Au sujet du mariage

26/01/2013 à 14:50

Brigitte

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Le mariage a énormément évolué au cours des siècles. À l'origine, il a plutôt été institué pour que deux familles se rejoignent et pour que le couple élève des enfants. Le mariage était le socle de la reproduction. Aujourd'hui il est clair que ce ne sont plus les parents qui choisissent de marier leurs enfants mais bien ces derniers qui décident de se marier par amour. En outre de plus en plus, ils décident de vivre ensemble sans forcément éprouver le besoin de passer devant monsieur le maire ou une entité religieuse.
Pourtant, la symbolique du mariage reste encore très forte. De nombreux couples voient leur relation changer une fois qu'ils sont mariés. Se marier, c'est en quelque sorte lier son sort à une seule personne et renoncer à toutes les autres. D'ailleurs, en cas d'infidélité, la culpabilité est plus grande lorsque le mariage a été prononcé. Aujourd'hui, la femme a gagné en liberté puisqu'elle est maintenant l'égale de son mari sur tous les plans; elle a acquis une autonomie financière et n'est plus obligée d'accomplir le devoir conjugal. Ce fut un long combat, loin d'être totalement reconnu par les hommes d'ailleurs: dans de nombreux couples, l'épouse se plie encore aux volontés de son mari, du choix du programme télévisuel à celui du lieu de résidence.
Si les mariages durent moins longtemps, c'est surtout parce qu'on demande trop à la relation. L'amour n'est pas une valeur sûre; la famille et les biens matériels étaient beaucoup plus solides.
On devrait se rappeler plus souvent cette phrase: « Pour le meilleur et pour le pire... » Or, on veut le meilleur et on se quitte dès que le pire apparaît; pourtant les couples qui savent surmonter les crises deviennent des couples solides.
Le mariage religieux donne souvent plus de sens à l'union.
Nos choix amoureux sont en général dictés par des désirs inconscients; on choisit un conjoint qui va nous aider à reproduire ou à améliorer notre famille d'origine. D'ailleurs, les mariages où les différences sont importantes — âge, culture, religion ou origine sociale — ont souvent plus de mal à tenir.
Je conseille souvent aux couples de ne pas se précipiter: avant de se marier, pourquoi ne pas instaurer une phase de fiançailles? Il n'est pas bon non plus de trop traîner. L'idéal serait de se marier entre un et trois ans après le moment de la rencontre, sauf pour les mariages tardifs, qui se font alors plus pour des raisons matérielles (le statut d'époux change néanmoins considérablement la donne).
Enfin, les clefs d'un mariage réussi sont simples: éviter les reproches et privilégier la communication pour résoudre les conflits; avoir des objectifs communs; changer son comportement plutôt qu'espérer changer son conjoint; s'excuser et pardonner; créer du lien afin de renforcer la relation plutôt que sa personnalité.
Beau programme, qu'en pensez-vous et y arrivez-vous surtout ?...
26/01/2013 à 16:00

_Toc_

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Brigitte a dit : 

Aujourd'hui, la femme (...)n'est plus obligée d'accomplir le devoir conjugal.

 Gamin, quand on nous habillait tout beaux pour aller à la noce, il n'y avait que ça qui m'excitait. Dans ma Ford intérieure, je pensais :"Bordel, tata montre sa jarretière à tout le monde, elle est belle comme un coeur, c'est la reine de la journée, moi ça m'excite énormément, et je vois bien que tous les mecs ont le droit ce jour-là, de la regarder comme ça, et y'a que le marié qui va avoir DE PLEIN DROIT le privilège de la sauter." Je trouvais ça tellement indécent et excitant à la fois (évidemment je n'avais même pas encore de sperme dans les testicules), que c'est resté le seul élément qui fait que pour moi, le mariage est uniquement et strictement un fantasme de droit à la baiser quand je veux.

J'étais et je suis encore tellement loin des préoccupations matérielles et historiques normales : la maison avec les 3 ou 4 chambres, les deux bagnoles  12 télés et plus tard une mobylette à chacun avec la tablette, le portables, les sorties, les bacs, etc.

