Hystérectomie et sexualité

Publié le 10/10/2016 à 22:04
Question d'internaute Bonjour,
J'ai besoin de réponses... J'ai 42 ans et ma gynéco m'a proposé un curetage pour désépaissir mon endomètre trop épais et fibromateux... J'ai fait une fausse-couche à 7 semaines après une grossesse accidentelle début janvier et depuis je saigne en continu. Elle ne m'a pas caché qu'on pourrait aller jusqu'à l'hystérectomie. J'ai déjà deux beaux enfants et je ne suis plus en demande de maternité.

Ma question : après 4 mois de saignements, comment pourrais-je concilier ce curetage avec ma vie sexuelle ? Y a t'il des femmes non ménopausées ayant subi une hystérectomie qui pourraient témoigner et me rassurer sur cette ménopause chirurgicale et ses suites ? Je suis inquiète car j'ai des symptômes pénibles depuis 2 ans comme les fuites urinaires mixtes, baisse de désir, manque de réactivité sexuelle et par conséquent : moral en berne... Bref, j'ai l'impression d'avoir 70 ans à 42.

Je suis suivie pour cyclothymie depuis 5 ans et je suis sous lithium et AD depuis un an. Il y a 5 ans, j'ai demandé mon licenciement conventionnel dans une boîte où j'ai subi du harcèlement sexuel façon gang-bang. Je suis partie honteuse, calomniée et malade. C'est là que j'ai été diagnostiquée cyclothymique. Mais pour moi, au bout 4 ans à ce régime, c'était un choc post-traumatique.

Avec mon mari, nous avons fait beaucoup d'efforts l'un envers l'autre pour redémarrer notre vie de couple. Mais il est vrai que mon excitation a perdu de son inconscience et de son naturel. J'évite de trop penser quand je fais l'amour, car l'orgasme est devenu un graal que je n'atteins plus. Je vis avec mon homme depuis 23 ans. C'est un amant hors pair et le père de mes enfants.

Ma psychothérapie m'a fait comprendre que j'avais été une enfant abusée... La totale ! Mais le chemin se fait et mon corps se rebelle. Comment faire pour lâcher prise du passer, être au présent et profiter pleinement ?
Mabiche

La réponse de François PARPAIX
Bonjour,
Si je résume votre courrier :

Les problèmes :

1er problème : une possible ablation de mon utérus fibromateux qui me vaut des saignements chroniques (malgré un curetage et différents traitements) et d’être tombée enceinte (ayant dû arrêter ma contraception) suivi d’une fausse couche. Outre le risque d’anémie chronique, je risque une hémorragie et je crains pour ma sexualité.

2ème problème : une baisse de ma libido et une perte d’orgasmes depuis 2 ans quand jusque là, j’avais du plaisir à faire l’amour et y trouvais un équilibre certain.

3ème problème : un contexte de burn‐out sur harcèlement sexuel au travail.

Votre demande :

1/ L’hystérectomie aura‐t‐elle des conséquences sur ma sexualité ?
2/ Comment récupérer ma libido ?
3/ Comment apprendre à lâcher prise ?
Enjeu :
sans doute la peur de perdre votre partenaire de vie avec lequel vous semblez en harmonie.
Les causalités évoquées selon vos hypothèses :

1/ Concernant vos saignements : un utérus fibromateux résistant aux traitements classiques.
2/ Concernant votre baisse de la libido : bipolarité-cyclothymie depuis 5 ans puis passage sous lithium depuis 1 an ; harcèlement sexuel professionnel avec burn-out et choc post-traumatique (PTSD) ; un soi disant abus sexuel dans l’enfance : allégation hypothétique ou fait avéré ?
3/ Concernant le lâcher-prise : c’est toute une vie qui semble à l’origine de cette anxiété qui vous demande beaucoup de contrôle et de vouloir maîtriser tout… jusqu’à votre sexualité…

Le climat conjugal et l'état d’esprit :

- Le couple semble bien fonctionner au bout de 23 ans.
- "Impression d'avoir 70 ans à 42" chez une personnalité fonctionnant plutôt dans l’abnégation et sur fond d’estime de soi faible. On devine une personne généreuse et volontaire qui a su entretenir l’amour de son compagnon.  
Mes proposition thérapeutiques et besoins sous‐jacents :
1/ Les réponses :

- Conséquences de l’hystérectomie : l’hystérectomie n’aura aucune conséquence sur votre libido puisque c’est votre vagin qui est l’organe de votre sexualité sensorielle et qui participe à votre orgasme ; son intégrité restant totale après une hystérectomie. Dans votre cas, l’hystérectomie préserve les ovaires et donc les sécrétions hormonales qui jouent un rôle important dans votre libido. Reste la perte symbolique de votre utérus, qui n’est pas anodine selon l’image que se font les femmes de leur féminité. Ce geste fort signe l’arrêt de tout désir de grossesse ce qui correspond à votre vœu, vous mettant à l’abri de tout risque de grossesse comme précédemment. Pour information, le désir sexuel n’a pas de lien avec l’utérus.

