Pourquoi la loi française interdit la polygamie ?

08/10/2012 à 19:02

nicolas84rmc

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C'est une question ouverte pour tout le monde. D’après vous, pourquoi la législation française interdit-elle la polygamie ? Est ce la religion, la morale ou l'ordre public ? Autre chose ?

08/10/2012 à 19:54

stephyduclos

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aloooooooors....
pfff...difficile, car lorsque je voudrais donner une réponse il y a mes jugements qui s'y mêlent.....

nnnnan...jsais pas .... je donne ma langue au chat !
09/10/2012 à 04:49

Ambre

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Question de religion je pense et de valeurs chrétiennes très présentes.

Pourquoi çà t'intéresse ? Cool

Moi je ne dis pas Non....
09/10/2012 à 07:00

majuli

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La législation définit les limites de notre société. Pour que nous puissions vivre ensemble dans un cadre, qui protège, rassure.
Alors pourquoi la polygamie (on peut élargir à polyandrie)?
Les femmes dans leur grande majorité savent qui est le géniteur de leur enfant.
Depuis la nuit des temps, les hommes ne peuvent avoir la certitude de leur paternité, un léger doute peut persister même en cas de ressemblance criante (les tests adn sont ultra récent à l'échelle de l'humanité!!!!)
Les hommes sont fait pour inséminer beaucoup de partenaires féminines, alors que les femmes ne peuvent avoir qu'une ovulation mensuelle....
Je pourrais digresser en ajoutant que la forme du gland est faite pour repousser vers l'arrière le sperme des autres prétendants, et mettre le sien plus loin.
Alors comment régir, comment mettre de l'ordre dans tout ce joyeux bordel???
ET ben en fixant des règles!! qui viennent d'où puisque certaines tribus et sociétés ne l'appliquent pas?
A mon sens, de la peur de la liberté de perdre SA ou SON partenaire, posséder pour mieux régner.

Certaines religions (judéo-chrétienne notamment) ont définit ce cadre rassurant pour organiser la vie en communauté.
Ce n'est que mon avis..
09/10/2012 à 09:39

nicolas84rmc

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Ambre a dit : 

Question de religion je pense et de valeurs chrétiennes très présentes.

Pourquoi çà t'intéresse ? Cool

Moi je ne dis pas Non....

 Ambre tu me ferai pas du pied là ? lol. Le sujet m'intéresse oui car d'où vient ce modèle de la monogamie que l'on doit suivre. D'où est venu cette loi ? Que la monogamie soit une règle, une norme soit mais pourquoi a t il fallu en faire une loi ? :) Pour la succession ? ^^

09/10/2012 à 09:41

nicolas84rmc

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majuli a dit : 

La législation définit les limites de notre société. Pour que nous puissions vivre ensemble dans un cadre, qui protège, rassure.
Alors pourquoi la polygamie (on peut élargir à polyandrie)?
Les femmes dans leur grande majorité savent qui est le géniteur de leur enfant.
Depuis la nuit des temps, les hommes ne peuvent avoir la certitude de leur paternité, un léger doute peut persister même en cas de ressemblance criante (les tests adn sont ultra récent à l'échelle de l'humanité!!!!)
Les hommes sont fait pour inséminer beaucoup de partenaires féminines, alors que les femmes ne peuvent avoir qu'une ovulation mensuelle....
Je pourrais digresser en ajoutant que la forme du gland est faite pour repousser vers l'arrière le sperme des autres prétendants, et mettre le sien plus loin.
Alors comment régir, comment mettre de l'ordre dans tout ce joyeux bordel???
ET ben en fixant des règles!! qui viennent d'où puisque certaines tribus et sociétés ne l'appliquent pas?
A mon sens, de la peur de la liberté de perdre SA ou SON partenaire, posséder pour mieux régner.

Certaines religions (judéo-chrétienne notamment) ont définit ce cadre rassurant pour organiser la vie en communauté.
Ce n'est que mon avis..

 Je suis en partie d'accord avec toi, c'est une question d'ordre et de sécurité en partie :) Par contre je crois que polyandrie est le fait pour une femme d'avoir plusieurs maris. Polygamie est le terme général au deux sexes.