L'épouser serait réaliser ce fantasme. Une sorte de délire à deux, puisse que je n'arrive pas à trouver ne serait-ce qu'un petit moment où elle n'est pas d'accord pour que je la lui mette, ce serait juste pour cette dimension d'exhibition autorisée à l'indécence.

Renoncer à nos individualités au bénéfice d'une communauté maritale, officielle, civile! qui plus est, je trouve ça d'une indécence fabuleuse, puisse qu'il s'agit de contracter civilement une union intime, donc qui relève de la plus stricte sphère privée. Avant le mariage, je n'envisage pas les mariés du point de vue du sexe ; il sont neutres de ce point de vue là, je m'en fou qui baise qui.

De nouvelles dormes de mariage vont apparaître. Evidemment le mariage homo, ça va de soi. Je ne vois pas pourquoi on les priverai de cette possibilité d'exhiber et d'affirmer à la face du monde qu'ils et elles sont en fusion (morale, matérielle, sexuelle, psychique, etc). Mais les cellules maritales vont s'étoffer, en associant dans la même sphère patrimoniale, l'ensemble de la communauté de co-parentalité, les géniteurs, les nouveaux conjoints et jointes, donc les ex, les enfants des ex, et leurs fratries, etc.

Il n'y a que les enfants devenus adultes qui peuvent contracter un mariage et s'unir fiscalement. Ces pulsions civiles entraînent des tas de modifications symboliques pour les enfants, l'image de la mère, du père, de l'autorité en générale, qui fais quoi pour qui et pour quoi. Tout un tas de nouvelles sphères de négociations s'ouvrent pour les enfants. Celles et ceux qui naissent actuellement n'auront pas à s'adapter au système simple que nous avons découverts en ouvrant nos yeux au XX ème siècle. Ils ouvrent les yeux avec une multitudes de repères, tous équivalents, et sans doute qu'ils généreront aussi eux des modifications de leurs connexions neuronales, et proposeront aux prochains d'autres formes, qui peuvent nous paraître aussi abscons que le droit de vote réservé aux hommes, l'interdiction d'avoir un compte bancaire, ou le devoir conjugal.

La génération précédente a fait la retraite pour tous, et on sait bien qu'elle n'est pas calculée pour la génération d'après, même si l'intention était louable. Une nouvelle génération créé le mariage pour tous pour elle-même également. L'autre d'après va inventer encore un autre truc qui va nous donner un coup de vieux, c'est normal, on sera vieux!Tongue Out

And so on and so far.

"Moi mon gars, je n'veux pas changer l'histoire
je n'veux rien changer du tout.
Je n'laiss'rai rien de rien dans les mémoires
Et je m'en fou, hou hou...
Ring et ding, ring et ding, ring et ding..."

Ring et Ding, Michel Fugain, 1976. 
http://www.youtube.com/watch?v=zLn7om4Cqh4

Vive les mariés-es! Tongue Out

26/01/2013 à 16:14

FLOREAL

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Très chère Brigitte, en bon Moine que je suis, je vous suis et rejoins même sur la plupart des sages propos que vous tenez sur le mariage... bien que je ne fasse ni les mariages ni les divorces en ma bonne paroisse de Bretagne. Je confesse essentiellement, mais à tour de bras... Qu'on se le dise !

Cependant, un certain nombre de nos contemporains objecteront aujourd'hui vigoureusement à votre affirmation selon laquelle, je vous cite :L'amour n'est pas une valeur sûre.
C'est justement la valeur sûre de l'amour qui est aujourd'hui avancé comme argument irréductible dans l'actuel projet du gouvernement d'ouvrir l'institution du mariage pour tous les couples d'adultes épousables.

Étonnant, n'est-ce pas ? Paradoxal ?

Se marier cérémonieusement, -- à deux s'entend pour l'actualité de la loi --, forme un pari social d'amour monogame sur la très longue durée... quand l'expérience de la vie manifestement indique que soit l'amour, soit l’alliance conjugale elle-même, semblent s'user irrémédiablement quand on s'en sert...

