Peut-on parler de besoins sexuels ?

Publié le 10/10/2016 à 21:30

Chaque semaine, un dossier sur la sexualité commenté chaque jour par l'un de nos experts...

Peut-on parler de besoins sexuels ?

Lundi 29 octobre

Nom : KARILA

Prénom : Laurent

Profession : Médecin (Psychiatrie et Addictologie)

Le sexe, au même titre que s’alimenter lorsque l’on a faim ou boire lorsque l’on a soif, fait partie des récompenses naturelles. Il s’agit d’un comportement animal. En psychologie comportementale, on parle de renforcement positif car cela procure du plaisir et tout ce qui procure du plaisir a tendance à être répété. On peut parler de besoin sexuel en se référant à quelque chose de très archaïque et animal dans les 2 sexes. Ces besoins peuvent être différents entre les deux sexes et au sein du même sexe. L’industrie du sexe permet l’obtention d’une gratification sexuelle immédiate devant un besoin, une envie irrépressible de sexe. Chez le sexaholic, ce besoin se transforme en souffrance pour lutter contre le manque induit par la dépendance.

Mardi 30 octobre

Nom : MARTIN

Prénom : Bruno

Profession : Sexothérapeute

La notion de "besoins sexuels" est encore trop souvent confondue avec celle de "désir sexuels". Le besoin s'appuie sur des fondations biologiques : nutrition, "je mange", sommeil, "je dors", excrétion, ne dit on pas "faire ses besoins", reproduction: avoir un coït pour procréer...Si l'être humain ne comptait que sur le besoin pour faire l'amour, il ne copulerait qu'une vingtaine de fois dans sa vie pour générer 4 ou 5 enfants: pas drôle du tout !

Le désir sexuel est d'emblée plus sympathique. Il résulte de notre capacité à nous projeter mentalement dans un contexte nous apportant plaisir et récompense : "j'anticipe tous les bénéfices pour moi à recevoir des excitations sexuelles éventuellement jusqu'à un orgasme". La culture a fortement muselé le désir féminin qui, si il s'exprime trop, fait facilement passer la femme pour une "salope" alors qu'il magnifie l'homme comme un "chaud lapin bien viril".

Néanmoins, tout être humain homme ou femme,éprouve des besoins d'excrétion et doit vider ou vidanger à intervalle différents sa vessie, ses intestins, son appareil génital (sexe ou règles). Mais pour casser le mythe de "l'incommensurable besoin sexuel masculin" avouons que nous mourons beaucoup plus vite d'une occlusion intestinale que de ne pas éjaculer...

Mercredi 31 octobre

Nom : HERIL

Prénom : Alain

Profession : Psychanalyste, sexothérapeute et formateur

Nous avons plusieurs sexualités. Celles-ci s’expriment en fonction des circonstances et différent tout au long de la vie. Nous pouvons être dans un besoin de ne faire qu’un avec l’autre à 20 ans et vivre une sexualité fusionnelle. Nous pouvons penser à nous et utiliser l’autre comme un objet et vouloir vivre une sexualité de consommation à 40 ans. Nous pouvons désirer découvrir la dimension spirituelle de la sexualité à 50 ans et ne plus jurer que par la dimension tantrique. Tout cela raconte la richesse de notre rapport à la recherche du plaisir et à l’édification de notre désir.

Alors peut-on parler de besoins sexuels ? Oui bien sûr. Mais quels besoins pour quelle sexualité ?

S’il s’agit juste d’une sexualité de décharge et d’un simple besoin de détendre une trop grande tension corporelle et psychique, on peut dire que nous avons des besoins qui sont parfois un peu primaires. Mais si nous nous réduisons à cela nous restons sous l’emprise de nos pulsions et de nos hormones. Le désir sexuel me paraît plus subtil que le besoin sexuel. Le désir est moins saisissable, moins facile à comprendre. Souvent il nous dépasse. Mais c’est lui qui construit notre univers fantasmatique et nos interrogations les plus dérangeantes mais aussi les plus révélatrices de nous-mêmes.

Le besoin sexuel est lié au conscient, le désir trouve sa source dans notre inconscient.

En fait nous sommes à la fois des êtres de besoin et de désir. Et c’est cette variété qui fait notre richesse et notre merveilleuse complexité !

Jeudi 01 novembre

Nom : PERETTI

Prénom : Marie-Laure

Profession : Docteure en Psychopathologie fondamentale et Psychanalyse - Psychothérapeute

Les besoins humains relèvent de la survie, c’est-à-dire de quelque chose de non négociable : boire, manger, dormir, éliminer, se reproduire.

