy, certes. Une princesse tout de même. Je m’apercevrai de tout cela bien assez tôt…

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13/01/2016 à 19:13

gabrielle

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Merci pour cette suite assez excitante Wink

Et bien joué pour ta phrase "mieux vaut déguster par petites touches avec plaisir que tout engloutir d'un coup" Wink

Vite vite la suite s'il vous plaît...
15/01/2016 à 21:37

gabrielle

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Toujours pas de suite...Cry
16/01/2016 à 11:32

theokosma

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Ta sollicitude me touche.
Patience ! La suite demain.
17/01/2016 à 07:51

theokosma

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À la télé, j'entends quelques « experts » parler de « genre ». Dans cette mer de mots compliqués et inconnus, je capte que selon l'un d'eux, le zizi ou la zézette ne déterminerait pas forcément notre état de fille ou de garçon. Ça me trouble beaucoup. J'en viens à m'interroger sur ma propre identité. Il suffit que je m'enfouisse les cheveux sous la casquette pour qu'on me prenne pour un garçon. D'ailleurs à notre âge, il n'y a aucune différence avec les garçons niveau poitrine, hanche et popotin. Je comprends mieux les mamans des petites filles poupées. Sans ces robes, souliers et cheveux longs détachés, on ne serait pas sûr d'avoir bien affaire à des filles.

Et moi, que suis-je au juste ? Un copain de classe, en m'invitant à jouer au prince et à la princesse (lui le prince, moi la princesse), me sauve. J'efface ces idées idiotes de mon esprit, oui mille fois oui je suis et reste une fille. Heureusement, cette théorie du genre est très marginale. Et ceux qui acceptent d'en parler par ouverture d'esprit en accordent autant de crédit qu'une invasion extraterrestre. Cette idée sommeillera longtemps, on la croira éteinte. Elle fera son chemin des années durant, l'air de rien. Et puis un jour elle réapparaîtra et fera des ravages. Sous prétexte d'égalité, on voudra faire de nous des êtres hybrides, ni mâles ni femelles. Mais ces histoires de science-fiction sont bonnes pour les années deux mille.   D'opinion très changeante (oui, je suis une fille), il m'arrive tout de même d'avoir envie, moi aussi, d'un bout de chair entre les cuisses : on dit que toute fille rêve d’avoir un pénis un jour plutôt qu’un vagin. Une bagarre entre deux garçons dans la cour m'écarte pour de bon de cette absurdité. L'un des garçons se prend un pied à l'entrejambe et est cloué au sol, souffle coupé. Il met un long moment à s'en remettre et reste assis tout le reste de la récré, pendant que son assaillant est puni. Un coup à cet endroit, pour une fille c'est pas que ça fasse pas mal, mais quand même moins. Puis on tape pas une fille de toute façon. Je me fais la promesse de ne plus jamais convoiter d'être un garçon. Elle sera tenue.   Un jour, j'interroge tata Marthe, la mère de ma cousine Estelle, sur le sujet, lui demandant si cette différence zizi-zézette entre filles et garçons est si importante que cela. Elle me répondit :   « À ton âge, cette différence est encore toute petite. Mais elle est déjà super importante. Et plus tu grandiras, plus ça deviendra essentiel. N'écoute pas ceux qui disent que les filles et garçons sont identiques. Ce n'est pas vrai ! Plus on est pas pareils, plus le monde est beau ».    Ces paroles me décident à m'assumer définitivement en tant que fille. Les jours qui suivent, j'observe les filles et les garçons et note dans mon esprit toutes les différences que je peux trouver. Tata Marthe a dit vrai ! Plus ça grandit, plus c'est différent. La voix, le physique, la démarche, les fringues, les goûts. À force d'être baladée en ville par maman ou papa, je remarque que les mâles ont un affreux défaut : celui de pisser partout, comme des clébards. Tata Marthe confirme mon impression : « c'est leur façon de marquer leur territoire ». C'est aussi pour ça que papa met autant de bazar à la maison. S'étendre un peu partout est une autre façon de marquer son territoire. Je remarque aussi que les zizis ne sont pas les mêmes à quatre ans ou à quarante ans. Si plus on grandit plus c'est différent, deviennent-ils démesurés à l'âge de quatre-vingt-dix ans ? Cette éventualité m'amuse...   De mon côté donc, je suis non seulement une fille, mais en plus une fille en évolution. D'ailleurs le corps de ma cousine Estelle commence déjà à changer, et celui de maman à vieillir. Grandir me fait envie, et à la fois me fait peur. Pour savoir ce qui m'attend, je me mets à observer uniquement les filles. Tout compte fait je les trouve toutes belles. Les vieilles, les jeunes, les très vieilles comme les très jeunes. Chaque âge possède sa beauté, même celui où les rides se comptent par dizaines. D'ailleurs, Estelle et maman sont belles toutes les deux. Estelle, ma grande cousine, avec une allure qui se dessine et un derrière tout rebondi. Maman avec de bons gros seins un peu pendouillant qu’il m’arrive encore d’avoir envie de téter. Les personnes âgées ont un air sage, des regards profonds, une sorte d'élégance dans chaque geste. Les toutes petites ont des yeux tout ronds, grand ouverts et vous fixent sans pudeur. Les jeunes filles se pavanent comme des stars, leurs cadettes tentent de les imiter gauchement. Les mamans sont plus en chair et affichent des courbes généreuses sans aucun complexe… et elles ont bien raison. Bref, je trouve tout le monde sexy. Ou presque. Il y a des filles qui rayonnent et des filles qui me glacent.