Bon. J'ai relevé, chère Brigitte, un point et un point seulement de votre judicieux propos, qui ne l'altère aucunement.

Reste une longue et immense question sous-jacente à tout cela :
- pourquoi l'amour prend-il cette place si intense et invasive dans le cours de nos vies ?
- Et, au final, comme l'examine fort bien la sociologue Eva Illouz dans un livre récent qu'elle consacre à l'étude de l'expérience amoureuse dans la modernité : Pourquoi l'amour fait mal ? "Why Love hurts ?"


PS : je viens de lire le libelle que l'ami Toc décoche à l’endroit de l'institution matrimoniale, qui de fait, dit-on dans les salons bourgeois, est la manière la plus onéreuse de baiser gratis...Alliance, engendrement, filiation, parentèle et... sentiments, il est vrai, il y a tout cela dans le paquet cadeau... A suivre donc...

 Cool
26/01/2013 à 17:17

damejessica

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Je pense que ma contribution sera moins complexe que la votre lol !

J'ai eu l'expérience avant le mariage, le mariage, la séparation et il me reste le cap du divorce à passer...
Pour ma part, je pense que le mariage change les gens, et pas dans le bon sens, je pense qu'il donne un droit , un pouvoir sur l'autre, même inconsciemment, et ça, c'est très mauvais...
Déjà avant le mariage, mon (ex)couple n'allait pas, et la domination malsaine était déjà de mise, mais après, une misère, je lui appartenais, et ça, plus jamais, si un jour on me demande ma main, se sera non, plus jamais ce genre de lien avec un homme, le couple oui, la cohabitation, à réfléchir longuement, mais le mariage non, non et non !
Voilà, mais si vous désirez vous mariez, j'imagine sans doute que parfois ça se passe bien, mais n'allez pas vous appropriez l'autre, jamais...et pour finir, plein de bonheur aux futurs mariés ! Tongue Out
26/01/2013 à 17:36

lilies

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le mariage je suis POUR à fond pour les autres heinnng faut pas déconner
et puis les hommes mariés sont mon fond de commerce donc VIVE LE MARIAGE POUR TOUS mais pas pour moi Wink
26/01/2013 à 17:57

_Toc_

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lilies a dit : 

le mariage je suis POUR à fond pour les autres heinnng faut pas déconner
et puis les hommes mariés sont mon fond de commerce donc VIVE LE MARIAGE POUR TOUS mais pas pour moi Wink

 Y'a pas que toi! Je connais des femmes, parisiennes en particulier, qui ne draguent QUE les hommes qui sont déjà "en main" et de préférence mariés (il n'y a pas que pour moi que c'est un fantasme). 
Les mariés sont particulièrement troublés, et vont jusqu'à consommer cette promesse. Ils se retrouvent for embêter quand ils se rendent compte que tout n'était que désirs et attirances, mais que jamais Ô grand jamais, même si l'exigence de quitter la cocue est un objectif en soi, il n'y a la moindre volonté de constituer une unité de couple. Tout se passe un peu comme si ces femmes "libres" livraient un combat à la femme en générale dés qu'elle est avec un compagnon. Du coup, elles se "prouvent" à elle-même que tout n'était que vain (elle peuvent évidemment aussi aller dire à la nana en question :"tiens j'ai baisé on mec, connasse, vient je vais te consoler, c'est tous des cons". Ce jeu morbide masque le fait qu'elles ne sont libres d'elles-même, qu'elles ne savent pas donner, parce qu'elles ne possèdent finalement rien qu'elles puissent partager. Des petites filles toujours en conflit avec papa ou maman ou le saint esprit.

Un homme marié qui a "joué" en pensant qu'il s'agissait d'un nouveau chemin, ne mesure pas forcément  ce que signifie l'"aventure". Et quand il se retrouve tout seul comme un gland, et qu'il faut retourner voire maman, et la reconquérir, ben... ils viennent ici.

Comme dit MonMoine, ériger l'amour comme la valeur sur laquelle on fonde un foyer séculaire, c'est parier sur du court-termisme. Finalement c'est assez dans l'air du temps.

