L'andropause ou DALA : Déficit androgénique lié à

Publié le 10/10/2016 à 22:02
Question d'internaute Vers 56 ans, j'ai eu de fortes bouffées de chaleur la nuit (draps trempés). Plus aucune libido et je suis devenu très sensible des ... tétons. Je n'y comprenais rien et ma femme (30 ans de mariage) encore moins. Plus jeune de 7 ans, elle a mal pris mon manque de désir, ce qui a provoqué mon divorce.
Après moult visites chez un spécialiste endocrinologue, andrologue, la sentence est tombée, la testotérone ne remonterait pas de sitôt. 60 ans maintenant, j'ai découvert qu'un homme pouvait avoir une autre vie sexuelle qu'avec un phallus désormais indolent. D'autres zones érogènes existent à condition de faire le ménage dans son cerveau et d'accepter et d'assumer son côté féminin. Ce que j'ai fait et je ne regrette pas !

Lorsque l'on est un homme et que l'on commence à grossir des hanches, avoir les seins qui gonflent, voir sa pilosité et sa force musculaire diminuer, son sexe s'atrophier au niveau d'un gros clitoris, on peut essayer de redevenir le mâle que l'on a été par des gels, une prise d'hormones, cela ne sera que temporaire avec d'autres effets secondaires (pour moi, entre autres, prostate et remontées acides) ou s'adapter à la nouvelle situation en se disant qu'un homme après tout n'est qu'une femme comme les autres. Il faut faire le deuil d'un entre deux jambes et essayer de trouver une nouvelle sexualité. Découvrir que l'on a une peau, qui, débarrassée de ses poils, devient réactive à toutes les caresses, que l'on a des seins et des tétons qui stimulés peuvent devenir source d'orgasme. Dispensé à prouver sa virilité, on peut faire l'amour de façon passive et s'abandonner à une femme qui peut assumer son "yang".

Webie

La réponse de Philippe ARLIN
Bonjour Webie,

Merci de votre témoignage. On parle effectivement trop peu de l’andropause car elle est beaucoup plus rare et beaucoup moins systématique que la ménopause pour la femme. Elle n’en est pas moins réelle et je pense qu’il est important de bien comprendre de quoi il s’agit.

On l’appelle plus communément DALA « déficit androgénique lié à l’âge ». Elle se manifeste généralement après 45 ans et caractérise l’ensemble des symptômes liés à la baisse de testostérone chez l’homme. Il est difficile de déterminer le pourcentage d’hommes qui en seront atteints mais ce pourcentage augmente bien évidemment avec l’âge. Les symptômes sont en premier : une baisse de la libido avec difficulté ou perte d’érection, prise de poids, augmentation de l’ostéoporose, fatigue, asthénie, trouble de l’humeur et irritabilité. Il est très rare de rencontrer tous ces symptômes en même temps mais cela peut arriver et votre cas en est une illustration particulièrement marquée et je dirai particulièrement rare et exceptionnelle.

Des traitements existent, consistant en une hormonothérapie pour pallier la baisse de testostérone.

Au-delà de l’andropause votre témoignage est très intéressant car vous abordez un des points fondamentaux de la sexualité masculine. Elle tourne quasi uniquement autour du pénis et de de son érection et beaucoup d’hommes qui connaissent l’andropause considèrent à tort leur vie sexuelle comme terminée, et c’est faux. Car, comme vous le dîtes, si l’on a le courage de remettre en cause ses représentations de la masculinité, d’abandonner le pénis pour découvrir le corps, un immense champ de possibilités sexuelles s’ouvre à nous. Riche de plaisir et de sensations pouvant même faciliter un retour des érections qui ne dépendent pas uniquement de notre taux de testostérone, mais aussi de notre capacité à ressentir et à se laisser aller.

Philippe ARLIN, sexologue

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