Doit-on séparer jouissance clitoridienne et vagina

Publié le 10/10/2016 à 22:06

Chaque semaine, nous vous proposons un dossier sur l'amour, le couple ou la sexualité commenté par certains de nos experts... Et Brigitte, bien entendu ! 

On se croit plus "clitoridienne" tandis que notre grande copine sera plutôt "vaginale". "Et si moi je n'ai jamais d'orgasmes vaginaux, ça veut dire que je suis frigide ?" Des tas de doutes surviennent et là, quand la raison prend le pas, il ne fait aucun doute que c'est un frein à la jouissance... 

Alors pour remettre les pendules à l'heure, des médecins et thérapeutes, que vous commencez à bien connaître, vous expliquent comment nous sommes faites ! 

Messieurs, ça vous concerne aussi. À ce sujet, Brigitte a deux, trois choses à mettre au point avec vous...

François Parpaix

Médecin sexologue et thérapeute de couple 

La médecine sexuelle réfute la distinction entre jouissance vaginale et clitoridienne, s’agissant d’une seule et unique unité anatomo-physiologique. Imaginez un tripode (le clitoris) entre les branches duquel un étui soyeux (le vagin) se glisse. Au cours de la montée de l’excitation sexuelle, l’un et l’autre gonflent et ne font plus qu’un : copain comme cochon ils sont, mais en apparence seulement, s’ignorant souvent comme deux voisins de palier qui se saluent mais ne s’invitent jamais. D’où cette distorsion perceptive faisant que les femmes identifient l’un et/ou l’autre. N’empêche, en consultation, elles font la distinction et c’est bien pratique pour aborder les troubles de la jouissance féminine. 

Classiquement :

. Le clitoris est facile d’accès, aisément et spontanément stimulable : il suffit de le frotter. Le résultat est (quasi) garanti et on prend feu, même s’il varie selon les sujets, le contexte, l’âge, le moment du cycle, l’heure, la météo, la fatigue, la disponibilité, le programme du lendemain ou de l’heure qui suit, etc. En jeu, des récepteurs superficiels sous-cutanés sensibles à des frottements, de légers à moyens ; seule ou à deux, la femme sait très bien comment parvenir à la jouissance. L’orgasme dit « clitoridien » serait plus fugace, superficiel et localisé…

. Le vagin réclame plus d’expérience pour se l’approprier avant d’en faire un instrument de plaisir à sa « main », sauf pour quelques douées qui ont trouvé toutes seules, comme certaines jouent de la musique à l’oreille. En jeu, des récepteurs musculaires péri-orificiels sensibles à l’étirement, au serrement et à la pression. L’orgasme dit « vaginal » serait plus long, plus profond et diffus. 

Au cours de leur développement sexuel (une vie ne suffit parfois pas) la plupart des femmes s’approprient les deux. À part, celles qui ne parviennent à jouir que par le biais de stimulations sur le mode du courant continu (vibreur ou jet de douche) pouvant pour certaines les rendre insensibles aux plus talentueux baisers, caresses, cunnilingus… Idem pour celles qui jouissent en serrant et en écrasant fort leur sexe et leurs fesses sur fond de charge massive du partenaire pour atteindre le feu d’artifice final.

Celles-là s’enferment dans un mode d’excitation sexuel parfois limitatif ; pour jouir, elles recourront à « encore plus gros, toujours plus fort » quand la finesse d’un jeu de serrer-desserrer et aspirer le pénis avec les muscles de son vagin les mènerait au 7ème ciel ! 

En matière d’orgasme, la majorité des femmes sont à prédominance « clitoridienne ». Mais pour peu qu’elles souhaitent élargir leur champ d’expériences sensorielles orgasmiques, il peut être utile d’apprendre une ou deux choses sur l’art de jouer avec les muscles de son périnée. La rééducation du périnée en post-partum devrait être une excellente occasion pour en poser les bases. La jouissance au féminin n’est pas que de la mécanique sexuelle. Elle est aussi affectivo-sentimentale dépendante, autant que tributaire d’une capacité à savoir moduler en conscience la montée de son excitation sexuelle jusqu’à l’abandon et au lâcher-prise final… sans oublier le talent du ou de la partenaire. Reste à entendre pour l’homme que leur partenaire peut se sentir bien tout du long d’une relation sexuelle sans avoir forcément joui.

 Laurent Karila

Médecin spécialisé en psychiatrie et addictologie

La scission sémantique de la jouissance d’origine clitoridienne ou vaginale fait débat depuis de nombreuses années. La jouissance féminine est complexe et moins mécanique que chez l’homme, même s'il y a une grande part mécanique aussi ! Des facteurs émotionnels, la confiance en son/sa partenaire, la confiance en son corps indépendamment du physique parfait, l’estime de soi, le savoir lâcher prise, le moment, le lieu, le partenaire, l’envie, des paroles érotiques, des sextos sont d’autant d’éléments qui participent à cette quête du plaisir quelle que soit la position et la topographie anatomiques. Lors de chaque orgasme, le périnée et le vagin entrent dans une série de contractions rapides, espacés en moyenne de 0,9 secondes. Le vagin se resserre dans son premier tiers et l’utérus fait des aller-retours. Le clitoris devient hypersensible (inutile d’essayer de le stimuler à nouveau).