26/01/2013 à 18:14

Venom

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Le mariage c'est juste un rêve de petite fille, mais pourquoi ne pas le leur donner ?
26/01/2013 à 18:19

_Toc_

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Venom a dit : 

Le mariage c'est juste un rêve de petite fille, mais pourquoi ne pas le leur donner ?

 a qui?

26/01/2013 à 19:42

Ambre

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damejessica a dit : 

Pour ma part, je pense que le mariage change les gens, et pas dans le bon sens, je pense qu'il donne un droit , un pouvoir sur l'autre, même inconsciemment, et ça, c'est très mauvais...
Déjà avant le mariage, mon (ex)couple n'allait pas, et la domination malsaine était déjà de mise, mais après, une misère, je lui appartenais, et ça, plus jamais, si un jour on me demande ma main, se sera non, plus jamais ce genre de lien avec un homme, le couple oui, la cohabitation, à réfléchir longuement, mais le mariage non, non et non !

Vision bien pessimiste. Je ne suis pas d'accord. Le mariage change les gens oui et parfois dans le bon sens aussi. Et mariés c'est un vrai challenge que de surmonter les crises de couple alors que quand on co-habite, il est tellement plus facile de prendre la poudre d'escampette à la moindre broutille...

Je souhaite que mes enfants se marient et effectivement pour le meilleur et pour le pire... C'est une vraie experience de vie.

26/01/2013 à 21:53

stephyduclos

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ni pour ni contre... que ce soit religieux ou "politique"....

j'ai vécu l'expérience du mariage et du divorce.
En tout cas mon divorce s'est nettement mieux passé que le mariage....
donc pour ma part je préfère le divorce que le mariage, mais bon, c'est perso ....

en tout cas, pour moi le seul engagement sans signature 
est le scellement du couple par l'arrivée d'un enfant....le reste,
que du papier et entraves écrites vis avis de la société ou des croyances.
Des écrits inventés par des humains pour des humains...rien de plus 


26/01/2013 à 23:31

damejessica

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Ambre a dit : 

damejessica a dit : 

Pour ma part, je pense que le mariage change les gens, et pas dans le bon sens, je pense qu'il donne un droit , un pouvoir sur l'autre, même inconsciemment, et ça, c'est très mauvais...
Déjà avant le mariage, mon (ex)couple n'allait pas, et la domination malsaine était déjà de mise, mais après, une misère, je lui appartenais, et ça, plus jamais, si un jour on me demande ma main, se sera non, plus jamais ce genre de lien avec un homme, le couple oui, la cohabitation, à réfléchir longuement, mais le mariage non, non et non !

Vision bien pessimiste. Je ne suis pas d'accord. Le mariage change les gens oui et parfois dans le bon sens aussi. Et mariés c'est un vrai challenge que de surmonter les crises de couple alors que quand on co-habite, il est tellement plus facile de prendre la poudre d'escampette à la moindre broutille...

Je souhaite que mes enfants se marient et effectivement pour le meilleur et pour le pire... C'est une vraie experience de vie.

 oui, bah en même temps, je ne peux être que pessimiste pour l'instant avec ce genre de choses...

mais je n'arrive pas à concevoir que le mariage enchaine les gens, plus qu'il les lient, c'est différent, je pense pouvoir vivre une histoire d'amour et avoir des épreuves, mais en aucun cas il faudra que je me sente obligée de ... et la mariage, c'est pour le meilleur et pour le pire, c'est accepter, c'est s'adapter, et je suis croyante, donc ça à une dimension complètement différente, au delà des papiers, je me suis mariée devant dieu, et là, je réduit ce mariage à zéro, et je me sens mal par rapport à mes engagements, devant dieu, ma famille, tout quoi...

je suis comprise par le plus grand nombre de personnes qui comptent pour moi, mais certains espèrent encore que les problèmes soient résolus, et que ce mariage reprenne vie, puisque le mariage, c'est pour le meilleur et pour le pire...

bah ce genre de conneries, pour moi, c'est terminé, je veux pouvoir décider de ma vie sans me sentir attachée ou obligée, et pour moi, la vision du mariage qui au départ était positive et belle est devenue un truc à jamais plus retenter...

maintenant, j'ai autour de moi des couples mariés depuis des années, mais peu sont vraiment heureux ensemble après 20 ou 30 ans de vie commune, et pour moi, au départ, le mariage c'est malgré tout pour la vie...

