La masturbation, un moyen d'accoucher sans douleur

Publié le 10/10/2016 à 22:00

Par Catherine Marx

Si on connaît généralement le rôle des rapports sexuels dans le déclenchement de l'accouchement (sécrétions d'ocytocine favorisant les contractions sous l'effet des prostaglandines contenues dans le sperme), peu de personnes savent que les caresses du clitoris peuvent aider les femmes à réduire les douleurs de l'enfantement.

« La masturbation va apaiser la douleur chez la femme, alors il y en a qui vont se masturber pendant les contractions ou même pendant la poussée. Certains hôpitaux américains invitent même les femmes à apporter leur vibrateur pour le travail et l’accouchement. » dit Viola Polomeno, professeure à la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa. Et ce n'est pas tout ! Selon elle, les baisers et les caresses des seins ont eux-aussi un effet positif au moment de l'accouchement.

Évidemment, les tabous sont nombreux. Les femmes ont longtemps été supposées accoucher dans la douleur. Aujourd'hui, on envisage qu'elles puissent s'en affranchir grâce à une péridurale, ou l'amoindrir par des positions antalgiques, de l'acupuncture, un bain… Mais associer sexualité et enfantement, c'est choquant pour plus d'un(e) ! Pourtant, cela semble logique : se donner du plaisir physiquement pour se détendre, quoi de mieux quand on est fatiguée et qu'on a mal ? Après tout, on admet bien que les seins soient désérotisés lors de la tétée du nourrisson, pourquoi le clitoris ne serait-il pas désérotisé quand il s'agit d'accoucher ? 

Cette pratique - tout le monde le comprendra aisément - nécessite une certaine intimité ou d'être très à l'aise avec les personnes présentes. Mais il n'est pas pour autant indispensable d'accoucher chez soi ! Un praticien hospitalier ouvert et prévenu pourrait s’accommoder de cette pratique à visée antalgique. Et sinon ? Pourquoi pas un détour par les toilettes pour se faire des guiliguilis en douce ?

Vous êtes perplexe ? Eh bien, vous n'êtes pas au bout de vos surprises… Il y a en effet des femmes qui connaissent des orgasmes en accouchant (sans même s'être tripotées !). Physiologiquement, cela s'explique par un état d'abandon et la stimulation de certains points lors du passage du bébé dans la filière vaginale. Là encore, le tabou étant fort, certaines n'en parlent pas, de crainte de passer pour des mères incestueuses… Pourtant, les langues se délient ! Elles sont de plus en plus nombreuses à oser évoquer des sensations voluptueuses. Selon une étude française, menée par le sexologue Thierry Postel, la jouissance obstétricale concernerait au bas mot 1 femme sur 3000 en milieu hospitalier. Quant à la sage-femme américaine Ina May Gaskin (qui évoque la dimension spirituelle et initiatique de l'accouchement) elle relate que sur 151 femmes ayant accouché dans sa ferme, 32 ont affirmé avoir connu une expérience orgasmique.

Et si nous changions notre regard sur le corps féminin, sur ses compétences naturelles, sur l'expérience qui consiste à donner la vie ? Et si nous devenions capables d'envisager un vécu de l'enfantement qui ne soit pas forcément angoissant et douloureux, mais qui puisse parfois être associé à des sensations physiques et émotionnelles agréables ?

À votre avis, cela permettrait-il aux intéressées de mieux appréhender cet événement ?

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Le 07/01/2017 à 19:12

Réponse de LauraBellesFantaisies

Le 03/03/2015 à 18:58

Réponse de belbernard

Il y a une quinzaine d'années, une femme écrivain free-lance et mère de 10 enfants à Vancouver, surnommée "Leilah McCracken", publiait un fascicule titré "Resexualizing childbirth" qui abordait exactement ce thème de l'accouchement "orgasmique". Un film "Orgasmic Chilbirth" a d'ailleurs été réalisé il y a quelques années... Comme le titre faisait peur aux pudibonds nord-américains, il a été expurgé sous le titre "Organic Childbirth" (accouchement bio) qui n'a malheureusement pas grand chose à voir !

On est dans des registres voisins, cela ne fait aucun doute. La préparation d'un accouchement médicalisé "sans douleur" peut rappeler les conseils que les mères donnaient à leur fille, il y a un siècle, pour que leur nuit de noces ne soit pas un calvaire. Subir un tel événement sans que les hormones du plaisir aient fait leur "travail" est une galère même en l'absence de complication obstétricale. Et une partie des complications proviennent justement du fait que l'événement est subi.

Au risque de provoquer une avalanche de hurlements, je dirais que chaque être humain a le choix entre deux options aujourd'hui : soit redécouvrir la dimension "animale" de l'accouchement physiologique, soit aller radicalement vers sa mécanisation/le transhumanisme : l'utérus artificiel !