Alcool dans le couple quel désastre !!!

29/11/2014 à 11:32

Barbamama

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Membre depuis : 01/01/1970
Bonjour,
J'ai vécu pendant 10 ans avec un homme. Un malade alcoolique.

Nous nous sommes rencontrés en 2003 (coup de canicule... lol). Nous nous sommes installés ensemble et au début il me proposait toujours un verre pour fêter telle ou telle occasion. J'acceptais dans un premier temps et après je déclinais mais cela ne le dérangeait pas de boire seul.

Cela a durée quelque temps. Quand je lui faisais des remarques sur sa consommation il se calmait. A ce moment je pensais qu'il maîtrisait donc pour moi, je n'avais pas de raison de m'inquiéter.

2 ans plus tard, nous avons décidé de faire un enfant (en même je ne suis plus toute jeune... lol). Je suis tombée enceinte assez rapidement. 
Août 2005, ma maman tombe gravement malade et l'issue est fatale. A l'annonce de sa maladie, je fais une fausse couche mais je n'ai pas trop le temps d'y penser. Je décide d'accompagner maman dans la maladie et jusqu'à sa mort. J'arrête de travailler. J'emmène maman aux chimios, faire les prises de sang, les scans, je fais la prépa des médocs, enfin tout. Je suis prise dans une tempête infernale. Maman décédée en mai 2006.

Pendant cette période, il est bien évident que je ne suis pas à la hauteur dans mon couple. Je suis très peu présente et quand je suis là, je suis dévastée.

Deux mois se passent depuis le décès et je suis de nouveau enceinte. La vie devait continuer. Ce sont des jumeaux. Je perds l'un deux. J'ai une grossesse très compliquée, un accouchement dans l'urgence par césarienne, tout cela pour avoir un beau bébé cyanosée qui se porte à merveille aujourd'hui. Laughing

Je rentre à la maison avec un magnifique trésor dans les bras. Je ne vois pas que le papa ne maîtrise plus sa consommation pourtant il fête tous les jours la naissance de notre enfant !!!

Je tombe de nouveau enceinte et là je me rends compte que quelque chose cloche avec le papa. Je farfouille un peu et je découvre quantités de bouteilles vides en tout genre dans le garage. Il n'y a plus de doute, il est malade, il est alcoolique, il est malade alcoolique.

Je lui demande des explications et il me dit que c'est de ma faute. Que je ne suis plus là pour lui, que je l'ai abandonné, qu'il subit. 

Sur le coup, j'en tombe des nues. Je le reconnais ensuite, effectivement je n'ai pas été présente. Mais moi aussi je subis. Je n'ai pas demandé que ma mère tombe malade. Je n'ai pas demandé de faire une fausse couche. Je n'ai rien demandé. Il y a des situations qu'on ne maîtrise pas parce qu'elles ne sont pas maîtrisable.

Je lui pose un ultimatum : la bouteille ou l'enfant que je porte. 

Il me dit qu'il va arrêter et bien sûr je le crois. (pfff)

J'accouche d'un beau petit gars. C'est l'apothéose pour le papa. Il est donc évident qu'il va l'arroser copieusement, très copieusement, trop copieusement. Il a un geste malheureux avec l'enfant. De peu je rattrape ce petit être tombé des bras de son papa trop ivre. 

Deux profonds sentiments vous viennent : la colère et la honte. C'est très puissant.

Et bizarrement, je reste avec lui me trouvant des excuses bidons du style moi aussi j'ai connu la séparation de mes parents et je ne veux pas faire subir la même choses à mes loulous... Je vais protéger mes enfants mais surtout ne pas les séparer de leur père..... patati patata.... Plus tard, en thérapie, je comprends que je suis dans le déni...

Un jour ma fille me dit : "Maman, j'ai fait deux dessins, un pour toi et un pour papa. Prends le tien, celui de papa je lui donnerai quand il arrêtera de boire".

Stupeur. Jamais au grand jamais, comme une conne que je suis, je ne me serais imaginé que les enfants auraient pu s'en rendre compte. Mais quelle conne. Je fulmine.