L'âge, la taille ou le poids compte peu, très peu. Il y a même des grosses et des mal fringuées que je trouve jolies. Nous les filles, on a ce petit truc magique qui fait qu'on peut être belles même si on est moches. Ce qui me glace, c'est la froideur de certains regards. Tout se joue dans le regard. Toutes ne sont pas de cet avis. Dans la rue quand il fait chaud, les filles dans la fleur de l'âge jouent de l'arrière-train. Visiblement un attribut important qu'elles mettent en valeur de mille façons différentes, comme si elles n'étaient rien d'autre qu'un cul sur pattes. Et elles font mouche : les mecs se retournent et louchent. J'ai beaucoup de mal à concevoir qu'on puisse fixer à ce point une partie du corps de laquelle sortent des substances si immondes. Les seins d'accord, il n'en sort que du lait. Mais le derrière ! Derrière, objet d'adoration, anus, zone érogène. Ce paradoxe me laisse perplexe.   Quoi qu'il en soit les filles sont belles. Quant à moi, avec ma petite bouille toute ronde, mes cheveux ondulés, mon petit corps tout fin tout lisse et ma fente presque invisible, je ne me trouve pas si mal. Commencerais-je à avoir le sens du beau ? Je ne fais pas non plus une obsession de tout cela. C’est surtout que je prends le temps de réfléchir sur tout et sur rien. Intuitivement, je comprends qu’il vaut mieux profiter tout de suite de l'enfance sans trop se poser de questions. Il faut jouer, courir et rire tant qu'on le peut. Quand je vois les parents s’affairer à mille activités barbantes et incompréhensibles, ça ne me donne pas tant que cela envie de grandir.

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17/01/2016 à 12:55

gabrielle

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Merci de nouveau pour cette suite...

Il faut profiter de son enfance...moi je n'ai pas pu... j'aurais bien aimé...
J'attends la suite avec impatience...
17/01/2016 à 15:42

theokosma

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Je n'ai pas pu non plus... j'aurais aimé également ! Même si je ne pense pas que je l'aurais vécu d'une façon aussi sensuelle que celle de Chloé, même en mode garçon. Remarque, qui sait...
17/01/2016 à 18:02

MysteriousMans

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theokosma a dit : 

Je n'ai pas pu non plus... j'aurais aimé également ! Même si je ne pense pas que je l'aurais vécu d'une façon aussi sensuelle que celle de Chloé, même en mode garçon. Remarque, qui sait...

 Bonsoir,

J'ai hésité à intervenir car au départ, je trouvait ça choquant, 

J'ai quand même pris le temps de vous lire,

Y'a de l'idée, ce qui me derrange c'est de ressentir les pensés de l'adulte et pas celle de l'enfant à cet âge là...

