Comment choisir le bon partenaire ?

Publié le 10/10/2016 à 21:38

Chaque semaine, un dossier sur la sexualité commenté chaque jour par l'un de nos experts...

Lundi 08 avril

Nom : PERETTI

Prénom : Marie-Laure

Profession : Docteure en Psychopathologie fondamentale et Psychanalyse - Psychothérapeute

Libre ou totalement déterminée, la rencontre avec un partenaire amoureux ? En réalité, cette rencontre dépend de plusieurs facteurs qui ne sont pas forcément communs à tous. Par exemple, certains rechercheront un type de grain de peau particulier quand d’autres privilégieront les yeux, et d’autres encore l’odeur.

Selon notre histoire, nous privilégierons ce qui fera sens pour nous.

Par ailleurs, le choix de partenaire répond fondamentalement à deux types de besoin chez l’être humain, qui échappent à une analyse rationnelle et restent sous la mainmise du cerveau reptilien, siège des émotions.

Soit le partenaire choisi répond à un besoin de réparation et est utilisé dans le but de soigner les blessures de l’enfance, quête bien souvent illusoire qui mène vers un état de dépendance.

Soit il va servir à assouvir un besoin de vengeance et est utilisé dans le but de lui faire subir les mauvais traitements reçus dans l’enfance. S’il accepte, il devient lui-même dépendant dans un rapport de violence psychologique qui peut parfois dégénérer en violence corporelle.

Il faut aussi se rappeler que le partenaire choisi mélange des caractéristiques du père et de la mère du choisissant et qu’il y a par conséquent peu de chances que la réparation aboutisse puisqu’il leur ressemble.

Pas plus que la réparation, la vengeance, la violence en prime, ne sera salvatrice.

La modestie est de mise et il ne faut pas imaginer qu’on décide grand chose dans le choix de son partenaire amoureux !

Mardi 09 avril

Nom : HERIL

Prénom : Alain

Profession : Psychanalyste, sexothérapeute et formateur

Il n’y a de bon partenaire que s’il nous provoque trouble, désir et enthousiasme ! A mon sens un bon partenaire n’est pas obligatoirement un(e) bon(ne)technicien(e) du sexe. C’est une personne qui va plutôt nous intriguer, qui va créer en nous une curiosité et bien entendu activer nos fantasmes. Un bon partenaire ne se choisit pas en fonction de ce qu’il (ou elle) est mais en fonction du trouble qu’il nous procure. De fait c’est avec ce trouble que nous allons vers lui, que nous cherchons à établir une rencontre que nous souhaitons la plus torride possible ! Que cela se réalise ou non, peu importe finalement ! On ne peut que remercier l’autre d’avoir été le levier par lequel nos fantasmes et notre imaginaire se sont activés !

Choisir le bon partenaire c’est choisir l’émotion qui nous anime le plus profondément et que l’on veut confronter dans le lien à cet autre. Finalement nous ne faisons que nous choisir nous-mêmes et d’utiliser l’autre comme moteur émotionnel. C’est son corps, son allure, ses mots…tout un ensemble parfois indéfinissable qui nous active.

Et ce partenaire sera vraiment le bon lorsqu’à chaque fois nous retrouverons à ses côtés cet élan et cet émoi qui nous amène à penser que la sexualité vaut la peine d’être vécue !

Mercredi 10 avril

Nom : MARTIN

Prénom : Bruno

Profession : Sexothérapeute

« Dieu a dit : aimez vous les uns les autres mais il n’a pas interdit les préférences ».

Nous choisissons le partenaire de notre vie à l’aide de la biologie (vue, ouïe, sens tactile, odorat) et nos codes Socio- sentimentaux, Tendres et Génitaux développés très tôt à travers la singularité de nos expériences dés la prime enfance. Il convient donc de s’y fier tant que ces critères ne nous mènent pas dans le mur. Car attention, des défauts peuvent devenir attirants si la personne modèlisée qui les portait dans notre enfance a généré des affects positifs. Ce processus reste en grande partie inconscient. Il explique que chacun fait des choix différents et parfois mauvais.

Pour bien choisir, l’expérience aurait tendance à nous montrer qu’un maximum de points communs sur les grandes valeurs de la vie (éducation, argent, sexe, temps partagé), avec quelques différences qui compensent nos manques et qui nous tirent vers le haut fondent le meilleur choix épanouissant et durable.

Il apparait que si nous notons l’attraction physique d’une personne sur 10, les couples qui présentent les meilleures chances de survie ne présentent pas un écart supérieur à 2, sauf dans le cas où l’homme compense par de fortes ressources socio économiques.