Ca été le déclic et j'ai tout compris (ou presque). Mes enfants qui ne faisaient pas les nuits (ils étaient dans l'insécurité), les fins de mois difficiles (le papa avait contracté 3 crédits à des taux exorbitant et m'avait mis co-signataire - je n'étais pas au courant) et j'en passe, enfin bref, j'ai ouvert les yeux et il était temps.

J'ai pris un appart avec mes loulous. Les enfants se sont tout de suite sentis mieux. Ils ont trouvé le sommeil. Ils ont quand même consulté un pédo-psy pour parler de tout cela. Ils voient leur père tous les samedis. 

Moi aussi, j'ai fait un travail sur moi pour comprendre comment on peut être anesthésier pendant 10 ans. je remonte la pente mais il va falloir beaucoup beaucoup mais vraiment beaucoup de temps pour accorder ma confiance à qui que ce soit..... faudrait que je retrouve la mienne...

En me relisant, je me rends compte que j'avais vraiment envie de "vomir" cette histoire, il y a encore de la culpabilité chez moi mais j'y travaille. Je me rends compte aussi que je devrais peut être publier ce post sur un forum concernant l'alcoolisme ou quelque chose qui s'y rapporte plutôt que sur un forum sexe-séparation... je ne sais pas... 

Pour conclure (je pense qu'il serait temps), ON S'EN SORT TOUJOURS, pas toujours sans égratignures... 

Les cicatrices ne sont-elles pas là pour nous éviter de refaire les mêmes erreurs ?

Mes loulous sont mon énergie et l'humour m'aide beaucoup.... 

Merci aux courageux qui m'auront lu entièrement, pour les autres, ce n'est pas grave.... Wink

Amicalement....... Smile





29/11/2014 à 15:04

Montagnardd

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WinkBravo pour ton courage .
Bravo pour avoir aussi le courage de nous raconter ton histoire. 


29/11/2014 à 15:44

Valerie

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Membre depuis : 01/01/1970
Bonjour,
J'ai connu l'enfer d'être avec un alcoolique et on pense que l'on sera assez fort pour deux, que l'on pourra les aider, mais personnes ne peu rien pour eux si ce n'est qu'eux et il faut vraiment le vouloir et commencer par reconnaître avoir un problème, être alcoolique, et la c rarement le cas !
Ils se détruise mais détruise toute la famille avec eux !
Tu a bien fait de partir, tu ne pouvait faire mieux pour toi et tes enfants !
Bon courage
Bisous
29/11/2014 à 15:55

Barbamama

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Montagnardd a dit : 

WinkBravo pour ton courage .
Bravo pour avoir aussi le courage de nous raconter ton histoire. 


 Merci bcp

29/11/2014 à 15:57

Barbamama

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Valerie a dit : 

Bonjour,
J'ai connu l'enfer d'être avec un alcoolique et on pense que l'on sera assez fort pour deux, que l'on pourra les aider, mais personnes ne peu rien pour eux si ce n'est qu'eux et il faut vraiment le vouloir et commencer par reconnaître avoir un problème, être alcoolique, et la c rarement le cas !
Ils se détruise mais détruise toute la famille avec eux !
Tu a bien fait de partir, tu ne pouvait faire mieux pour toi et tes enfants !
Bon courage
Bisous

 Tu as entièrement, moi je voulais être forte pour nous quatre.... Me suis bien écroulée !!!! 
Merci bcp.

29/11/2014 à 22:09

nathnamour

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Membre depuis : 01/01/1970
bravo d'avoir eu le courage de partir avec tes petits .
bonne continuation .
30/11/2014 à 03:44

Coquintendre

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Bravo, tu es courageuses,

tu sais les alcolos faut les fuir, ils se détruisent et detruisent tout sur leur passage, on peut rien pour eux ...... Triste mais réel constat!

ton témoignage est d une importance capitale Pour faire sortir certaines personnes du déni de réalité , pour que ces personnes comprennent que ce n est surtout pas de leur faute et qu il est impossible de les soigner .

fuyer !

j' ai juste envie de Te serrer dans mes bras et de te faire un bisous amical.
30/11/2014 à 07:37

Barbamama

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Coquintendre a dit : 

Bravo, tu es courageuses,

tu sais les alcolos faut les fuir, ils se détruisent et detruisent tout sur leur passage, on peut rien pour eux ...... Triste mais réel constat!

ton témoignage est d une importance capitale Pour faire sortir certaines personnes du déni de réalité , pour que ces personnes comprennent que ce n est surtout pas de leur faute et qu il est impossible de les soigner .

fuyer !

j' ai juste envie de Te serrer dans mes bras et de te faire un bisous amical.