La reproduction ressort du domaine de la sexualité. C’est un besoin phylogénétique, qui concerne l’espèce humaine. À propos d’un éventuel besoin ontogénique, qui concerne l’individu, et non plus l’espèce, bien que la sexualité provoque mille et un plaisirs, une période d’abstinence aussi longue soit elle, ne provoquera pas la mort dudit individu, même si elle le laisse dans une situation d’intense frustration.

Par conséquent, il est plus approprié de parler d’appétit sexuel plutôt que besoin, et en matière d’appétit, certains sont plus gros que d’autres...

Vendredi 02 novembre

Nom : ARLIN 

Prénom : Philippe

Profession : Sexo-thérapeute

Il n’est pas toujours facile de s’entendre sur les termes et celui de « besoin » peut souvent prêter à confusion. De quoi parlons-nous ? De besoins vitaux, tels que respirer, manger, boire ? Ou bien de besoins au sens d’envies non vitales mais importantes. Car il est évident que le sexe ne relève en rien d’un besoin vital (même si certains se plaisent à le croire). Sa suppression n’est pas mortelle même si cela pourrait dangereusement perturber l’équilibre psychique de la personne.

Et c'est peut-être bien plus de cela qu'il s'agit d'un besoin vital non pas au corps, mais à la psyché. Car exception faite des religieux qui ont de par leur foi trouvé un équilibre, rares sont les personnes dont le bien-être personnel et psychique ne passe pas par l'accomplissement de l'acte sexuel. En tous les cas la difficulté à assouvir ce besoin provoque de nombreuses perturbations voire de véritables déséquilibres.

Pour autant, ne nous laissons pas piéger et n'oublions pas que c'est la manière dont nous gérons, culturellement et socialement ce « besoin » qui va en grande partie déterminer son impact sur le bien-être de chacun. Alors oui tant que notre société mettra le sexe au cœur de tout et son accomplissement comme la clé de l'épanouissement personnel, il y a fort à craindre qu'il nous faille parler du sexe comme d'un besoin… Vital !

Samedi 03 novembre

L'avis de Brigitte :

Sur le plan strictement vital, on pourrait dire sans hésiter que l’on ne peut pas parler de besoins sexuels. Un être humain peut vivre sans faire l’amour et il ne mettra pas sa vie en danger, quoique !

Toutes les études l’ont prouvé ; les individus qui vivent en couple, non seulement vivent plus longtemps mais surtout en meilleure santé.

Cela dit, est-ce parce qu’ils ont des relations sexuelles ou parce qu’ils ont de l’amour ? J’aurai tendance à penser que l’amour est sûrement plus encore un besoin vital que le sexe. Dans le sens de « religare », du terme latin qui signifie relier et qui a donné le mot religion.

Néanmoins, nous ne serions pas sur terre s’ il n’y avait pas eu un rapport sexuel. Tout cela nous prouve bien que le terme de besoin est assez ambigu...

Et puis, allons voir la définition du dictionnaire. Dans le petit Larousse, voilà ce que j’ai trouvé : "besoin : insatisfaction née du sentiment que quelque chose d’indispensable nous manque ; nécessité d’y remédier qui en découle."

Ainsi, pour de nombreuses personnes, la sexualité est un besoin du moins pour se sentir bien. Et si ce besoin ne peut être satisfait, il en découle un mal être, une frustration. A moins que la personne aille chercher ailleurs ce que, son ou sa partenaire, ne veut pas lui procurer.

On voit bien à quel point il est nécessaire, pour qu’un couple fonctionne bien, de s’entendre à peu près sur les besoins sexuels de chacun. Cela nécessite quelques compromis mais ils sont indispensables pour la pérennité de la relation.

