La manipulation mentale dans le couple

Publié le 10/10/2016 à 21:38

Existe-t-il quelqu’un qui puisse affirmer ne s’être jamais fait manipuler ? Nous sommes depuis la nuit des temps cernés par les manipulateurs. Leur but reste le même à travers les siècles : satisfaire leurs priorités à nos dépends. Leur technique, simple et sophistiquée à la fois, est toujours d’une redoutable efficacité. Bien qu’on commence à en parler dans les médias, ces sinistres individus restent encore très mal connus. Pourtant, leur profil est tristement standard et le récit des victimes est toujours le même.

Alors, ce manipulateur, qui est-il ?

Les manipulateurs sont environ de 4% de la population avec une petite dominance des hommes sur les femmes. Mais comment comptabiliser avec précision des gens sournois, avançant masqués ? Ce que l’on sait, c’est que le pourcentage de violences conjugales reste le même dans les couples lesbiens et homosexuels. Il ne s’agirait donc pas d’une domination masculine imposée aux femmes, mais d’une frange de la population, hommes et femmes confondus, qui exercent une toute puissance pathologique sur leur conjoint. Bref, il y a probablement autant de garces que de salauds.

Un beau masque

Le manipulateur est avant tout une personne qui a deux visages : un très sympathique pour l’extérieur et un autre, maussade et cruel que seule sa victime connait. Le manipulateur est souvent « bien de sa personne ». Il plait beaucoup aux gens qui ne le connaissent que très peu. Le discours extérieur sur le manipulateur étant souvent positif et admiratif, sa victime renonce à se faire entendre : « Personne ne comprendrait pourquoi je veux quitter un mari aussi adorable. » ou « Ma femme est la sainte de notre quartier, tellement dévouée... La peste, elle n’existe que pour moi ! »

Les actes et les paroles des manipulateurs sont désynchronisés. En mots, tout est parfait : ils vous aiment. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour vous satisfaire et c’est vous qui n’êtes jamais content(e). Or, quand on observe les actes, ils se montrent indifférents, cruels et même malveillants, mais tellement sournoisement que leurs victimes doutent toujours de ce qu’elles vivent. «Ça m’a effleuré l’esprit... » disent-elles en consultation. N’écoutez plus les beaux discours, fiez-vous aux actes !

Quatre ficelles

Les manipulateurs utilisent quatre ficelles : la séduction, la victimisation, l’intimidation et la culpabilisation.

- La séduction est leur première arme. Ils savent être particulièrement charmants et flatteurs jusqu’à ce que vous soyez tombés sous leur emprise. Puis, dès qu’ils vous savent piégés, ils retirent ce masque séducteur dont ils n’ont plus besoin. Il faut savoir qu’être gentil les ennuie, les agace et les fatigue. C’est pourquoi, dès qu’ils le peuvent, ils ne seront plus sympathiques qu’en public, ou si vous commencez à sortir de leur emprise. Ils sauront alors redevenir brusquement adorables, enfin ponctuellement et à minima, juste le temps de vous rendormir !

- Ensuite, les manipulateurs sont des professionnels de la victimisation. Ils savent brailler, sangloter sur commande, hurler leur souffrance à tous les échos ou coiffer la coquille de Calimero. On les croit fragiles et vulnérables alors qu’ils sont indestructibles et qu’ils retombent toujours sur leurs pattes, mais ils savent obtenir la pitié de l’entourage au point qu’on en oublie qui sont les vraies victimes.

- Si leurs grimaces de douleur ne vous inspirent pas suffisamment de compassion à leur goût, ils n’hésiteront pas à vous mettre la pression et à utiliser des menaces, directes ou subliminales. L’intimidation est aussi leur spécialité. « Tu me le paieras cher ! » pensent-ils quand vous n’alimentez pas leur fantasme de toute puissance. Les représailles sont diverses et variées, vont de pénibles à féroces. Les victimes apprennent à les redouter et adaptent instinctivement leurs comportements pour éviter les ennuis.

- Enfin, les manipulateurs sont experts en l’art de retourner les situations et vous accusent sans vergogne de ce qu’ils vous font. Tout est de votre faute. On ne peut pas discuter avec vous. C’est vous qui créez les problèmes. Et de toute façon, vous ne serez jamais à la hauteur de leurs exigences car vous êtes le (la) pire des ... à vous de compléter : conjoint, parent, cuisinier, femme d’intérieur...

Avec ces quatre ficelles, les manipulateurs vous transforment en marionnette.

Trois clés : le doute, la peur et la culpabilité

La sensation de s’être fait manipuler est une sensation très désagréable. A la culpabilité de s’être fait avoir vient s’ajouter la confusion de ne pas savoir comment cela nous est arrivé et la peur que cela nous arrive à nouveau. Et ainsi, peu à peu, tous les ingrédients se mettent en place pour être encore plus manipulable la prochaine fois. Car les trois clés de la manipulation sont : le doute, la peur et la culpabilité. Il suffit d’actionner une de ces trois clés pour enclencher le cercle infernal dans lequel nous ne pourrons plus que tourner en rond. Enfermée dans ce cercle vicieux, la victime commence par se sentir oppressée. Elle acquiert peu à peu la conviction d’être systématiquement inadéquate, puis se sent basculer dans la folie. Le doute se transforme en confusion mentale, la peur en angoisse permanente entrecoupées d’accès de panique. Quant à la culpabilité, elle devient un « syndrome de Stockholm », quand la victime épuisée, renonce à comprendre l’absurdité de la situation et finit par épouser le raisonnement tordu de son manipulateur.