 Merci, merci bcp. Et merci pour ton étreinte. 

30/11/2014 à 07:39

Barbamama

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nathnamour a dit : 

bravo d'avoir eu le courage de partir avec tes petits .
bonne continuation .

 Merci Nathnamour. 

30/11/2014 à 15:23

gourmande67

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trop bien  d'avoir eu le courage d écrire le récit d une partie de ta vie

tu es vraiment courageuse d être partie avec les enfants

j ai moi même ma belle sœur qui est dans la même situation et qui gâche sa vie

malheureusement elle n ose pas partir ou par peur 
j arrive pas la la convaincre par moment lors qu elle  trouve des bouteilles elle est effondrée mais elle saute pas la" dernière marche" pour elle vivre ça me fais mal alors j essaye toujours de la soutenir.....
en tout cas encore merci  d avoir posté

a bientôt surement et  de tout cœur  MERCI  j espère que ton témoignage va faire réagir du monde


30/11/2014 à 20:36

Barbamama

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gourmande67 a dit : 

trop bien  d'avoir eu le courage d écrire le récit d une partie de ta vie

tu es vraiment courageuse d être partie avec les enfants

j ai moi même ma belle sœur qui est dans la même situation et qui gâche sa vie

malheureusement elle n ose pas partir ou par peur 
j arrive pas la la convaincre par moment lors qu elle  trouve des bouteilles elle est effondrée mais elle saute pas la" dernière marche" pour elle vivre ça me fais mal alors j essaye toujours de la soutenir.....
en tout cas encore merci  d avoir posté

a bientôt surement et  de tout cœur  MERCI  j espère que ton témoignage va faire réagir du monde


Merci infiniment Gourmande.

Je comprends très bien ta belle soeur... C'est très difficile de partir, on se trouve des tas de raisons qui ne sont pas les bonnes parce que nous sommes dans le déni.... De plus, les malades alcooliques sont de grands manipulateurs, tout cela vous amènent à la culpabilité... 
Comment j'ai pu partir ?
La phrase de ma fille à propos du dessin et du fait qu'elle s'était rendu compte que son papa buvait. J'en ai pas dormi des nuits entières. 
Et j'ai décompensé, mon esprit et mon corps ont lâché, j'ai fini aux urgences psy. Je croyais vraiment que je devenais barge. Et là, le psy me fait causer tout calme qu'il était derrière ses lunettes. Je lui raconte un peu et il ne me dit qu'une seule phrase :
"c'est votre mari qui boit et c'est vous qui êtes malade, ha ! ha ! ".
J'ai compris une chose, c'est que si on ne partait pas on allait crever.
Sans vouloir te dire ce que tu dois faire, je ne me permettrais pas, il est important que tu gardes le contact avec ta belle soeur, parce que les malades alcooliques finissent toujours par faire fuir les gens, les amis, la famille.
Il lui faut un électrochoc. Il faut qu'elle comprenne qu'elle est en danger. 
C'est extrêmement difficile et délicat.
Bon courage et j'espère aussi que mon témoignage sera utile. 

Amicalement. Bizzz

PS : A-t-elle des enfants ?



30/11/2014 à 20:38

Barbamama

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Barbamama a dit : 

Valerie a dit : 

Bonjour,
J'ai connu l'enfer d'être avec un alcoolique et on pense que l'on sera assez fort pour deux, que l'on pourra les aider, mais personnes ne peu rien pour eux si ce n'est qu'eux et il faut vraiment le vouloir et commencer par reconnaître avoir un problème, être alcoolique, et la c rarement le cas !
Ils se détruise mais détruise toute la famille avec eux !
Tu a bien fait de partir, tu ne pouvait faire mieux pour toi et tes enfants !
Bon courage
Bisous

 Tu as entièrement, moi je voulais être forte pour nous quatre.... Me suis bien écroulée !!!! 
Merci bcp.