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Le 17/02/2018 à 15:09

Réponse de Lanicole88

Le Retour affectif de mon mari

Salut. Je suis Nicole LAVERGNE, je viens pour témoigner de la compétence d'une personne certains pourront croire que je suis venu pour lui faire de la publicité oui j'accepte puisqu'il le mérite vraiment d'autant plus qu'il à réussir à réaliser mon vœu le plus cher en moins d'un mois. Cela fait environ 6 ans que je mène une vie solitaire avec mes trois enfants à ma charge, car mon mari a quitté la maison croyant trouver mieux ailleurs. Mes enfants réclament leur papa sans cesse, soucieuses de ce besoin cruel de mes enfants et de mon amour pour lui, je l'appelle et le supplie de revenir, mais il me rejette. J'ai dû consulter certains marabouts histoire de le faire revenir, mais hélas. Jetais découragée, consternée parce que ne sachant plus quoi faire. Bizarrement, j’étais connectée sur Facebook et je vois le témoignage de Celia, j’ai pris contact avec elle et elle m'a donnée les contacts du Mr Medium. D'abord, j'ai douté, mais au finish, je consultai le monsieur qui m'a fait quelques rituels 7 jours après, j’étais en face de mon écran avec mes enfants quand mon portable sonne sans afficher l'identité de l’appelant, je décrochai le portable et c’était mon mari le père de mes enfants, il me salua et demanda d’après nos enfants. Deux jours après, très tôt le matin, mon portable sonna de nouveau et c’était mon mari qui me fit signe de descendre. Je descendis et m'ayant vu mon mari, s’agenouilla devant moi en disant : « OH ! Ma chérie, pardonne moi pour t'avoir offensé pendant tout ce temps, je voudrais te revenir pour que notre vie reprenne tout son sens, pardonne moi ! Pardonne moi;"
Voilà mon histoire. Alors pour le remercier, je voudrais lui rendre hommage et conseiller a toute personne ayant de problème à bien vouloir faire recours a cet homme, car il est vraiment un envoyer pour résoudre tout genre de problème quelle que soit sa nature. Je voudrais bien te dire de faire attention sur le net, car j'ai rencontré assez de spiritualiste avant ma prise de contact avec celui dont je te parle, cette Mr Ali Medium qui m'a aider je lui est rien payer, c'est après que je l'aie récompensé ceux qui veux sont aide ; vous pouvez l'écrire vous qui êtes dans le besoin.
Voici son E-mail : [email protected]
Voici son E-mail : [email protected]
Il est joignable sur Téléphone et WhatsApp sur 00229 97 86 96 51
À Bientôt, la famille en détresse.
Le 20/02/2013 à 18:43

Réponse de florestan

Eh bien ma chère Ambre je va te repondre!

en me déchargeant des mots que j'ai sur le bout des doigts!!!

Depuis début décembre pas un seul rapport sexuelle et comme tu le c'est intervention cardiaque urgente.

Depuis ma vie sexuel et par choix c'est watterlo morne plaine!!!

Je dit pas que mon envie de faire l'amour, des gallipétes, des pirouettes, ne me travail pas mais j'ai franchement envie pas à me masturber ni à sauter sur tout se qui bouge, je pense que tout dépend aussi de l'âge.

Ceci aussi parce que je remet mon orientation sexuelle en question pour le moment c'est un choix volontaire et assumer.
Le 21/11/2012 à 10:31

Réponse de Elisa

Merci pour ce bon moment passé à vous lire, je pense que le désir sexuel est un besoin psychique aussi vital que nos besoins biologiques.
Le 01/11/2012 à 19:01

Réponse de LeMoine

Est-ce qu'un Monsieur pourrait répondre à cette question : si il y a abstinence pendant un très long moment... Est-ce que physiquement çà ne pose pas de problème ?



Eh bien, Ambre, à dire vrai, c'est à un moine qu'il faudrait poser la question, lui qui est supposé avoir fait voeu d'abstinence et de continence qui prohibe, y compris la masturbation.



Reste la libération naturelle des pollutions nocturnes qui ne sont pas à dénoncer en confession, et qui soulagent.

Car il s'agit bien de cela. Oui, ça pèse dans les couilles, ça tire dans le bas-ventre, pour s'en tenir aux seules sensations et contraintes physiologiques et délaisser les tensions psychiques.

C'est là une spécificité masculine plutôt gonflante. Rien de tel en symétrie chez la femme. On n'a jamais ouï parler de gonflement des ovaires ou des impétuosités récriminantes du clitoris insatisfait d'être servi à temps et à temps réguliers. Me trompé-je ?

En avoir plein les couilles, se vider les couilles, décharger, etc, sont des expressions à prendre dans leur sens littéral, et non pas comme métaphores.

Avoir les couilles pleines et ne pas devoir les vider (je dis bien devoir et non pouvoir) est un problème d'éthique personnelle. Entre nous, qui ne me concerne pas. Il y a toujours moyen de mettre la main à la pâte.