Une victime décérébrée

Charmée, puis apitoyée, terrorisée et culpabilisée, la victime s’épuise longtemps à comprendre ce qui se passe et à s’adapter. Elle finit par renoncer à mettre du sens sur ces comportements absurdes. Alors, elle devient un automate décervelé. A partir de là, tel un zombie, la victime obéit sans réfléchir, avec un seul objectif : éviter autant qu’elle peut ces scènes épuisantes. L’ennui est que le harcèlement moral est un processus qui une fois enclenché ne s’arrêtera plus et ne pourra aller qu’en s’aggravant. L’abuseur se grise de sa toute-puissance, s’enivre de sa propre haine, devient un véritable drogué à ses propres abus. Sa victime est sa « came ». Il lui faut une dose d’abus toujours plus forte. A un moment donné, la victime doit réagir pour assurer sa survie. Toutes les victimes que j’ai reçues en consultation depuis vingt ans ont prononcé cette phrase : « J’allais y laisser ma peau ! »

Quitter un manipulateur est une entreprise périlleuse. Votre séparation ressemblera d’avantage à une évasion qu’à une séparation. Surtout, faites-vous aider par des gens capables de comprendre ce que vous vivez ! Que vous le vouliez ou non, vous devrez tôt ou tard apprendre à vous affirmer et à vous faire respecter. Alors rappelez-vous ce que dit Machiavel dans « Le Prince » :

« Retarder la guerre, quand elle est inévitable, c’est donner l’avantage à l’adversaire »

Mais, bonne nouvelle, toutes les victimes qui ont réussi à s’enfuir physiquement et à se libérer psychologiquement vous le diront : dès qu’elles ont échappé à l’emprise de leur ex, elles ont eu l’impression de revivre !


Christel Petitcollin
Conseil et formatrice en communication et développement personnel, conférencière et écrivain

Pour pouvoir réagir, nous invitons à vous connecter Se connecter

Le 07/01/2017 à 18:42

Réponse de LauraBellesFantaisies

Bonjour, je pense qu'il faut être pacient. Moi j'utilise des les kits de sex toy pour me donner du plaisir. Je préfère des orgasmes en stimulant le point G féminin avec l'aide de gode en métal de luxe ou godes en verre pour le vagin
Le 24/07/2014 à 09:48

Réponse de lolamargot07

Je viens de donner un nom a l homme que je pensais etre mon amour ......cela fait mal
Le 25/08/2013 à 14:28

Réponse de Valerie

J'ai rien a rajouter toutes c étapes je les ai vécue sans exception !

Et cette impression de revivre je la ressent a 100% depuis quelques mois et m'étant ouverte de nouveau au monde, à la vie, et bien mon cœur c de nouveau ouvert à l'amour et je suis enfin heureuse de nouveau sentiments que je pensais mort à jamais, l'amour !

Le 25/08/2013 à 02:15

Réponse de stephyduclos

quels salopards .... terribles ces gens, ils devraient mettre leur intelligence à d'autres objectifs !!!
Le 27/04/2013 à 21:40

Réponse de clemence4745

tt a fait vrai dans la phrase de carbo
Le 26/04/2013 à 11:33

Réponse de CARBONARA

Je ne me reconnais pas totalement dedans, il y a des points oui mais là c'est bien plus que ce que je connais ... quoiqu'il arrive, je retiens cette bien jolie phrase : « Retarder la guerre, quand elle est inévitable, c’est donner l’avantage à l’adversaire »
Le 24/04/2013 à 13:46

Réponse de damejessica

oui, c'est tout à fait ça, d'ailleurs, quand je suis partie, je lui ai dit, je te quitte ou je vais crever !!!

d'ailleurs, pousser au suicide était son jeu favori ...
Le 23/04/2013 à 12:18

Réponse de clemence4745

et surtt celui d etre ecouté reconnue,pour la personne que nous somme ca aussi cest une grande question
Le 23/04/2013 à 10:54

Réponse de FranckP

Mais il reste toujours un sentiment d'injustice , c'est celui-ci le plus dur à accepter et à digérer , ça prend beaucoup de temps :(
Le 22/04/2013 à 21:22

Réponse de Fiona

Tout a fait, cela ressemble à ceux que j'ai vécu. Mon ex actionnait le bouton culpabilité jusqu'au jour ou ça s'est arrêté. J'ai laissé quelques plumes au point d'avoir développé une pathologie l'hypertension artérielle, avec toutes ses nuits sans sommeils, des angoisses du lendemain. Après la rupture, j'ai bien dormi pour le première fois et le travail entamé avec le psychologue m'a permis de faire le tri et de déculpabiliser. Je revis depuis
Le 22/04/2013 à 20:48

Réponse de clemence4745

tout ce qui est dit ici est veridique, il faut vraiment du courage pour en sortir de cette relation manipulatrice