Comment faire pour oublier un grand Amour ?

Publié le 10/10/2016 à 21:58

Chaque semaine, un dossier sur la sexualité ou l'amour commenté par quelques-uns de nos experts... Et Brigitte... Bien entendu....

Il y a des histoires d'amour que l’on n’oublie pas et qui nous empêchent d'en construire une nouvelle. Est-ce seulement possible d'oublier un grand Amour ? Et si oui, comment faire ? Nos experts vous répondent...

 

Nom : PARPAIX

Prénom : François

Profession : Sexologue et thérapeute de couple

Vouloir oublier un grand amour, c’est comme vouloir effacer le goût d’une glace à la vanille une fois qu’on s’en est délecté. C’est impossible car la frustration et le désir mêlés sont trop forts et trop tenaces…

. Mais toutes les grandes histoires d’amour n’ont pas laissé que de bons souvenirs et si vous restez quand même accroc, faites vous aider par un thérapeute de couple. Il est urgent de déconstruire une histoire qui vous a détruite. Pour crever le beau nuage rose chargé d’épines prenez votre plus belle plume et commencez par faire la liste de tout ce qu’il ça vous a coûté de chagrins, de faux espoirs, de désillusions, de souffrances, d’humiliations, aussi beau, brillant et bon amant ou amante était-il (elle) !

. Très différente, la grande histoire d’amour qui a été un rêve tout du long et n’a pas pu aboutir, stoppée en plein vol, la raison ou le poids des événements l’ayant emporté. Ne reste plus qu’à laisser décanter les émotions et les sentiments tout en l’immortalisant quitte à le ressortir à l’occasion d’une rêverie, d’un plaisir solitaire… Sinon, le sport, les amis, l’écriture, la musique, etc sont autant de moyens pour vous aider à vous défocaliser de l’objet de votre désir.

Car, tout est stocké et gravé dans votre mémoire. Vous avez juste l’illusion d’oublier, mais l’amnésie n’est que partielle, les souvenirs juste remisés au grenier, le cerveau prêt à paniquer ou à s’emballer denouveau pour lui ou pour elle. Il ne faut pas grand chose pour réactiver le tout : volontairement, un jour de blues conjugal ou par solitude juste après une rupture par exemple. Un simple clic au cours d’une recherche sur facebook et il ou elle apparaît. Votre curiosité s’attise : « Est-ce qu’il a changé physiquement ? Que devient-il ? Est-il marié ? A-t-il des enfants ? »… Vous vous mettez à le fantasmer, vous le rêvez, vous prenez contact, un 1er rendez-vous juste pour un café : « C’est bien lui, il n’a pas changé ». On se prend dans les bras. C’est toujours aussi bon. Mais parfois c’est la grande désillusion : « Qu’est-ce qu’il (ou elle) est devenu(e) moche ».

Qu’on sourit de sa désillusion amoureuse ou qu’on le ménage comme un trésor, rassurez-vous, dans la plupart des cas (sauf deuil amoureux pathologique) le temps vous aidera à le relativiser et à retrouver votre sourire et votre joie de vivre. Après le travail de déconstruction, commence le moment de construire d’autres amours de transition puis celui d’un autre amour, parfois aussi fort, solide et même plus riche car à notre portée, plus simple à vivre… Certes un ton en dessous: normal, quand on a atteint des sommets, tout paraît fade. La faute au mirage de ce grand amour impossible qui a fait illusion. Une chose est sûre, les romantiques n’oublient pas, ils s’en nourrissent en permanence.

L'avis de Brigitte :

En fait, cette question ne se pose sans doute qu’à partir du moment où c’est notre « grand amour » qui a mis fin à la relation. Car il faudrait vraiment être stupide pour quitter un grand amour !

Bien souvent, la nostalgie de cet amour perdu survient lors de deux circonstances particulières.

* soit parce qu’on a été quitté trop tôt et que nous sommes abandonnés encore totalement amoureux

* soit parce que nous sommes seuls des années plus tard et sommes amenés à faire un bilan plutôt négatif de cette histoire

Dans ces deux cas, il y a un sentiment d’inachevé qui nous habite et qui nous fait nous regarder derrière nous. Si nous sommes dans un couple qui marche bien, il n’y a aucune raison de repenser au passé.

Sachant que regrets et remords ne servent à rien, si ce n’est à nous rendre malheureux et à nous empêcher d’appréhender l’avenir avec espoir, il est donc indispensable de faire le deuil d’un grand amour. Il y a eu rupture, cela prouve donc que la relation n’était pas possible.

Dans un premier temps, on peut bien sûr être dans un déni, c’est-à-dire croire que c’est encore possible de renouer avec l’être aimé. Puis, vient le temps de la colère. On a le droit d’en vouloir à notre partenaire de nous avoir quitté quelles qu’en soient les raisons. Ou même être en colère contre soi, si nous jugeons avoir une réelle part de responsabilité. Parfois, dans un second temps, nous pouvons essayer de négocier malgré tout, bien qu’il y ait peu de chances que cela fonctionne.

Enfin, il faudra accepter la phase de tristesse. La fin d’un amour c’est la perte d’un être cher. Certes il n’est pas mort mais il est en quelque sorte mort pour nous. Ne pas vouloir l’accepter, c’est nier la réalité. Nous avons le droit de pleurer sur ce que la vie nous enlève, c’est même cette phase de tristesse qui nous fera accepter ce qui s’est passé. Alors seulement, nous serons prêt pour un futur amour.

Pour pouvoir réagir, nous invitons à vous connecter Se connecter

Le 21/12/2014 à 10:31

Réponse de sauvageonne

par experience et par stupidite ... un grand amour ne s oublie jamais ,on oublie jamais rien on vit avec ...,mais il sert d experience et de leçon pour avancer
Le 11/12/2014 à 13:07

Réponse de CheyN

Un grand amour ne termine jamais vraiment je crois, il se transforme et évolue. On prend de la distance mais le sentiment reste profond et le lien d'amour indestructible.



En lisant ce dossier je prends mieux la mesure de la profonde tristesse qui m'habite depuis la perte de mon tout premier grand amour, ma mère. Car outre la saine douleur d'avoir coupé le cordon, le vide physique qu'a causé son décès a tout naturellement laissé place à une noble mélancolie.



Cela a permis aussi de réactiver tout le bonheur de pouvoir encore profiter de mon second grand amour, en prenant soin de mon père plus en conscience.



Finalement, les émotions nous aiguillent dans l'importance des liens que nous tissons tout au long de notre vie.