A partir de quand peut-on parler de perversion sex

Publié le 10/10/2016 à 21:37

Chaque semaine, un dossier sur la sexualité commenté chaque jour par l'un de nos experts...

Lundi 25 mars

Nom : KARILA

Prénom : Laurent

Profession : Médecin (Psychiatrie et Addictologie)

Les perversions sexuelles correspondent à un comportement sexuel particulier devenant une source exclusive d’excitation et de plaisir, survenant de façon intense, répétée et déconnectée du sentiment amoureux.

En médecine, on parle de paraphilies, c’est à dire de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions sexuelles, ou de comportements qui surviennent de façon répétée et intense, pendant au moins 6 mois, et qui sont à l’origine d’une souffrance ou d’une altération du fonctionnement social ou professionnel.

La liste des perversions est fournie : voyeurisme, exhibitionnisme, fétichisme, frotteurisme sadisme, masochisme. Certaines personnes peuvent les utiliser dans leurs jeux érotiques mais ce qui fait la différence avec la perversion au sens strict du terme, c’est qu’ils ne l’utilisent pas de façon exclusive pour avoir du plaisir.

L’ondinisme ou l’urolagnie (plaisir obtenu au contact de l’urine, douche dorée, golden shower) ou la scatophilie sont des pratiques rapportées.

D’autres perversions peuvent être plus graves et passibles de poursuites judiciaires. Il y a aussi la pédophilie, la nécrophilie (mises en scènes sexuelles morbides de cadavres), la zoophilie…

Mardi 26 mars

Nom : HERIL

Prénom : Alain

Profession : Psychanalyste, sexothérapeute et formateur

La sexualité idéalement est le lieu où deux sujets se rencontrent et vivent ensemble une expérience de plaisirs partagés. Dès lors que l’un est considéré (sans son assentiment) comme un objet par l’autre on peut commencer à parler de perversions.

Dans la perversion sexuelle il y a un refus manifeste de l’altérité. L’autre n’existe pas. Il n’a pas la possibilité de refuser ce qu’on lui propose. Le pervers sexuel est donc toujours une personne qui manipule l’autre pour arriver à ses propres fins. Seul son désir, son plaisir, ses objectifs comptent. Et d’ailleurs c’est le fait même d’obliger quelqu’un à une pratique sexuelle non consentante qui est source de plaisir et qui détermine la notion de perversion sexuelle.

Evidemment dans le jeu sexuel on peut s’amuser à détourner la notion de perversion, en jouant avec des fantasmes de soumission ou de domination par exemple. Mais chacun sait qu’il joue. Et chacun est favorable au fait de jouer. Même si l’on se soumet c’est encore dans la liberté qu’on le fait.

La perversion sexuelle est en lien avec la transgression mais on la reconnait surtout par la violence qu’elle impose à celui qui la subit et à l’obsessionalité morbide de celui qui l’impose.

C’est l’endroit même où pulsion de vie et pulsion de mort se confondent.

Mercredi 27 mars

Nom : MARTIN

Prénom : Bruno

Profession : Sexothérapeute

Ethymologiquement la perversion désigne une conduite qui se détourne des règles définies par une société. Autant dire que la perversion évolue avec les règles morales. Ainsi par exemple,l'homosexualité est exclue depuis quelques années seulement du champ des perversions psychiatriquement rescencées. Freud quant à lui a été jusqu'à dire que les perversions se résumaient aux comportements qui méconnaissaient le but essentiel de la sexualité, c'est à dire la procréation. Suivant cette définition, la presque totalité des pratiques érotiques serait déjà perverse.

Une perversion se caractérise par une déviance qui peut viser l'objet de la pulsion comme dans le cas de la pédophilie ou la zoophilie, ou bien, un but comme dans le voyeurisme ou l'exhibitionnisme. Néanmoins,en chaque être humain, il existe un grand nombre de fantasmes "pervers" résiduels qui nous différencient de la norme, agrémentent notre sexualité, et ne font pas de nous des pervers.