27/01/2013 à 07:26

Venom

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_Toc_ a dit : 

Venom a dit : 

Le mariage c'est juste un rêve de petite fille, mais pourquoi ne pas le leur donner ?

 a qui?

 Aux femmes, celles qui grandissent avec ça en tête..

On dirait que c'est un enjeu essentiel pour elles dans leurs vies, qu'elles y arrivent aux yeux de tous mais ça n'est pas que de l’apparat  donc pourquoi pas. C'est plutôt un honneur quand une femme te choisie pour être son mari, moi ça ne me disait riens de prime abord, j'ai attendu qu'elle m'en parle..On s'est mariés dans le fond ça ne change riens, mais on s'est mariés. Elle est arrivée à son but et j'ai bien voulu être l'heureux élus.. Mais il faut être sûr de son coup, c'est mieux.Cool

27/01/2013 à 10:15

FLOREAL

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Fort bien. Nous évoquons le mariage ainsi que Brigitte nous y invite.
Et plus spécialement, au sein de l'institution du mariage, nous prenons en considération le couple, c'est-à-dire l’union ou l'alliance des deux conjoints, comme résultant à la fois de leurs sentiments réciproques, de leur érotique, mais aussi de leurs volontés de mener vie commune et projets communs... avec la clause "moderne" que cette union doit permettre pour chacun d'accomplir le développement de soi ou la réalisation de soi, qui est l'imaginaire central contemporain de l'existence individuelle accomplie... à mille lieux par exemple de la conception "victorienne" du couple, du mariage et des rôles sociaux masculins et féminins d'il y a un siècle.

J'ai très souvent demandé que nous fassions l'effort de distinguer, sur ces questions, le couple et le ménage. J'y reviens et j'y ajoute l'impératif de la distinction des sexes quant à l'engendrement.

Le couple réalise la conjonction horizontale et dynamique de deux personnes, et normalement il n'envisage rien d'autre. C'est une alliance délibérée.
Le ménage désigne le couple (marié ou non) dans la totalité de ses engagements et obligations à l'égard d'autrui, et à commencer de façon intergénérationnelle par les enfants que le couple a mis au monde.
Je n'insiste pas là-dessus.

Le fait est que le projet actuel du gouvernement de légaliser le mariage de façon universelle, et, dans la foulée, de soumettre une révision exhaustive de l'institution familiale, a suscité une discussion intense sur tous les présupposés et conséquences du mariage.

Pour l'instant, et en écho à la remarque de l'ami Venom qui pointe justement mais acerbement le goût féminin, bien dans la tradition victorienne du mariage, de demander et d'obtenir la cérémonie, la robe, la mairie et le curé/imam/rabbin/pasteur et autres fonctionnaires du culte, la bague, et cetera, et tous les colifichets que le cinéma et les séries TV américaines persistent à nous faire admettre et imposer comme sublimes, merveilleux et indispensables à la reconnaissance de nos êtres par le monde entier... je veux adjoindre la remarque suivante :

Il y a un élément vital qu'institutionnalise le mariage -- mais semblablement à toute autre union conjugale (quels que soient les sexes des conjoints), c'est la distinction des sexes quant à la vie, à la procréation, à l'engendrement, à la fécondité.

Je n'évoque pas ici la sexualité, et les objets des désirs que la sexualité se donne, ni les modes de satisfaction qu'elle choisit, ni les cadres sociaux qu'elle emprunte pour se satisfaire.

J'évoque la génitalité, la fécondité, l'élan de la vie dans l'espèce elle-même qui se renouvelle.