09/10/2012 à 16:08

stephyduclos

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eh bien pour moi, 
tout est affaire de décision personnelle.(et base éducative)
tant que l'on ne fait de mal à personne et que l'on est d'accord avec son partenaire, 
la législation n'a rien à dire.
Il me semble que certaines lois sont faites pour "protéger" et d'autres pour "contrôler"

ce qui est certain, c'est que l'on ne saura jamais si les choses sont "libres" et non "obligées"
alors vu ce que les femmes ont pris dans les dents, et ce dans n'importe quelle civilisation depuis toujours, et de nos jours encore c'est délicat...

pour ce qui est de la logique naturelle, je suis Ok avec Juju, l'humain est polygame 
et nous avons du matos dans la tête pour faire des choix

En ce qui concerne certaines tribus, mon ancien doc m'a expliqué que certains inuit (il me semble)
offrait en cadeau sa femme le premier soir ou venait un invité...une sorte de cadeau de bienvenue....

non, il n'y a pas à dire, c'est passionnant mais difficile comme sujet.

09/10/2012 à 17:10

Venom

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nicolas84rmc a dit : 

C'est une question ouverte pour tout le monde. D’après vous, pourquoi la législation française interdit-elle la polygamie ? Est ce la religion, la morale ou l'ordre public ? Autre chose ?

 
On est déjà en surpopulation...

12/10/2012 à 15:53

EriChris

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nicolas84rmc a dit : 

C'est une question ouverte pour tout le monde. D’après vous, pourquoi la législation française interdit-elle la polygamie ? Est ce la religion, la morale ou l'ordre public ? Autre chose ?

 Intéressante question , un héritage culturel...
Cependant , pourquoi ne pas élargir la comparaison ?
En effet, la France n'est pas le seul pays ayant légiféré dans ce sens, non?

12/10/2012 à 16:04

nicolas84rmc

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Oui beaucoup d'autres pays. Quand cela est il apparu ? ^^
13/10/2012 à 09:49

EriChris

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nicolas84rmc a dit : 

Oui beaucoup d'autres pays. Quand cela est il apparu ? ^^

C'est la faute d'Adam et Eve , tout c'est précipité quand ils ont croqué la pomme!!! Sealed

13/10/2012 à 21:48

EriChris

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nicolas84rmc a dit : 

Oui beaucoup d'autres pays. Quand cela est il apparu ? ^^

 a mon sens la monogamie est apparu quand la religion monothéiste est apparue elle même ....
un seul dieu un seul partenaire ça allait de paire .....
façon de mieux cadrer les choses néanmoins cela n empêchait nullement les monarques et autres personnages influents d aller se "divertir" ailleurs ...... ( preuve en est les célèbres maîtresses des divers rois de France et d Angleterre hi hi hi !!! )
 voila mon avis en gros l histoire est faite de diverses périodes mais bien que certaines ont été plus que religieuse ..... on a a mon sens jamais cesser d aller courir a droite a gauche ..... Wink
Néanmoins je me verrais mal polygame .... il faut quand même avoir une sacrée sante mdr



20/12/2012 à 10:46

FLOREAL

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Nicolas demande : "d'où vient ce modèle de la monogamie que l'on doit suivre ?"


Je relance très modestement ce questionnement pertinent que, justement, activent et évoquent marginalement, mais explicitement, les discussions actuelles, multiples et enchevêtrées, suscitées par le projet du gouvernement d'ouvrir à tous les couples, y compris les couples de femmes et d'hommes, non seulement le mariage légal doté de toutes ses prérogatives, -- particulièrement, en matière de filiation et en matière patrimoniale, c'est-à-dire dans l’articulation verticale démographique des générations --, mais aussi un droit "horizontal entre adultes", droit radical et proclamé égal pour tous les couples, droit à l'engendrement (droit à l'enfant ?) , sous la forme de la PMA (procréation médicalement assistée), avec son corollaire automatique, si nous raisonnons sur la base d'une égalité inconditionnelle pour tous les couples, et a fortiori pour un couple d'hommes mariés, la légalisation à la Gestation Pour Autrui.

Que vient faire la question de la monogamie ou de la polygamie dans ce tumulte ?