Tu as entièrement RAISON....
J'oublie des mots... pfff

Bizzzz

30/11/2014 à 22:15

nicolas84rmc

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Je reviendrai sur ton sujet mais tu es courageuse dans ta démarche et dans ton histoire. A demain pour une plus longue remarque ^^
01/12/2014 à 09:21

maybeline

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Membre depuis : 01/01/1970
Il y a plus de 10 ans j'ai été dans la même situation que toi. Un mari alcoolique et qui ne voulait pas le reconnaitre. C'était devenu invivable surtout qu'il ne se cachait même pas devant les enfants (à l'époque 3 et 6 ans). J'ai demandé le divorce aprés 14 ans de mariage et pris un logement pour mes enfants et moi. Le plus dur c'est de sauter le pas mais aprés qu'elle soulagement :) Bises à toi et bon courage
01/12/2014 à 10:50

Barbamama

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maybeline a dit : 

Il y a plus de 10 ans j'ai été dans la même situation que toi. Un mari alcoolique et qui ne voulait pas le reconnaitre. C'était devenu invivable surtout qu'il ne se cachait même pas devant les enfants (à l'époque 3 et 6 ans). J'ai demandé le divorce aprés 14 ans de mariage et pris un logement pour mes enfants et moi. Le plus dur c'est de sauter le pas mais aprés qu'elle soulagement :) Bises à toi et bon courage

Bravo à toi Maybeline. Des témoignages comme les tiens me donne du courage.
Merci bcp 
Bizzz

01/12/2014 à 12:11

Ambre

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Membre depuis : 01/01/1970

Barbamama a dit : 

Bonjour,
J'ai vécu pendant 10 ans avec un homme. Un malade alcoolique.

Nous nous sommes rencontrés en 2003 (coup de canicule... lol). Nous nous sommes installés ensemble et au début il me proposait toujours un verre pour fêter telle ou telle occasion. J'acceptais dans un premier temps et après je déclinais mais cela ne le dérangeait pas de boire seul.

Cela a durée quelque temps. Quand je lui faisais des remarques sur sa consommation il se calmait. A ce moment je pensais qu'il maîtrisait donc pour moi, je n'avais pas de raison de m'inquiéter.

2 ans plus tard, nous avons décidé de faire un enfant (en même je ne suis plus toute jeune... lol). Je suis tombée enceinte assez rapidement. 
Août 2005, ma maman tombe gravement malade et l'issue est fatale. A l'annonce de sa maladie, je fais une fausse couche mais je n'ai pas trop le temps d'y penser. Je décide d'accompagner maman dans la maladie et jusqu'à sa mort. J'arrête de travailler. J'emmène maman aux chimios, faire les prises de sang, les scans, je fais la prépa des médocs, enfin tout. Je suis prise dans une tempête infernale. Maman décédée en mai 2006.

Pendant cette période, il est bien évident que je ne suis pas à la hauteur dans mon couple. Je suis très peu présente et quand je suis là, je suis dévastée.

Deux mois se passent depuis le décès et je suis de nouveau enceinte. La vie devait continuer. Ce sont des jumeaux. Je perds l'un deux. J'ai une grossesse très compliquée, un accouchement dans l'urgence par césarienne, tout cela pour avoir un beau bébé cyanosée qui se porte à merveille aujourd'hui. Laughing

Je rentre à la maison avec un magnifique trésor dans les bras. Je ne vois pas que le papa ne maîtrise plus sa consommation pourtant il fête tous les jours la naissance de notre enfant !!!

Je tombe de nouveau enceinte et là je me rends compte que quelque chose cloche avec le papa. Je farfouille un peu et je découvre quantités de bouteilles vides en tout genre dans le garage. Il n'y a plus de doute, il est malade, il est alcoolique, il est malade alcoolique.