Les corps féminins sont biologiquement et socialement féconds pendant un laps assez court de la vie féminine, durée qui peut être augmentée et dépassée par des moyens technologiques dont nous ne voyons pas la limitation actuellement, ni matérielle ni éthique.

Au coeur de ces questions : l'enfantement féminin ! Le désir d'enfantement qu'il soit assumé ou écarté.
Et par "désir", j'entends ici non pas l'enrobage psychologique d'un état d'âme, mais ce qui est par essence un "élan vital", (orexis, chez Aristote).

Dans l'actuel débat sur "le mariage pour tous" et ses conséquences en termes de génération et légalement de filiation, c'est à un refus d'admettre les sources vitales et "pulsionnelles" (au sens freudien) du désir sexuel que les tenants du discours LGBT se livrent. L'amour seul dans sa prétendue pureté est invoquée comme fondement légal et social de la conjugalité légale.

Pour ma part, s'agissant du mariage, -- avant, pendant, et cetera --, je refuse de faire l'impasse sur  la distinction des sexes ; et, particulièrement je pose comme fondamental, bien que dénié ou affublé d'oripeaux "bovarystes" par l'industrie d'Hollywood, l'expérience proprement féminine de la gestation, de l'engendrement et de la maternité, du mouvement d'une vie qui pousse et croît au-dedans du corps féminin, d'une vie qui se développe en ce corps, comme malgré la femme qui la porte ; et, en l'occurrence, il ne s'agit pas de l'espèce, mais d'un individu en formation.

Ici, "Chez Brigitte",comme ailleurs, nous parlons en tant qu'adultes égoïstes de nos vies sentimentales et érotiques, de nos goûts et pratiques sexuelles, de nos joies et de nos déconvenues dans le cours de nos vies. Et nous ne parlons que de cela.
Mais aussi longtemps que nous réduisons la sexualité à nos simples affinités et jeux  érotiques, nous méconnaissons la part génératrice justement de la génitalité, dans sa distinction féminine et masculine, et dans les projets et capacités distinctes pour chaque sexe.
Nous redussions ou dénions stupidement le fait du pouvoir féminin d'engendrer, et nous le ramenons, lui et ses demandes, au statut subalterne de simple fonction sociale.

Tout  masculin, marié ou non, vivant un assez long terme avec une compagne, sait par expérience que le temps viendra où la libido d'engendrement de sa compagne passera du fantasme tacite à une demande exigeante ; voire à des manoeuvres diverses afin d'être satisfaite.

Oui, le mariage a changé et va continuer de changer, les familles également changent de forme, et les places des femmes et des hommes également se transforment dans leurs interactions incessantes. Le mariage, après avoir été, sur deux millénaires, l'institution qui assurait les filiations et transmissions patrimoniales dans la dominance paternelle et patriarcale, change de bout en bout, quand et depuis que les femmes sont, pour l'avoir voulu, -- et je m'en réjouis -- devenues titulaires sans réserve du contrôle de leur fécondité, c'est-à-dire de leur puissance génitrice.
Et ce mouvement vaut non seulement pour l'Europe ou le continent Nord-Américain, mais pour tous les peuples du monde où nous constatons, depuis 50 ans désormais, que les femmes maîtrisent leur fécondité, au grand dam des patriarches et pouvoirs masculins conservateurs ou réactionnaires qui leur font payer le prix atroce du viol ou du sang ou de la répression morale, policière ou politique la plus impitoyable que l'on puisse connaître.

Alors, ami Venom et mes autres amis masculins : vos femmes qui vous demandaient le mariage, voulaient-elles seulement la cérémonie et le livret de famille, ou bien implicitement l'instauration du foyer légal où elles pourraient enfanter ?
Et l'enfantement, était-il un projet commun, explicite à deux, ou celui de votre compagne seule ?

Quand l'enfant est là, suggère l'amie Stephie si je la lis bien, alors c'est lui et lui seul qui fait lien et obligation...

Sans doute... aussi longtemps que cette obligation tient et engage.
Et aussi longtemps que l'amour ne s'émousse et ne varie...