Avant de proposer à Nicolas une réponse historienne rapide, mais explicite, j'attire votre attention sur le fait que le projet d'un mariage pour tous ne fait que corroborer et consolider l'accomplissement sexuel dans la conjugalité sexuelle monogame qu'institue le mariage. Ce sont des couples que la loi civile reconnaît par le mariage, pas des solos, ni des trios ou quatuor. J'y reviendrai.

 

Lors des auditions parlementaires sur le projet de "mariage pour tous", le député Xavier Breton, UMP, tacle sévèrement le représentant du groupement des associations LGBT (lesbiennes, gays, Bi et Trans) qui réclame l'ouverture du mariage aux couples homosexuels au nom du principe d'égalité absolue avancée comme indiscutable et inconditionnel.

Xavier Breton s'exprime ainsi :

" Je voudrais reprendre les termes que vous avez invoqués en nous disant : "il faut faire évoluer les conceptions traditionnelles de la famille". Vous dites "on fait famille", " on construit la famille, de manière inventive." Et puis, parallèlement, j'ai entendu aussi la pluri-parentalité, la pluri filiation, etc.

Ma question revient toujours, et je n'ai toujours pas obtenu de réponse : Est-ce que vous êtes pour que le mariage soit limité à deux personnes ? Ou est-ce que vous seriez d'accord pour qu'il puisse être ouvert à plus de deux personnes, à trois, etc ? Puisque ce serait une manière de faire famille que de se mettre à trois.

Et, si vous ne fondez pas le mariage sur l'altérité sexuelle, comment vous justifiez le nombre de deux ? Car, c'est très classique au fond, très ringard d'être à deux. Donc, c'est quoi votre justification du mariage à deux ? Ou est-ce que vous seriez favorable à ce que nous déposions des amendements qui permettent d'ouvrir le mariage à plus de deux personnes ? (...) Vous nous l'avez indiqué : "il ne faut pas se laisser imposer une norme sociale". Alors là, j'ai une question : est-ce que limiter le mariage à deux personnes, c'est une norme sociale ? Je n'ai toujours pas eu la réponse de fond qui consiste à dire : si on n'appuie  pas le mariage sur l'altérité sexuelle, un homme et une femme, qu'est-ce qui empêche de se marier à trois ?"

 

 

Sur cette question d'une légalisation de la polygamie, je vous invite à prendre connaissance de l'intervention pleine d'humour et d'efficacité du philosophe Lionel Labosse (militant bi-sexuel) qui souhaite l'institution d'un contrat universel, qu'il argumente ainsi :

 

À une époque où le pacs a dépassé le mariage en nombre de contrats signés par an, où il y a un divorce pour deux mariages, et où le nombre d’enfants nés hors mariage a passé la barre des 50 % ?
Au lieu de nous enfermer dans le piège d’un mariage dont les hétéros mêmes ne veulent plus, pourquoi ne pas opter pour un Contrat universel ? Un tel contrat profiterait à tous ceux, hétéros ou homos, immigrés ou nationaux, jeunes ou vieux, mono ou bisexuels, qui se sentent à l’étroit dans le couple.
Ainsi, au-delà du « mariage gay », le Contrat universel propose un nouveau type d’union englobant le couple, le trouple, ou plus si affinités. De plus, il réaffirme les principes de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

Un contrat universel rendrait possibles des unions dans lesquelles chacun des contractants serait à égalité avec chacun des autres. Le "trouple" ou "ménage à trois" serait l'une des possibilités ; un tel contrat serait une alternative au divorce et une solution à de nombreux drames. Les militants homosexuels, qui se prétendent "LGBT" (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres), réclament au nom de l'égalité une institution matrimoniale excluant de fait les bisexuels, ou du moins les obligeant à renoncer, pour un contrat censé être "pour la vie", à l'une des deux inclinations de leur sexualité, donc  cesser d'être bi pour devenir soit homo, soit hétéro, à moins d'être infidèle, mais alors pourquoi se marier ?

Mariage ou pacs, le total des couples constitués est en augmentation. Les ennemis que furent naguère les prêtres de toutes religions et les militants homosexuels s'accordent dans l'apologie de la fidélité, assortie d'une prophylaxie maximale en matière sexuelle, VIH oblige. Dans le même ordre d'idée, le maintien des prostitué(e)s dans la précarité s'accommode bien de la promotion du "mariage gay". De plus en plus marginalisés, les célibataires, hétéros ou homos, sont d'autant plus matraqués par le fisc, qu'il faut  compenser les droits coûteux octroyés à de plus en plus de couples.