Je lui demande des explications et il me dit que c'est de ma faute. Que je ne suis plus là pour lui, que je l'ai abandonné, qu'il subit. 

Sur le coup, j'en tombe des nues. Je le reconnais ensuite, effectivement je n'ai pas été présente. Mais moi aussi je subis. Je n'ai pas demandé que ma mère tombe malade. Je n'ai pas demandé de faire une fausse couche. Je n'ai rien demandé. Il y a des situations qu'on ne maîtrise pas parce qu'elles ne sont pas maîtrisable.

Je lui pose un ultimatum : la bouteille ou l'enfant que je porte. 

Il me dit qu'il va arrêter et bien sûr je le crois. (pfff)

J'accouche d'un beau petit gars. C'est l'apothéose pour le papa. Il est donc évident qu'il va l'arroser copieusement, très copieusement, trop copieusement. Il a un geste malheureux avec l'enfant. De peu je rattrape ce petit être tombé des bras de son papa trop ivre. 

Deux profonds sentiments vous viennent : la colère et la honte. C'est très puissant.

Et bizarrement, je reste avec lui me trouvant des excuses bidons du style moi aussi j'ai connu la séparation de mes parents et je ne veux pas faire subir la même choses à mes loulous... Je vais protéger mes enfants mais surtout ne pas les séparer de leur père..... patati patata.... Plus tard, en thérapie, je comprends que je suis dans le déni...

Un jour ma fille me dit : "Maman, j'ai fait deux dessins, un pour toi et un pour papa. Prends le tien, celui de papa je lui donnerai quand il arrêtera de boire".

Stupeur. Jamais au grand jamais, comme une conne que je suis, je ne me serais imaginé que les enfants auraient pu s'en rendre compte. Mais quelle conne. Je fulmine.

Ca été le déclic et j'ai tout compris (ou presque). Mes enfants qui ne faisaient pas les nuits (ils étaient dans l'insécurité), les fins de mois difficiles (le papa avait contracté 3 crédits à des taux exorbitant et m'avait mis co-signataire - je n'étais pas au courant) et j'en passe, enfin bref, j'ai ouvert les yeux et il était temps.

J'ai pris un appart avec mes loulous. Les enfants se sont tout de suite sentis mieux. Ils ont trouvé le sommeil. Ils ont quand même consulté un pédo-psy pour parler de tout cela. Ils voient leur père tous les samedis. 

Moi aussi, j'ai fait un travail sur moi pour comprendre comment on peut être anesthésier pendant 10 ans. je remonte la pente mais il va falloir beaucoup beaucoup mais vraiment beaucoup de temps pour accorder ma confiance à qui que ce soit..... faudrait que je retrouve la mienne...

En me relisant, je me rends compte que j'avais vraiment envie de "vomir" cette histoire, il y a encore de la culpabilité chez moi mais j'y travaille. Je me rends compte aussi que je devrais peut être publier ce post sur un forum concernant l'alcoolisme ou quelque chose qui s'y rapporte plutôt que sur un forum sexe-séparation... je ne sais pas... 

Pour conclure (je pense qu'il serait temps), ON S'EN SORT TOUJOURS, pas toujours sans égratignures... 

Les cicatrices ne sont-elles pas là pour nous éviter de refaire les mêmes erreurs ?

Mes loulous sont mon énergie et l'humour m'aide beaucoup.... 

Merci aux courageux qui m'auront lu entièrement, pour les autres, ce n'est pas grave.... Wink

Amicalement....... Smile





 Merci pour ce témoignage... Très fort, très beau.

01/12/2014 à 12:48

nicolas84rmc

Type : Homme
Messages : 1006
Membre depuis : 13/09/2012
Alors comme tout le monde, je te remercie pour le témoignage, sincère, complet, lucide. Enfin beaucoup de force émane de toi et je suis certain que tu vas rebondir. Au delà de cela tu es humaine. Et qui dans le feu de l'action, de la vie, du quotidien, a la lucidité pour tout arrêter pour juger en toute objectivité ? En plus en amour, avec les sentiments et puis il restait la figure paternelle.