- Baisse de libido : difficile de faire la part des choses entre les phases "dépressives" de la cyclothymie, le traitement par lithium et les séquelles du burn‐out professionnel. Personnellement, je ne mettrais pas en avant les traumatismes sexuels de l’enfance qui ne reposent que sur des supputations.

2/ Les conseils :

- Ne rien changer à votre prise en charge psychiatrique et médicamenteuse.
- S’il existe un réel PTSD (à confirmer), une approche psychothérapeutique ciblée type EMDR est nécessaire.
- Rencontrer un sexologue qualifié pour vérifier où vous en êtes dans votre fonction d’excitation sexuelle et faire la part des choses : une simple ignorance ou des limites facilement corrigibles ? La maladie "bipolaire" et ses traitements indispensables ? La perception que vous avez de votre féminité : comment habitez‐vous votre périnée de femme ; que représentent concrètement et symboliquement pour vous votre utérus et votre vagin ? Où en êtes‐vous dans votre intimité réelle de couple ? 23 années ce n’est pas rien en plus de la maladie bipolaire et d’un gros stress au travail, ça ne peut pas ne pas avoir eu un impact. Ça mérite bien une petite révision des 100 000 !

Vous me semblez avoir toutes les qualités humaines et ressources personnelles pour atteindre vos objectifs. Bonne chance à vous et bonne route.

Dr F. PARPAIX, sexologue et psychothérapeute Il ne s’agit que d’un avis sur la base de vos informations ne pouvant aucunement se substituer à l’avis des personnes compétentes qui vous suivent.



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Le 08/01/2017 à 15:45

Réponse de LauraBellesFantaisies

Mon couple a souffert aussi cela... Savez-vous comment retarder l'éjaculation précoce ? Quel horreur !! il voulait toujours s'en aller dormir quand il avait fini et moi... Bon j'en avais marre du coup je suis allée voir un expert et il me conseilla de nombreux produits différents. J'achète de nombreux produits pour retarder l'éjaculation. J'ai vu aussi qu'il y a de nombreux accessoires pour le pénis disponibles dans le marché comme les extensions du pénis, comment agrandir ou allonger la taille du pénis et même des poupées gonflables pour hommes pour pratiquer. Avez-vous une boutique online et sexshop pour acheter des sextoys en france ?
Le 29/04/2015 à 10:36

Réponse de Mabiche

Merci de votre réponse.

C'est un long parcours en effet, la révision des 100 000, je pensais y être mais je comprends qu'il en faut un peu plus. Je suis un cours de Biodanza et cela m'aide beaucoup pour retrouver confiance en moi en reprenant confiance aux autres.

J'ai essayé l'EMDR pour me sortir les images de mon trauma de la tête car j'étais amoureuse de mon tortionnaire. Cela m'a amenée plus loin dans la compréhension de mon vécu de cette situation toxique mais çà n'a pas chassé les images et les souvenirs des paroles et situations humiliantes qui reviennent en boucle dès que je suis "down". Je vois leurs visages et leur mépris, c'est très difficile. Cela me provoque des absences.

Ce qui me tiens le nez hors de l'eau, c'est le bonheur que m'apporte mon conjoint et son amour inconditionnel. Il me porte et m'aide à reconstruire mon image de femme.

Mais je m'impatiente parfois en constatant la faiblesse de mon désir et de mes élans. Est-ce une question physiologique liée à l'âge ?

Ma psychothérapie a mis en avant mon environnement familiale instable sur le plan affectif. Ma mère avait un amant et nous confiait à lui en son absence, ma sœur, mon frère et moi. Il nous tyrannisait et abusait de sa force pour jouer avec nous comme des pantins désarticulés. Je vous fais grâce des détails de ce qu'il s'est amusé à me faire avec l'aide des mes frères et sœurs. Cet épisode de burn-out faisait écho à cette enfance que j'avais bien enterré dans un coin. Les moqueries, les insultes, le chantage affectif.

Et pour couronner le tout, mon père m'aimait un peu trop, m'embrassait, me caressait et me prenait sur ses genoux publiquement jusqu'à l'âge de 13 ans.

Bref, c'est derrière moi. Je me suis sortie de ces impasses comme j'ai pu.

J'irai consulter un sexologue pour faire ce bilan. Vous avez certainement raison au sujet de l'hyper-contrôle que je m'inflige. Je croise souvent les jambes comme pour les verrouiller à mort et j'ai horreur des cuni...



Merci de vos précieux conseils que je relirai comme une recette pour mon chemin de guérison.

Bien cordialement,

Mabiche