Toutes les sexualités alternatives (homos, hétéros, bisexuelles…) considèrent la sexualité indépendamment du couple et de la fonction reproductrice. Pourquoi réduire les « marges» et exclure les « tri » ou « poly » amours,… ou le célibat…, et enfermer - grâce au mariage ou au pacs garants de la respectabilité bourgeoise ou patriarcale - dans une nouvelle orthodoxie ou ortho-sexualité

Le mariage monogame est donc "biphobe", et ceux qui le réclament, et ne réclament que cela, le sont aussi, en dépit de leurs tours de passe-passe rhétoriques. Un contrat universel à trois ou quatre constituerait un cadre idéal pour ce qu'on appelle l'"homoparentalité".

 

Cela étant dit, sur lequel je laisse les uns et les autres apprécier et méditer, je veux apporter une esquisse de réponse à Nicolas sur la question qu'il pose concernant l'origine du mariage occidental monogame hétérosexué.

Cette forme légale de mariage du couple hétérosexué, monogame, fidèle à vie, s'institue lors du passage de la République romaine à l'Empire. Il me faudrait beaucoup de précautions et introduire une grande quantité de facteurs qui s'ajustent pour donner cette mutation. Je veux faire bref.

À Rome, homosexualité ou hétérosexualité n'ont aucun sens, ni aucune existence.

La distinction est entre la sexualité active et la sexualité passive.

Sont seuls actifs les citoyens mâles, qui fourrent, baisent, pénétrèrent tout ce qu'il est possible de pénétrer (culs, cons, bouches). Ce qui est pénétré (hommes, femmes, enfants, esclaves des deux sexes) est de sexualité passive. Bref, pas d'homosexualité ni d'hétérosexualité. Jules César était explicitement nommé par ses contemporains, l'homme de toutes les femmes et la femme de tous les hommes.

L'insulte entre citoyens romains consiste à laisser entendre que l'adversaire injurié est de sexualité passive. Le premier degré d'insulte consistait à affirmer que son ennemi est un "pédiqué", c'est à dire un enculé.

Le degré supérieur dans l'infamie et l'insulte, pour un citoyen dont toute la puissance réside dans son droit à s'exprimer et à parler en public, consiste à le menacer de le baiser en bouche, l'irrumer, pour le faire taire.

Le degré ultime de l'infamie consiste à être traité de cunnilingue ou suceur de femme !

Il existe donc légalement des citoyens romains, recensés, titulaires de tous les droits politiques de citoyennetés, et les autres. Les autres sont la masse des esclaves (des deux sexes) les affranchis, les pérégrins, et cetera.

La loi romaine connaît le mariage des citoyens et protège la citoyenne mariée, ainsi que les enfants, (mâles ou femelle) du citoyen.
Le citoyen peut réaliser sa descendance par engendrement ou par adoption. Il peut adopter un adulte de plein droit. C'est d'ailleurs ce que fait Jules César qui adopte Octave, qui deviendra Auguste, premier empereur, après avoir participé aux différentes étapes de la guerre civile et baisé Cléopâtre comme les autres -- César, Antoine, Pompée dit-on, mais ce n'est pas assuré...).

Prenant le pouvoir impérial et changeant totalement le régime politique de Rome, Octave-Auguste veut affermir la classe supérieure, sénateurs et chevaliers, qui cesse d'être la classe oligarchique dirigeante de la république, pour devenir une classe de fonctionnaires bureaucratisée au service de l'empereur. Auguste prend donc des lois qui imposent le mariage monogame à toute la classe dirigeante et imposent que ce mariage strictement monogame se conclût par la naissance de plusieurs enfants.

Auguste ajuste en l'occurrence ses lois à une mise en oeuvre de la morale stoïcienne largement diffusée dans la classe supérieure qui prescrit à cette haute classe de fonctionnaires impériaux d'accomplir avant toute chose ses offices, ou devoirs. Le mariage monogame devient une ascèse, où les conjoints ne s'accouplent que pour la reproduction, ainsi que la loi l'exige dorénavant.