Je constate que de plus en plus, de plus en plus de femmes accomplissent leurs vies SEULES et avec leurs enfants, accompagnées par séquences des compagnons (ou compagnes) qu'elle se choisissent..

De plus en plus seules !

Le mariage n'apparaît-il pas alors aujourd'hui comme une farce antique, un rituel déjà bien ringardisé de la comédie sociale ?

A suivre

Floréal Cool

27/01/2013 à 10:36

damejessica

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Cher Floréal, pour ma part, les enfants étaient déjà là au moment du mariage, et l'idée de porter le même nom qu'eux m'a assez plus je dois dire, je vivais avec quatre personne, j'étais mère, mais je portais un nom différent... je pense que ça m'a assez plus de porter leur nom...

Pour les enfants, j'ai toujours attendu sa demande à "lui" même si j'en avais envie, j'attendais que lui en ai le désir prononcé avant d'en parler, donc ils ont tous étés désirés, aujourd'hui, j'élève seule mes enfants, le papa, il est je sais pas où, il réapparait juste pour faire des histoires, et les enfants souffrent de cela énormément ...

L'autre jour, ma plus grande fille m'a demandé quand j'aurais de nouveau un amoureux, je lui ai dit ne pas savoir et lui ai demandé pourquoi, et là, elle me répond, et bien, on fera le mariage et on sera bien avec un nouveau amoureux pour toi !!!

Le mariage rassure, même une enfant de six ans est rassurée par le mariage, puisque normalement, il est pour la vie...voilà
27/01/2013 à 10:55

Ambre

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damejessica a dit : 


maintenant, j'ai autour de moi des couples mariés depuis des années, mais peu sont vraiment heureux ensemble après 20 ou 30 ans de vie commune, et pour moi, au départ, le mariage c'est malgré tout pour la vie...

 C'est peut-être çà effectivement qui fait la différence entre toi et moi. Je n'ai jamais cru au "mariage pour la vie". Le mariage pour une vie, oui Cool Et puis il peut y en avoir plusieurs de vies........

J'ai souhaité me marier d'abord pour "officialiser", pour avoir le même nom que ma fille et effectivement... Sans cette "paperasserie" obligatoire finalement pour faire reconnaitre ses droits et ceux de l'enfant, peut-être, je dis bien peut--être pourrions-nous nous passer du mariage et de cette "farce antique" comme dirait Floréal.

27/01/2013 à 11:21

_Toc_

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damejessica a dit : 

l'idée de porter le même nom qu'eux m'a assez plus je dois dire, je vivais avec quatre personne, j'étais mère, mais je portais un nom différent... je pense que ça m'a assez plus de porter leur nom...

 Le question de la filiation en France est peut-ête aussi un question linguistique. En Islande, par exemple, la majorité des gens n'ont pas de nom de famille. Dans de nombreuses langues issues du saxon latin ou grec, il y a un génitif. Je ne sais pas pourquoi en Gaule, on n'a pas voulu de cet héritage dont se sont forgés les autres "pays" environnants. La filiation, en Francophonoland, perpétue un seul des termes de l'union, celui du père (patronyme= le père), et évidemment, en découlent des tonnes de conséquences devenue aujourd'hui scandaleuses au regard de l'égalité des sexes dans la vie social (effacement du matronyme, enjeux colossaux patrimoniaux, héritage, et même Histoire au sens généalogique). C'est peut-être aussi un des facteurs qui nous rends si effrayés par le libéralisme, qu'il soit économique ou culturel : nous sommes attachés à la famille fondée sur le père et son nom, c'est un lien très spécifique, quant les autres n'ont peut-être pas cette spécificité psychique, qui les "attachent". Peut-être qu'on touche aussi aux sacrements catholiques "à la française" et que tout ceci ne fait que titiller le fondement de la société dans son ensemble.

En général, quand on touche à une fondation, on ne s'en rend compte que très très tard.