Je ne dis pas que l'enfant ne pense pas, mais il pense pas de manière aussi détaillée et poussée que vous souhaiter l'indiquer, 

Donc l'idée, l'intention est là, mais les idées comme la théorie du genre, les femmes qui remuent le popotin etc etc, ça me semble exagéré dans la tête d'une jeune fille de 4 ans...

Pour avoir été un enfant précoce, pour être un garçon, ma sexualité "pensée" et première découverte à eu lieu vers 05ans...pas avant...du moins je n'en ai aucun souvenir, qu'à l'âge de 4-5 ans, j'ai des souvenirs précis...Je ne me préoccupais pas des problèmes ni théories d'adultes...

Savoir ce que ç'est qu'un pénis, comment pisser debout, passent encore...pourquoi il grandi quand on le caresse ou au réveil...qu'elle est la différence avec la zezette d'une fille ok...mais le reste n'est pas du tout crédible à mon sens...avant 4-5ans...

Après c'est vrai que l'apprentissage de la sexualité passe aussi par le corps, la nudité, vous l'évoquez...les caresses de l'enfant sur le sein par exemple...téter son pouce...découvrir son corps etc etc...

Mais pas tout le reste...vous y gagnerai à prendre de la distance avec ces éléments incohérents par rapport à l'âge du sujet que vous mettez en avant ici...

Par contre j'ai lu un autre de vos texte adulte érotique et c'est bien écrit!

17/01/2016 à 18:59

theokosma

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Merci pour ce commentaire. Mon retour...


"Y'a de l'idée, ce qui me derrange c'est de ressentir les pensés de l'adulte et pas celle de l'enfant à cet âge là..."
En fait, c'est un mélange entre les deux ! On est constamment entre les pensées de Chloé enfant et de Chloé adulte. Ceci dit, le style littéraire étant celui de l'autobiographie, l'héroïne est censée conter ses souvenirs d'enfance, donc écrire en tant qu'adulte.

"Je ne dis pas que l'enfant ne pense pas, mais il pense pas de manière aussi détaillée et poussée que vous souhaiter l'indiquer, "
Exact. D'ailleurs, même le langage est assez riche pour des enfants.

"Donc l'idée, l'intention est là, mais les idées comme la théorie du genre, les femmes qui remuent le popotin etc etc, ça me semble exagéré dans la tête d'une jeune fille de 4 ans..."
Oui et non. Mon avis : je pense que très jeune, on est capable de prouesses de ressentis et de pensées, seulement ce ne sont pas encore des pensées formulées, elles restent donc floues. En étant adulte, on peut mieux analyser cela avec du recul.
Ceci dit, il peut y avoir différentes interprétations : tel lecteur pourrait également considérer que rien de tout cela n'a fait partie des ressentis de Chloé à 4 ans, et que c'est seulement plus tard qu'elle a donné un sens à ces souvenirs.

"Pour avoir été un enfant précoce, pour être un garçon, ma sexualité "pensée" et première découverte à eu lieu vers 05ans...pas avant...du moins je n'en ai aucun souvenir, qu'à l'âge de 4-5 ans, j'ai des souvenirs précis...Je ne me préoccupais pas des problèmes ni théories d'adultes..."
Moi non plus. Mais c'est à cet âge que les différences entre enfants sont les plus grandes, et même très petits ils peuvent parfois être bluffants.

"Savoir ce que ç'est qu'un pénis, comment pisser debout, passent encore...pourquoi il grandi quand on le caresse ou au réveil...qu'elle est la différence avec la zezette d'une fille ok...mais le reste n'est pas du tout crédible à mon sens...avant 4-5ans..."
Là encore, n'oublions pas qu'il s'agit de considérations adultes mélangées à des souvenirs d'enfant.

"Mais pas tout le reste...vous y gagnerai à prendre de la distance avec ces éléments incohérents par rapport à l'âge du sujet que vous mettez en avant ici..."
Merci pour le conseil. Ceci dit, je ne songe vraiment plus à modifier encore ce texte. J'en ai déjà fait une relecture et réécriture complète :-)

"Par contre j'ai lu un autre de vos texte adulte érotique et c'est bien écrit!"
Merci !