Lorsqu’aux 4 et 5 èmes siècle, le christianisme devient la religion unique de l'empire (Cf, les décrets de Théodose de 390 et sq.), les évêques chrétiens ne feront que trouver déjà diffusés et légalement institués le mariage monogame, par fidélité à vie, avec comme seule fonction la reproduction.

Au XI et XII émes siècle de l'occident latin, l'Église romaine, dans la suite dynamique de la révolution papale grégorienne, prenant en charge la vie quotidienne et l'administration morale de toutes les conduites des fidèles, ne fera que confirmer la monogamie maritale ascétique et reproductive.

On doit à Burchard de Worms en 1020 un recueil de droit canon en 20 volumes qui sera diffusé dans toute la chrétienté, recueil qui recense et analyse dans le détail du détail et punit tous les comportements sexuels possibles ou imaginables. Ainsi, si ma mémoire est bonne, une femme qui fait l'amour en chevauchant son époux sera punie d'un mois d'exclusion de la communauté chrétienne, au pain sec et à l'au. Une femme qui suce son homme et avale le sperme, un an de pénitence, au pain sec et à l'eau, et cetera...

Je n'en rajoute pas.

Evidemment, l'institution occidentale du mariage comporte une liste de non-épousables.

Aussi, la dénomination gouvernementale du "mariage pour tous" est à ce titre une imbécillité. La loi interdit toujours que le père épouse sa fille, la mère son fils, le frère sa soeur, et cetera.

Et les groupements LGBT qui demandent l'ouverture du mariage aux couples de même sexe n'envisagent pas la légalisation des mariages d'unions qui ne soient pas strictement des couples, mais par exemple des triades ou quatuors... Cf, ce qui précède.

 

 Bon, je fais une pause... attendant de voir si les  questions de société ainsi évoquées suscitent intérêt, passion ou dédain dans notre petite communauté de Chez Brigitte...

Qui veut la polygamie parmi nous ?
Qui veut que notre vie sexuelle s'accomplisse dans le seul couple monogame ?
Quid des bi-sexuels ?
Quid des célibataires délibérés ? Ou des solos séparés ?
Quid des continents délibérés ?
Le mariage n'est-il pas une utopie ?

Amitiés à tous

FLOREAL Cool

20/12/2012 à 18:03

Venom

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FLOREAL a dit : 

 Dans le même ordre d'idée, le maintien des prostitué(e)s dans la précarité s'accommode bien de la promotion du "mariage gay". 

FLOREAL Cool

 
Bonjour, je n'ai pas compris du tout pourquoi, qu'est ce qu'il veut dire ?
Pourriez vous peut être apporter quelques explications supplémentaires ? 

Merci.Cool

 

20/12/2012 à 21:00

Ambre

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FLOREAL a dit : 


Le mariage n'est-il pas une utopie ?

 J'ai tout lu. J'ai appris des choses et adoré et je partage tes questionnements, particulièrement cette dernière phrase interro-négative d'ailleurs qui suppose ta réponse suivante : SI (ayé je sais ce que pense Floréal du mariage, lalalala !)

Pour ma part, je mets un bémol. Ce n'est pas le mariage qui est utopique. C'est bien la croyance que ce dernier sera "ad vitam eternam"...

20/12/2012 à 21:15

FLOREAL

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Bonsoir Venom

Dans un petit ouvrage, que j'ai lu, Lionel Labosse, qui se présente comme célibataire et militant  bi-sexuel, d'une part  avance un certain nombre de critiques et reproches qu'il fait à ses amis et amies gays et lesbiennes qui se sont, selon lui, rassemblés en lobby revendiquant de façon très correcte et civilisée le mariage homo et rien que cela ; et d'autre part il propose que le législateur crée la possibilité légale de contracter civilement des unions plurielles. Je l'ai évoqué...