Celle d'aujourd'hui ne peut juger celle d'hier, la femme que tu es aujourd'hui résulte seulement de la vie et des évènements, certains choisis, certains subis. Mais tu as su agir quand il le fallait, tu en mets quelques exemples et tu es présente pour tes enfants comme tu l'as été avec ta maman. Un grnd bravo à toi et une belle continuation à toi et tes bouts de choux :)
01/12/2014 à 15:16

Barbamama

Type :
Messages : 189
Membre depuis : 01/01/1970

Ambre a dit : 

Barbamama a dit : 

Bonjour,
J'ai vécu pendant 10 ans avec un homme. Un malade alcoolique.

Nous nous sommes rencontrés en 2003 (coup de canicule... lol). Nous nous sommes installés ensemble et au début il me proposait toujours un verre pour fêter telle ou telle occasion. J'acceptais dans un premier temps et après je déclinais mais cela ne le dérangeait pas de boire seul.

Cela a durée quelque temps. Quand je lui faisais des remarques sur sa consommation il se calmait. A ce moment je pensais qu'il maîtrisait donc pour moi, je n'avais pas de raison de m'inquiéter.

2 ans plus tard, nous avons décidé de faire un enfant (en même je ne suis plus toute jeune... lol). Je suis tombée enceinte assez rapidement. 
Août 2005, ma maman tombe gravement malade et l'issue est fatale. A l'annonce de sa maladie, je fais une fausse couche mais je n'ai pas trop le temps d'y penser. Je décide d'accompagner maman dans la maladie et jusqu'à sa mort. J'arrête de travailler. J'emmène maman aux chimios, faire les prises de sang, les scans, je fais la prépa des médocs, enfin tout. Je suis prise dans une tempête infernale. Maman décédée en mai 2006.

Pendant cette période, il est bien évident que je ne suis pas à la hauteur dans mon couple. Je suis très peu présente et quand je suis là, je suis dévastée.

Deux mois se passent depuis le décès et je suis de nouveau enceinte. La vie devait continuer. Ce sont des jumeaux. Je perds l'un deux. J'ai une grossesse très compliquée, un accouchement dans l'urgence par césarienne, tout cela pour avoir un beau bébé cyanosée qui se porte à merveille aujourd'hui. Laughing

Je rentre à la maison avec un magnifique trésor dans les bras. Je ne vois pas que le papa ne maîtrise plus sa consommation pourtant il fête tous les jours la naissance de notre enfant !!!

Je tombe de nouveau enceinte et là je me rends compte que quelque chose cloche avec le papa. Je farfouille un peu et je découvre quantités de bouteilles vides en tout genre dans le garage. Il n'y a plus de doute, il est malade, il est alcoolique, il est malade alcoolique.

Je lui demande des explications et il me dit que c'est de ma faute. Que je ne suis plus là pour lui, que je l'ai abandonné, qu'il subit. 

Sur le coup, j'en tombe des nues. Je le reconnais ensuite, effectivement je n'ai pas été présente. Mais moi aussi je subis. Je n'ai pas demandé que ma mère tombe malade. Je n'ai pas demandé de faire une fausse couche. Je n'ai rien demandé. Il y a des situations qu'on ne maîtrise pas parce qu'elles ne sont pas maîtrisable.

Je lui pose un ultimatum : la bouteille ou l'enfant que je porte. 

Il me dit qu'il va arrêter et bien sûr je le crois. (pfff)

J'accouche d'un beau petit gars. C'est l'apothéose pour le papa. Il est donc évident qu'il va l'arroser copieusement, très copieusement, trop copieusement. Il a un geste malheureux avec l'enfant. De peu je rattrape ce petit être tombé des bras de son papa trop ivre. 

Deux profonds sentiments vous viennent : la colère et la honte. C'est très puissant.

Et bizarrement, je reste avec lui me trouvant des excuses bidons du style moi aussi j'ai connu la séparation de mes parents et je ne veux pas faire subir la même choses à mes loulous... Je vais protéger mes enfants mais surtout ne pas les séparer de leur père..... patati patata.... Plus tard, en thérapie, je comprends que je suis dans le déni...