Il existe différents type de jouissance : clitoridienne, vaginale, clitoridienne et vaginale, unique, multiple. Il est vrai que l’orgasme clitoridien est le plus fréquent par la masturbation ou le cunnilingus. Lors d’un « masturbaton », créé en 1995, à l’initiative de militantes lesbiennes (Good Vibrations), le 31 mai 2008, dans la banlieue de Copenhague, 3 femmes avaient eu respectivement 132, 193 et 222 orgasmes ! Niveau endurance, une femme s’était fait jouir, sans interruption, pendant 304 minutes. Le clitoris est l’un des starters du plaisir féminin (il y a aussi la vulve, les tétons, le point G, l’anus) et le vagin son effecteur principal.

Je pense qu’il s’agit d’une idée reçue de penser que la population féminine se répartisse en deux groupes : les clitoridiennes et les vaginales. Elles ne font qu’un avec une prévalence plus importante de l’un sur l’autre selon les femmes et selon un certain nombre de conditions émotionnelles et environnementales. La science l’a exploré, notamment avec l’imagerie médicale où il a été montré que l’érection clitoridienne participait à l’orgasme vaginal chez un groupe de femmes volontaires, en bonne santé, âgées de 38 à 48 ans. Moins de 50% des femmes ayant un orgasme clitoridien atteignent également l'orgasme par stimulation vaginale, orgasme plus diffus. L’inter et l’intra-variabilité féminine sont à prendre en considération. Il ne paraît plus possible d’envisager aujourd’hui une dissociation des deux jouissances.

Bruno Martin 

Sexothérapeute 

L’orgasme féminin se présente de manière plus complexe que son homologue masculin. Il y aurait l’orgasme clitoridien semblant être une habileté commune à 80% des femmes et l’orgasme vaginal consécutif à une pénétration que seulement 20% des femmes atteindrait. Alors existe-t-il une physiologie féminine à 2 vitesses ?

Apparemment, il est temps de cesser de focaliser sur cette dichotomie culpabilisante « clitoridienne/vaginale ». Bien qu’il existe 2 zones sensibles chez l’homme on ne lui demande jamais s’il est « pénisien » ou « prostatique ». Il a été nécessaire qu’une urologue australienne, le Dr O’CONNELL, s’intéresse vraiment au clitoris en 1998 pour découvrir qu’il n’avait pas une forme de bouton mais plutôt de fer à cheval. Et, oh stupeur, il était environ une dizaine de fois plus grand qu’on ne l’imaginait.

On a surtout découvert qu’une partie interne du clitoris enserrait le vagin comme les deux jambes d’un cavalier entourent le cheval. D’où la sensation de l’orgasme dit vaginal enrichit parfois par les frottement et pressions sur la zone G.

Les femmes n’avaient plus à se catégoriser en clitoridienne ou vaginale. Elles étaient juste plus ou moins entraînées à la sensibilité intérieure de leur anatomie qu’elle pouvait acquérir tout au long de leur vie. Alléluia ! Leur orgasme est tout simplement « féminin ».

L'avis de Brigitte

Voilà bien encore une idée d’hommes ! C’est d’ailleurs bien plus souvent des sexologues hommes qui m’ont expliqué qu’il y avait une différence fondamentale entre un orgasme clitoridien et un vaginal. Je me souviens même de celui qui appelait orgasme seulement lorsque le plaisir abouti venait du vagin et qu’il ne s’agissait que de jouissance lorsqu’il était obtenu par stimulation clitoridienne. Était-il macho ? J’en ai bien peur, en tout cas il était nuisible et je ne l’ai jamais plus invité à mon émission.

En tant que femme, compte tenu de ma propre expérience mais surtout de toutes les confidences que j’ai entendues de la part de mes consœurs, le plaisir féminin est complexe. Quant à l’orgasme, il peut même s’obtenir par stimulation des mamelons. Ce qui compte, c’est bien d’y parvenir et toutes ces théories risquent fort de compliquer les choses au lieu d’aider les femmes à laisser leur corps vibrer.

Si en effet il est utile d’aider une femme à comprendre comment elle fonctionne et de la guider afin qu’elle lâche prise, tout conseil trop général perturbe les femmes. La norme en matière de sexualité est souvent nuisible à l’équilibre individuel. Dans ce cas précis, séparer jouissance clitoridienne et vaginale pousse les femmes à chercher le bon orgasme et donc, les font entrer dans la performance. Aujourd’hui, il n’est pas rare que certaines d’entre elles aillent consulter pensant justement ne pas avoir d’orgasme alors qu’elles connaissent une jouissance d’une certaine manière. 

Alors mesdames, prenez le plaisir comme vous voulez et messieurs donnez-leur également comme vous pouvez.

Si toutefois, vous ne vous sentez pas épanouie dans votre sexualité, vous pouvez demander à l'un de nos thérapeutes de vous orienter au mieux vers une méthode qui vous convienne... Et pour échanger entre internautes, direction le forum

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Le 30/05/2015 à 01:17

Réponse de late635

Bonsoir

J'aime le cunni, et souvent dans la nuit, je la caresse,avec mon majeur: tout doucement, de petits va-et-viens, en mouillant régulièrement mon doigt. Petit à petit elle s'ouvre, alors je trouve son clito, c'est très agrèable et ça m'exite énormément.

bises

laté635
Le 28/05/2015 à 07:46

Réponse de romg78005

Je privilégie toujours la stimulation des deux zones en même temps, au moins comme ça je suis quasi sûr que ma partenaire y trouve son compte. Rien de tel qu'un bon cuni avec 1 ou 2 doigts dans le vagin. :)