C'est dans le flot des reproches qu'il distribue à l'intention du lobby des homos masculins et féminins qui militent univoquement pour le mariage gay, que Labosse énumère une certain nombre de situations propres aux homosexuels qui lui semblent déniés, pas pris en compte et absolument pas défendues par les homos partisans du mariage gay.
Entre autres choses, il pointe le refus des homos revendiquant le mariage de prendre en considération la situation spéciale de bi-sexuels, celle des célibataires, d’empêcher pour une stricte raison de "politiquement incorrect" la revendication de sécurisation des lieux de drague et de baise sauvages, voire simplement de signaler la situation sans sécurité des prostitués.

Ainsi, dans le flux de ses constats et reproches, Labosse signale le dédain, toujours afin de passer pour politiquement corrects, que le lobby LGBT officiel manifeste à l'égard des prostitués des deux sexes. Dédain qu'il désapprouve vigoureusement.

D'où sa remarque : "Dans le même ordre d'idée, le maintien des prostitué(e)s dans la précarité s'accommode bien de la promotion du "mariage gay". 

Amicalement

FLOREAL Cool
20/12/2012 à 21:55

FLOREAL

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Ambre a dit : Pour ma part, je mets un bémol. Ce n'est pas le mariage qui est utopique. C'est bien la croyance que ce dernier sera "ad vitam eternam".

Bonsoir Ambre

Mon humble avis sur le mariage est de peu d'importance. C'est un fait que j'ai toujours refusé de me marier, préférant les unions libres. De même que j'ai toujours refusé d'engendrer. Je l'ai déjà signalé à ceux qui ont la grâce de me lire.
Les faits, eux, importent.

Quels sont les faits en France ?
Aujourd'hui on compte autant de mariages que de PACS. Les unions de couples en PACS augmentent continuellement, alors que la quantité de mariages décline. Les courbes aujourd'hui se croisent.
Par ailleurs, 95 % des couples unis en PACS sont hétéroséxués. Il s'en déduit que 5 % seulement des PACS sont des unions de personnes de même sexe.
Le rupture du mariage exige la procédure de divorce. La moitié des mariages vont au divorce. Souvent, avant la sixième année de vie commune... Les gens pacsés ne veulent pas, surtout pas, du mariage. La rupture en PACS se satisfait d'une simple lettre recommandée du partenaire qui déclare rompre l'union.

Resterait à considérer dans ces unions libres, pacsées ou mariées, la situation des enfants qui y naissent ; mais aussi la situation des femmes qui sont également mères, la situation des hommes devenus géniteurs et pères.

Dans un autre lieu, j'ai avancé l'idée, désagréable pour moi, que cette évolution de la loi, loin de favoriser une prétendue égalisation des conditions, renforcera sans le vouloir le sort des femmes qui sont et vivent seules avec leurs enfants, et qui seront de plus en plus seules, avec leurs enfants... Effacement des pères.

Le mariage en tant que tel n'est pour rien dans ce processus des moeurs. Encore moins la polygamie (polyandrie ou polyginie ), notre sujet de discussion, qui n'est pas encore ni une situation légale ni une situation commune.
Est en cause ce fait anthropologique constitutif de l’humanité : les femmes seules possèdent la puissance génitrice. Et depuis des centaines de milliers d'années et sous de multiples façons et formes inventées par les civilisations, il s'est agi d'organiser la captation, l'exploitation, et le contrôle absolu de cette puissance génitrice féminine.
Depuis 50 ans, les femmes, mondialement  contrôlent elles-mêmes leur fécondité. Soit légalement. Soit dans un rapport de forces perpétuel et terrible dans lequel elles s'affrontent à des ouragans. 
Simplement, la durée des unions aujourd'hui est devenue très courte. Alors que l'hominisation, l'éducation, la socialisation des enfants jusqu'à leur statut d'adultes, est de longue durée, et prend la plus grande part d'une vie de femme..

A suivre...

Floréal Cool

21/12/2012 à 10:06

nicolas84rmc

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J'ai lu ta première intervention FLOREAL sur la manière et les raisons qui ont poussé le mariage monogame à s'imposer. Je te remercie pour toutes ces précisions et cette culture qui transpire dans tous les mots et jusqu'à la ponctuation :)

J'ai peu de temps mais je lirai la suite !
21/12/2012 à 16:03

Venom

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Merci Floréal pour ces compléments d'informations, je n'avais pas compris au début.
Effectivement le "politiquement correct" qui nous fige et nous empêche d'avancer sur bien des sujets, c'est bien triste...

merci.Wink

22/12/2012 à 10:07

FLOREAL

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Ambre a dit : Ce n'est pas le mariage qui est utopique. C'est bien la croyance que ce dernier sera "ad vitam æternam".