Un jour ma fille me dit : "Maman, j'ai fait deux dessins, un pour toi et un pour papa. Prends le tien, celui de papa je lui donnerai quand il arrêtera de boire".

Stupeur. Jamais au grand jamais, comme une conne que je suis, je ne me serais imaginé que les enfants auraient pu s'en rendre compte. Mais quelle conne. Je fulmine.

Ca été le déclic et j'ai tout compris (ou presque). Mes enfants qui ne faisaient pas les nuits (ils étaient dans l'insécurité), les fins de mois difficiles (le papa avait contracté 3 crédits à des taux exorbitant et m'avait mis co-signataire - je n'étais pas au courant) et j'en passe, enfin bref, j'ai ouvert les yeux et il était temps.

J'ai pris un appart avec mes loulous. Les enfants se sont tout de suite sentis mieux. Ils ont trouvé le sommeil. Ils ont quand même consulté un pédo-psy pour parler de tout cela. Ils voient leur père tous les samedis. 

Moi aussi, j'ai fait un travail sur moi pour comprendre comment on peut être anesthésier pendant 10 ans. je remonte la pente mais il va falloir beaucoup beaucoup mais vraiment beaucoup de temps pour accorder ma confiance à qui que ce soit..... faudrait que je retrouve la mienne...

En me relisant, je me rends compte que j'avais vraiment envie de "vomir" cette histoire, il y a encore de la culpabilité chez moi mais j'y travaille. Je me rends compte aussi que je devrais peut être publier ce post sur un forum concernant l'alcoolisme ou quelque chose qui s'y rapporte plutôt que sur un forum sexe-séparation... je ne sais pas... 

Pour conclure (je pense qu'il serait temps), ON S'EN SORT TOUJOURS, pas toujours sans égratignures... 

Les cicatrices ne sont-elles pas là pour nous éviter de refaire les mêmes erreurs ?

Mes loulous sont mon énergie et l'humour m'aide beaucoup.... 

Merci aux courageux qui m'auront lu entièrement, pour les autres, ce n'est pas grave.... Wink

Amicalement....... Smile





 Merci pour ce témoignage... Très fort, très beau.

Merci Ambre. Bizzz

01/12/2014 à 15:17

Barbamama

Type :
Messages : 189
Membre depuis : 01/01/1970

nicolas84rmc a dit : 

Alors comme tout le monde, je te remercie pour le témoignage, sincère, complet, lucide. Enfin beaucoup de force émane de toi et je suis certain que tu vas rebondir. Au delà de cela tu es humaine. Et qui dans le feu de l'action, de la vie, du quotidien, a la lucidité pour tout arrêter pour juger en toute objectivité ? En plus en amour, avec les sentiments et puis il restait la figure paternelle.

Celle d'aujourd'hui ne peut juger celle d'hier, la femme que tu es aujourd'hui résulte seulement de la vie et des évènements, certains choisis, certains subis. Mais tu as su agir quand il le fallait, tu en mets quelques exemples et tu es présente pour tes enfants comme tu l'as été avec ta maman. Un grnd bravo à toi et une belle continuation à toi et tes bouts de choux :)

Merci Nicolas. Bizzzzz

02/12/2014 à 02:15

Venom

Type : Homme
Messages : 718
Membre depuis : 16/09/2012

Coquintendre a dit : 

Bravo, tu es courageuses,

tu sais les alcolos faut les fuir, ils se détruisent et detruisent tout sur leur passage, on peut rien pour eux ...... Triste mais réel constat!

  On ne peut pas être plus lucide tu as tout dit.

J'ai déjà vu des choses terrible avec l'alcool, il y avait des alcooliques dans ma famille..

Des bagarres dans le couple pour un fond de bouteille, le gars qui devient fou parce qu'il veut finir un fond de bouteille et que sa femme ne veut pas, ou la femme qui n'arrive plus à monter les escaliers et s'endort dans son vomit..Quelle misère.. Undecided

ça me dégoûte au plus haut point Yell