Enfin, il semble judicieux que les femmes ne choisissent pas les hommes « spécialisés dans l’impossible engagement» , à savoir :

- Le vagabond affectif

- L’éternel Ado toujours avec ses copains et ses lubies

- L’addict aux substances ou au jeu

- Le Don Juan ou le Casanova

- Le roi de l’éthique avec toujours une bonne raison pour ne pas s’engager

 Jeudi 11 avril 

Nom : KARILA

Prénom : Laurent

Profession : Médecin (Psychiatrie et Addictologie)

I Il n'y a pas de règles ni de consensus. Cependant, on ne choisit jamais une personne au hasard. On peut toujours organiser des « dates », des tchats sur des sites de rencontre, sortir non stop, se rendre à de nombreux diners en ville, aller dans des soirées branchées, soigner son allure (physique, vestimentaire), s’offrir des roses, chanter des chansons, écrire des poèmes, se Twitter à l’infini… le critère principal sous jacent tient en un mot ou plutôt un verbe : PROCREER. Nous sommes irrémédiablement attirés vers le/la partenaire qui sera le/la plus apte à nous donner une descendance. Différentes études scientifiques ont clairement montré que la foudre ne tombe pas n’importe où. L’histocompatibilité génétique est également capitale. La séduction obéit à notre pulsion archaïque de reproduction, pulsion dominante qui guide les amoureux, même à leur insu...

(On ne pense qu’à ça, Editions Flammarion, 2009 - auteurs : Michel Reynaud et Laurent Karila).

Vendredi 12 avril

Nom : ARLIN

Prénom : Philippe

Profession : Sexo-thérapeute

Choisir le bon partenaire, quel proposition étrange, le bon compagnon de quoi ? De vie ? De sexe ? Mais alors et-ce que cela veut dire qu’il n’y en a ? Un de bon et des milliers de mauvais ?

Heureusement la vie nous amène très vite à comprendre que tout cela est relatif et va évoluer avec le temps. Du prince charmant en passant par l’âme-sœur, le mari, le père des enfants ou le compagnon. Ce qui se déclinera pour la femme en muse, princesse, épouse, mère ou compagne. Autant de nuances sur l’échelle de la relation autant de subtilités qu’il convient de prendre en compte. Car trouver le ou la bonne partenaire dépend de nos aspirations profondes. Et c’est là justement qu’il convient d’être extrêmement précis, que désirons-nous ? Quelles sont nos valeurs. Voulons-nous une famille, des enfants et une stabilité affective, ou recherchons nous à vibrer, à ressentir le grand chamboulement de l’amour, de la passion ?

C’est un peu comme tirer à l’arc, si notre cible n’est pas nette comment pouvons-nous envisager de mettre dans le mille ! Une fois cette première étape posée, il faut avoir la volonté de rester ferme dans ses choix, de ne pas dévier, ne pas rêver que l’autre changera et s’adaptera à nos attentes. Tout se joue dans les premiers mois de la relation, de notre capacité à entendre et à voir tout ce qui fonctionne ou pas, à un moment ou romance et passion nous poussent par définition à tout voir en rose. Mais le rose n’est pas une couleur stable, elle passe avec le temps laissant place à des nuances allant du rouge colère au blanc de l’indifférence.

Alors si j’ai un conseil à vous donner c’est de vous écouter et de vous faire confiance et ce dès le début en ne vous laissant pas envahir par le peur de ne pas rencontrer quelqu’un. Il ne s’agit pas de trouver le « faute de mieux » mais celui qui vous donne envie d’avancer car le temps des compromis viendra bien assez vite.

Samedi 13 avril

L'avis de Brigitte :

Nos choix amoureux répondent à des critères particulièrement difficiles à contrôler. Et lorsque notre cœur s’enflamme, la raison en effet n’a plus beaucoup de marge de manœuvre.

J’ai toujours pensé qu’il était bon de vivre des passions néanmoins, il est parfois utile, dans certaines situations, de ne pas se laisser emporter par ses sentiments. Notamment lorsque nous sommes dans un couple qui fonctionne bien ou lorsque notre passion peut nous obliger à des changements radicaux dans notre existence.

Et lorsqu’on décide de s’engager, mieux vaut être à peu près sûr d’avoir choisi le bon partenaire. Car une séparation est toujours une épreuve alors autant éviter de se tromper.

Durant le premier mois, il peut s’avérer impossible de juger quoique ce soit. Tout indice négatif sera noyé dans le flot de nos émotions exacerbées.

De toute façon, je déconseille à quiconque de s’engager dans une histoire avant trois mois. C’est-à-dire de décider d’habiter définitivement ensemble trop tôt. L’idéal étant souvent d’attendre au moins huit ou neuf mois.

Ecoutez les éventuels signaux que vous ressentez. Toute impression négative doit être examinée plus sérieusement. Ecoutez d’autant plus les remarques que pourraient vous faire vos proches.

Ensuite, envisagez la vie avec ce partenaire dans quelques années : avez-vous les mêmes projets de vie ? Les mêmes ambitions ? Les mêmes goûts ?

Car si l’amour permet une attirance et fait démarrer la relation, ce seront vos caractères réciproques et vos styles de vie qui vous permettront de bâtir une histoire commune.

Et bien sûr, une trop grande asymétrie sexuelle est un réel handicap car certes au fil du temps on peut trouver une harmonie sexuelle mais un obsédé sexuel ne pourra pas être heureux avec une frigide ! 

 

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