Le désir d'enfant est-il plus fort chez une femme

Publié le 10/10/2016 à 21:55

Chaque semaine, un dossier sur la sexualité ou l'amour commenté par quelques-uns de nos experts... Et Brigitte... Bien entendu....

La naissance d'un enfant est souvent la concrétisation d'un désir profond et puissant. Elle est aussi, généralement, le fruit d'une histoire d'amour, d'une rencontre entre un homme et une femme. Justement... Qui de l'homme ou de la femme en aurait le plus envie ?

Nom : MARTIN 

Prénom : Bruno 

Profession : Sexothérapeute

Même si la procréation est de l’ordre de la survie de l’espèce, le désir d’enfant s’exprime différemment entre un homme et une femme. Chez les femmes, le biologique parle dès qu’elles sont petites filles. Il s’exprime universellement à travers les jeux de poupée qui prennent des formes diverses dans toutes les cultures. Les cerveaux féminins imprégnés d’œstrogènes jouent plus souvent à des jeux de relation, de personnes, et simulent plus régulièrement les relations mère-enfant. Les petites filles victimes d’hyperplasie surrénalienne générant beaucoup de testostérone n’y jouent pratiquement pas tout comme les garçons.

Les petites filles organisent en quelque sorte leur identité de genre et sociale en inscrivant par ce jeu très tôt le rôle de maman.

Un petit garçon de 4 ou 5 ans qui dirait régulièrement « je veux être papa » serait vite conduit chez le psychologue.

Un homme ne se lève généralement pas un matin en disant : je veux un enfant ! Il est incapable de désirer un enfant de la même manière que sa femme le ressent. Elle, son corps et son éducation le lui dictent. Lui, pour des raisons symétriquement inverses, en a une peur presque panique. L’angoisse de perdre sa liberté est souvent au centre de sa réticence : liberté de pensée, de mouvement…

Il y a un âge souvent différent pour devenir parent entre un garçon et une fille. Dans notre société, les filles qui travaillent expriment un désir d’enfant à 80% entre l’âge de 28 à 30 ans. Pour un garçon l’âge se situe autour des 35 ans. C’est le moment où la peur de soi et de l’engagement diminue.

Même si les désirs d’enfants se montrent différents entre un homme et une femme, ils finissent fort heureusement toujours un jour par se retrouver : le fait que nous soyons vivants est là pour en témoigner.

Mon site internet : www.ejaculation-precoce.net

L'avis de Brigitte :

En tout cas, pour la majeure partie des gens, il n’y a aucun doute. On va jusqu’à parler d’instinct maternel, oubliant à quel point l’humain, contrairement à la femelle possède un néocortex qui influence terriblement notre système hormonal et biologique.

Néanmoins, si on se positionne par rapport à ce système inné qui nous est donné par la nature, en effet, le désir d’enfants est beaucoup plus fort chez la femme. Certaines enquêtes démontrent d’ailleurs bien que le désir sexuel féminin serait plus fort durant la période d’ovulation, c’est-à-dire les moments où en faisant l’amour, la femme a plus de chances d’être fécondée.

Mais qu’en est-il alors de ces périodes du cycle hormonal qui ne permettent pas d’être enceinte ? Que penser des femmes qui sous pilule ont plus de désir ou encore de ces femmes qui après la ménopause, libérées du risque de maternité, se libèrent sexuellement ?

Tout cela prouve qu’on peut dire tout et son contraire quant au désir d’enfant chez la femme.

Quant aux hommes, il n’y a pas plus demandeur d’un enfant qu’un homme éperdument amoureux de sa dulcinée. Et les pères aujourd’hui sont parfois plus maternant que certaines mères.

Tout cela prouve bien que chez l’humain, certes l’inné est présent mais le cognitif, la culture et les expériences vécues influencent beaucoup plus le désir. Qu’il soit sexuel ou qu’il s’agisse du désir d’enfant.

Ainsi, plus une société affirme qu’une femme pour être une vraie femme doit enfanter, plus elle éprouvera le désir d’être mère, comme si c’était son passeport pour être reconnue comme femme.

Voilà pourquoi chaque être devrait se construire de l’intérieur, en fonction de ses propres valeurs, de son ressenti et non pas de l’extérieur. Combien de femmes se sont trouvées enceintes pour répondre à des injonctions familiales ou culturelles…

Bien sûr, le plaisir d’être parent reste un réel bonheur mais il n’en sera que plus fort si c’est un désir vrai, profond et partagé avec son conjoint.

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Le 13/09/2014 à 20:58

Réponse de _Toc_

Désir d'enfant. C'est un titre à faire bander tous les pédophiles!!



Ceci dit, associer désir et enfant, c'est très pertinent pour la femme. D'ailleurs, c'est souvent suite à un "désir" qu'advient l'enfant. Il naît d'ailleurs dans la même région du corps où est localisé l'optimum du désir. La pertinence de l'association des deux mots est viscérale.



Pour l'homme, je parviens difficilement à lire la même pertinence dans l'association. Le désir s'apparente plus à la bouffe, et bien sûr aller la planter et se répandre en elle. Mais sans nécessairement l'idée, dans le moment de désir, de planter une graine. C'est plus de l'ordre de l'ambition pour un homme. L'ambition est la recherche de l'honneur. Il recherche qu'elle lui fasse l'honneur de recevoir la graine et de forger un nouvel être à leur image à eux-deux. Peut-être.



En tout cas, il est assez rare que ce soit l'homme qui annonce à la femme qu'un fruit de leur désir d'il y a quelques temps va bientôt advenir.



Le désir d'enfant est plus fort chez les femmes que chez les hommes, et c'est rien de le dire! :p

Le 10/09/2014 à 16:28

Réponse de melusinefee

Pour ceux que ce sujet intéresse, lire le remarquable livre d'Elisabeth Badinter : L'amour en plus.



De plus, quand on parle du "désir d'enfant", on fait souvent plutôt référence au premier enfant d'un couple, celui qui a pour vocation de faire passer les partenaires du statut de couple à celui de parents et de créer ainsi la "famille".

Les motivations sont souvent autres pour les enfants suivants et le "désir" ne vient pas forcément du même protagoniste, selon la situation.
Le 10/09/2014 à 15:22

Réponse de Davy22

Que c'est bien dit Brigitte. Moi petit je disais vouloir être Papa...ne serais-ce que pour connaitre ce que je n'ai pas eu...Dans le regard de mes enfants je sais enfin ce que c’est d'avoir un père :) ...et évidement ça ne sert pas à rien malgré ce que l'on me disait....Puis à travers l'enfant il y'a une certaine forme d'immortalité. Pour moi, qui aura bientôt le troisième, ça a toujours était une forte motivation, bien plus que ma femme. Étrangement aussi j'ai eu quelques amies qui voulait un enfant de moi en tant que "géniteur", sachant que j'étais en couple...La paternité résonne profondément en moi, et parfois je me dit que l'une des plus grande injustice naturel, c'est de ne pas pouvoir tomber enceinte...pour dire...peut être je recherche cette folle envie qu'a eu ma mère de faire un enfant toute seul, bien que j'en rejette fortement l'idée.
Le 10/09/2014 à 04:28

Réponse de CheyN

J'aime beaucoup ce billet tout en nuances quant à l'influence de l'acquis sur l'inné en matière d'attribution des rôles et des genres.