Si nous voulons oser une définition personnelle, nous dirons que toute pratique sexuelle non librement consentie de façon éclairée devient perverse (violence, pédophilie, nécrophilie, zoophilie....).

Enfin deux tabous régissant les fondements de la culture d'après Levi Strauss et paraîssent inviolables sous peine de perversion: la prohibition de l'inceste et par extension, la pédophilie, et celle du meurtre et par voie de conséquence de tout acte violent non consenti.

Mais ne dramatisons pas et comme George Bernard Shaw le disait: "de toutes les perversions sexuelles, la chasteté est la plus dangereuse".

Jeudi 28 mars

Nom : PERETTI

Prénom : Marie-Laure

Profession : Docteure en Psychopathologie fondamentale et Psychanalyse - Psychothérapeute

Dans le langage courant, une perversion désigne une déviation de la sexualité. Etymologiquement, « pervertir » est composé de deux mots : « per » qui signifie par et « vertere » qui désigne le fait de tourner. Par conséquent, pervertir veut dire « par détournement », « détourner du droit chemin ».

Depuis le XIXè siècle, une large littérature médicale et psychiatrique a décrit et classifié toutes les formes de sexualité qui déviaient par rapport à l’objet (objet d’amour homosexuel, d’un sujet très jeune, très âgé, d’un cadavre, d’un animal, d’un vêtement, d’un vêtement de l’autre sexe etc.)

C’est dire si peu de choses échappe à la dénomination de perversion.

Il ne faut pas oublier que ce qui est une perversion aujourd’hui peut très bien ne plus l’être au siècle suivant, parce que la façon de regarder la chose sera différente.

Par exemple, au siècle dernier, la fellation était considérée comme une pratique perverse parce que détournée du but supposé naturel, à savoir la reproduction.

Aujourd’hui, la sexualité répond à au moins deux fonctions : une fonction de reproduction et une fonction intime, sociale et de plaisir dans une rencontre avec l’autre.

Sans entrer dans des considérations médicales ou relevant de la loi, on pourrait s’en tenir à une définition pour soi : relèverait de la perversion ce qui vise à satisfaire le besoin de l’autre sans considération pour le sien, ce que je n’accepte pas et qui me fait du mal.

Vendredi 29 mars

Nom : ARLIN

Prénom : Philippe

Profession : Sexo-thérapeute

La perversion est un terme qui relève de la psychiatrie et seuls les psychiatres sont réellement habilités à poser un tel diagnostic. Pourtant ce mot ne cesse d’être utilisé par tout un chacun pour désigner un peu tout et n’importe quoi, et trop souvent, dès que quelqu’un a des désirs perçus comme déplacés on le traite de pervers. On y retrouve, la sodomie, le fétichisme du pied, l’échangisme... voir même pour certains la fellation, donc tout et surtout n’importe quoi !

Pourtant bien sûr la perversion existe, et la définir n’est pas forcément facile car la frontière est floue entre perversion et fantaisie. A l’origine, elle se définit par le fait de détourner un objet ou une parole de son sens premier. En sexualité cela reviendrait à détourner par exemple une fonction du corps en un élément libidinal. Pour autant et c’est là que cela se complique, c’est l’essence même de la sexualité et des moteurs de l’excitation.

Donc définir la perversion c’est plus définir son aspect pathologique et je dirai qu’elle existe quand l’objet détourné du désir devient indispensable à l’obtention de la jouissance.

Pour faire court avoir des fantasmes de nature « perverse » c’est une chose mais la perversion n’apparait à mon sens que lorsque ces fantasmes deviennent le seul et unique moyen d’obtenir une jouissance.

Samedi 30 mars

L'avis de Brigitte :

En matière de sexualité, il y a ce que l’on appelle la norme. Cela ne signifie pas la même chose que le normal. La norme, c’est en quelque sorte les pratiques sexuelles les plus répandues dans une société à un moment donné. Cela dépend évidemment de l’époque mais aussi bien sûr de la culture.

Par exemple, on peut considérer qu’aujourd’hui la sodomie est entrée dans la norme, ce qui était loin d’être le cas il y a cinquante ans.