Mais justement, cette liberté et cette aisance n'est pas le cas pour tous. J'ai dans mes amitiés un homme handicapé, en fauteuil, aux deux mains atrophiées... et qui est pétulant de vitalité et désireux de vit alité, de jouissance, d'éjaculation et autres feux d'artifice érotiques, dont la nature le prive pour son propre chef.

Restent les assistantes sexuelles dont il use, à la mesure de son écot, et dont il fait l'éloge à satiété.



Oui, Ambre, le problème est celui que vous notez.



Quant aux solutions... pour revenir à mon début, l'abstinence et le célibat imposés ou acceptés par certains ministres du culte trouvent parfois ou souvent, hélas, des solutions tout à fait occultes ! Les théologiens ont trouvé un beau mot pour ces expédients, pas nécessairement vite expédiés : c'est l'épectase, qui se conçoit comme une tension et un progrès de l'homme vers Dieu. Aux 18 et 19 é siècles, il était fréquent de signaler le décès d'ecclésiastiques en maisons closes et en état d'épectase... Il y a un nom pour tout. Ainsi soit il.
Le 01/11/2012 à 09:12

Réponse de LeMoine

Ad Madame Peretti,

Chère Docteure, " il est plus approprié de parler d’appétit sexuel plutôt que besoin ", nous dites-vous.

Le très misérable et très humble philosophe que mes amis me disent être, souhaite vous faire remarquer que l’appétit que vous invoquez, à très juste titre, selon moi, n'est que la traduction de l'"appetitus" classique, au sens d'une tension vers, ou appétence... notion similaire au grand concept de conatus, que l'on traduit communément comme élan, effort ...

Rappelez vous Spinoza, E III-6 : « L'effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n'est rien de plus que l'essence actuelle de cette chose. »



Dans la connexion et le montage psycho-physio-social (je rappelle Marcel Mauss ici) que chacun de nous unitairement compose, je suis souvent enclin à souligner, pour celles et ceux qui la négligent, la détermination socio-culturelle individuée (civilisationnelle, ajouteront d'autres), qui se manifeste dans les "techniques du corps", qui ne sont pas directement décisions de la volonté, ni pure machinerie physiologique, comme si les gènes tenaient la culture en laisse... mais acte traditionnel efficace ; ce qui nous permet de concevoir ainsi en ce triple point de vue synthétique que nous évoquons l'homme total, pour reprendre à nouveau l'excellente formule de Marcel Mauss.



Pour ce qui concerne l'espèce humaine et sa reproduction "naturelle", je vous suis parfaitement dans votre appréciation.

J'ai en mémoire sur ce point, la remarque tonique de Nancy Huston dans son récent ouvrage "Reflets dans un œil d'homme", remarque qui s'inscrit en perspective anthropologique :



"Le fait est que l'immense majorité des humains continue de faire des enfants à la vieille manière, à travers la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule à l'intérieur d'un corps de femme ; le choix du partenaire pour ce faire s'effectue lui aussi à l'anicienne : femmes aussi jeunes et belles que possible, hommes aussi riches, forts et fiables que possible. Ces comportements-là non seulement persistent, mais signent, c'est-à-dire ont une signature génétique. Bien plus qu'ils ne se l'imaginent, les libertins et les queers ressemblent aux moines et aux bonnes sœurs : tous ces anti-breeders (opposants de l'engendrement) s'évertuent à contrer la biologie, à faire un pied de nez à la programmation génétique. Pas de problème. Ils peuvent s'amuser comme ils veulent, que ce soit par l'abstinence ou le fist-fucking ; l'espèce s'en moque, car ceux qui la narguent disparaissent sans laisser de trace." N.H, op.cit, p31.



Quelle remarque première, au fond, visé-je à introduire dans ce débat ? Celle-ci, qui rejoint, me semble-t-il, votre déclinaison de la disjonction besoin-désir-appétit : à honorer sans vergogne la doxa individualiste, sans doute nous satisfaisons les demandes et inquiétudes de chacun - chacune qui interpelle et bêle des "Et moi, moi, moi, là-dedans ?". Mais on en néglige le montage pluridimensionnel de la condition humaine et l'immense longue durée de ce montage.

Vous ne procédez pas à cette doxa, Madame. Je vous en remercie infiniment.



NB : Comme il serait agréable que le traitement de texte mis à notre disposition nous autorise l'italique et autres subtilités de la graphie.



Floréal



Le 30/10/2012 à 17:55

Réponse de stephyduclos

merci très intéressant