"Je veux que la République donne le droit à tous ceux qui s'aiment de se marier et d'adopter."

déclare Harlem Désir.

 

 


Je reviens rapidement sur ce point de notre discussion qui réclame, me semble-t-il, d'être éclairci.


Faut-il naïvement avaliser cette fausse coïncidence qui infère mécaniquement de l'amour au mariage ? Du couple monogame au mariage à vie, monogame ?




J'ai toujours distingué et j'ai toujours proposé que nous distinguions ce qu'est le couple et ce qu'est le ménage.

Le ménage est une réalité sociale.
C'est une réalité démographique, à dimension transgénérationnelle en tant que famille.
C'est encore une réalité économique, centre de revenus et de consommation, mais aussi foyer fiscal pour l'État et les collectivités territoriales.
Et, nous l'oublions, puisque notre pays a professionnalisé son système de défense et que nous ne sommes plus en guerre majeure, le ménage est le lieu ultime de la mobilisation des citoyens-soldats, et cela depuis des siècles.

En posant ainsi le ménage dans sa dimension proprement sociale, nous désignons et nous insistons sur les relations et les obligations que la société conjugale contracte à l'égard de tous les tiers de la vie civile et sociale. C'est le ménage et ses obligations qui explosent au moment de la séparation des membres de la société conjugale.

Sans doute, le couple est le coeur actif du ménage, quand il y a ménage.

Nous pouvons vivre en couple, strictement à deux, sans constituer un ménage ; c'est-à-dire sans avoir ni l'intention ni l'obligation de souscrire et soutenir des obligations envers les autres.
Et, la plupart du temps, quand nous parlons du couple, c'est cette image très romantique et très romancée d'une vie à deux, strictement à deux, formant une bulle bien close pour deux, que seul l'amour, l'éros unit et maintient, que nous imaginons et évoquons.

Le mariage (dans son état actuel, mais bimillénaire) est une institution qui articule et enserre le couple dans la vie sociale et le système des générations, c'est-à-dire dans des déterminations de très longues durées qui dépassent le simple moment de nos existences personnelles.

Se marier manifeste la décision du couple, et donc de chacun de ses membres, d'inscrire sa propre durée de vie dans les temporalités multiples de la vie sociale.

Nous le savons aujourd'hui où nous pensons que seul l'amour unit les membres du couple : se marier est un pari sur l'avenir et sur la longue durée, pari que nous faisons affirmant que l'amour et les satisfactions qu'il apporte durera indéfiniment.

 

Pari ET projet à la fois.

 

Et voilà le lieu de la discorde.

 

Pari et projet unitaire initial du mariage, d'instituer le couple dans la vie collective et les mouvements des générations.

 

Mais quand le projet unitaire se disjoint et que le couple se désaccouple en projets disjoints...

 

La vie alors sépare ceux qui s'aiment, chante le poète, tout doucement, sans faire de bruit -- ou bien avec pertes et fracas -- et le vent efface sur le sable les pas des amants désunis...

 

 

 

Dans un de ses très sages billets d'humeur, pour l'heure dédié au couple, Brigitte s'avise ainsi :

 

"Il me semble que nous n’avons encore rien trouvé de mieux que la vie à deux. L’être humain n’est pas fait pour vivre seul, encore moins pour élever seul des enfants. (...) Où est l’amour ? Le vrai, celui qui nous permet de nous ouvrir à l’autre, de nous ouvrir au monde ? "

 

 

Le vrai, est-il celui qui dure et se maintient dans sa satisfaction ?

La satisfaction étant alors la seule clause de sa prorogation ?

 

Si tel est le cas et si telle est la clause, on notera immédiatement le paradoxe ou l'invraisemblance du pari et du projet : la satisfaction est strictement égoïste, autoréférentielle ; elle est à elle-même et à elle seule son propre critère.

Le couple amoureux est cette société u-topique et a-topique qui combine deux égoïsmes existentiels exacerbés et irascibles.

 

À suivre

Floréal Cool