Néanmoins, il y a pourtant des pratiques sexuelles qui ne rentrent pas vraiment dans la norme mais qui, du moins du point de vue de la sexologie, ne rentrent pas pour autant dans des pratiques perverses. C’est le cas par exemple du sadomasochisme.

Mais là où cela se complique un peu, c’est que pour grand nombre d’entre nous, le sadomasochisme est considéré comme une pratique perverse.

Voilà pourquoi la définition de perversion sexuelle est particulièrement subjective !

En fait, je dirai que la perversion sexuelle se définie d’une manière simple. Toute pratique qui serait contraire à la loi, comme la pédophilie, est considérée comme perverse.

J’ajouterai les pratiques sexuelles qui demandent un nombre de paramètres importants. Lorsqu’un individu ne peut obtenir sa jouissance qu’à cette seule condition. Par exemple, un homme qui a besoin de faire l’amour uniquement avec des femmes ayant des gros seins et portant des chaussures à hauts talons rouges a une pratique sexuelle qui peut être considérée comme perverse.

De même tout individu qui forcerait sa ou son partenaire à ne faire l’amour qu’à sa façon et uniquement pour son propre plaisir. Cela peut être le cas parfois lorsqu’une personne oblige l’autre à aller en club libertin.

En revanche, toute pratique sexuelle, même en dehors de la norme mais pratiquée par deux adultes tout à fait consentants ne devrait pas être jugée comme perverse…

Pour pouvoir réagir, nous invitons à vous connecter Se connecter

Le 27/03/2013 à 14:44

Réponse de Manue

oui les fesses parfaites d'Ambre rendent cette photo parfaite!!!

intéressant, j'aime bien la conclusion ;)
Le 26/03/2013 à 10:24

Réponse de masoman

J’en ai pratiqué plusieurs des « perversions » cité dans votre article toujours dans un contexte D/s (Dominante/soumis) et j’ai deux commentaires.



La première concerne la définition de la perversion qui contient cette grand ET « et déconnectée du sentiment amoureux »

La tendresse et l’amour ne sont pas exclus dans une relation ou on s’amuse avec ces jeux. D’ailleurs mon expérience est que c’est bien mieux avec une partenaire complice pour laquelle on a des sentiments. Est-ce que ce n’est plus une perversion ? Il me semble que pour la majorité des gens qui trouvent la pratique dégoutant ça restent toujours une perversion. Et puis d’un point vu personnelle est ce que je suis perverse parce que je pratique une des actes dans votre liste avec une inconnue plutôt que avec une partenaire pour laquelle j’ai les sentiments ? (Petit parenthèse … je dis c’est mieux dans un contexte de tendresse voir amour mais ça peut être très bien voir excellent avec une inconnue tout comme le sexe classique)

Le deuxième commentaire concerne la loi.

Evidement la loi est sensé de protéger la société et les membres de la société les plus vulnérables notamment les enfants. Mais on peut remarquer que suivant les pays et le temps il y a des grands écarts. Il y pas si longtemps que ça l’homosexualité était réprimé dans de nombreux de pays, quand j’étais jeune c’était encore le cas en Afrique du Sud. Actuellement (et os je le dire perversement) aux Etats Unis à New York les dominatrices professionnelles pratiquent en toute légalité si elles appliquent la règle « No Sex » mais les prostitués sont poursuivis par les forces de l’ordre. En Angleterre il y a quelques années je rappelle d’un cas ou des homosexuelles qui pratiquaient le SM étaient condamnés à la prison ferme, les dominants pour coups et blessures (GBH) les soumis pour complicité (aiding and abetting). Tappez Spanner sur Google.



Enfin tout ça pour dire un peut se trouver hors la loi sans vraiment penser qu’on fait du mal et c’est un sujet donc intéressant qui sera bien à développer.



Le 26/03/2013 à 05:49

Réponse de Montagnard

expdr
Le 25/03/2013 à 21:56

Réponse de florestan

on parle de perversion sexuelle quand montagnardd me dit qu'il monte me bouffer le cul si il pleut a montpellier mercredi et jeudi!!!