27/01/2013 à 11:22

florestan

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Le mariage  d'aujourd'hui n'est plus celui de nos parents ni celui de nos grand parents, il à changer avec les époques, le temps fait son œuvres, les couples aujourd'hui ne sont plus dans la duré, même si je reste persuadé que l'amour pour tout une vie a coté de celle que l'on aime et toujours possible.
La vie aujourd'hui ne sera pas celle de demain, les choses évolue l'union de deux personnes aussi.
On ne construit plus un couple, un foyer ou une famille de la même façon, les repère sont très différent.
Nos grand parents avais quoi qu'on en dise beaucoup plus de facilité de duré car le divorce n'était pas toujours bien vu, combien de couples se sont détruit à cause de ça, du regard de la société sur la famille.
je suis aussi passer par le mariage et comme beaucoup d'entre nous par le divorce, j 'ai mis 10 ans à refaire ma vie sentimentale et familiale, pour un jour décidé de tout lâché pour le bien être et la stabilité de mes enfants.
A ce jour je ne regrette rien, si demain je devais repasser devant mr le maire se sera parce que la femme que j'aime ma demander en mariage mais pour ma part je ne ferai pas ni cette démarche ni cette demande.
les lois comme dit stephy son faite par des humains pour des humains, Georges brassens avais chanter une chanson magnifique qui à aujourd'hui encore tout son sens " la non demande en mariage, ne gravons pas nos noms en bas d'un parchemin"
si tout à un sens, une direction celle de l'amour, du foyer,  la famille à complétement évolué.
Avec le mariage pour tous que je trouve stupide, ouvrons le mariage civile tout simplement au homosexuelle.
Le mariage restera pour certains comme une finalité se qui ne veux rien dire, comme le dit Ambre il y a plusieurs amours dans une vie il faut simplement rencontré celui ou celle qui avec vous fera se long chemin qu'es celui qui fait la différence, celui qui vous faire regarder dans la même direction, celui qui vous conduit vers un avenir commun, celui qui vous fait aimé la même personne toute une vie, qui aujourd'hui me parait possible mais pour cela il faut être deux.
27/01/2013 à 14:06

damejessica

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Ambre a dit : 

damejessica a dit : 


maintenant, j'ai autour de moi des couples mariés depuis des années, mais peu sont vraiment heureux ensemble après 20 ou 30 ans de vie commune, et pour moi, au départ, le mariage c'est malgré tout pour la vie...

 C'est peut-être çà effectivement qui fait la différence entre toi et moi. Je n'ai jamais cru au "mariage pour la vie". Le mariage pour une vie, oui Cool Et puis il peut y en avoir plusieurs de vies........

J'ai souhaité me marier d'abord pour "officialiser", pour avoir le même nom que ma fille et effectivement... Sans cette "paperasserie" obligatoire finalement pour faire reconnaitre ses droits et ceux de l'enfant, peut-être, je dis bien peut--être pourrions-nous nous passer du mariage et de cette "farce antique" comme dirait Floréal.

 Moi j'y croyais, j'avais cette idée de mariage unique et pour toute la vie...en même temps, c'est moi qui y ai mis fin...

j'aime encore à penser qu'un homme et une femme, qui se trouvent et s'aiment profondément, et surtout qui se correspondent peuvent s'aimer toute leur vie...

enfin, c'est tout moi hein :)

27/01/2013 à 15:37

Ambre

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Et oui tu es finalement très "romantique" et "fleur bleue"... Tongue Out

Le mariage pour moi fut très expéditif avec deux témoins et à la mairie et hop hop hop... La grande robe blanche, la calèche et tous les invités morts de faim, trop peu pour moi...Tongue Out
27/01/2013 à 16:00

damejessica

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Ambre a dit : 

Et oui tu es finalement très "romantique" et "fleur bleue"... Tongue Out

Le mariage pour moi fut très expéditif avec deux témoins et à la mairie et hop hop hop... La grande robe blanche, la calèche et tous les invités morts de faim, trop peu pour moi...Tongue Out

 oui romantiqueeeeeeeeeeeee...

pas de robe blanche parce que ce jour là, j'ai eu envie de beaucoup de couleur !!! mais malgré tout le cortège... et tout ce qui va avec ! lol