Le devoir conjugal a-t-il encore un sens ?

Publié le 10/10/2016 à 22:19

Chaque semaine, nous vous proposons un dossier commenté par certains de nos experts... Et Brigitte, bien entendu !

Repensez à toutes les fois où vous avez reproché à votre partenaire la fréquence de vos rapports... Parce que logiquement dans le contrat le rapport sexuel régulié, s'il n'est pas spécifié, est largement sous-entendu. Brigitte et le docteur Parpaix, vous explique ce qu'est le devoir conjugal en 2016... 

Dr François PARPAIX

Médecin sexologue et thérapeute de couple

À une époque pas si lointaine et en forçant le trait, l’Eglise et l’Etat sommaient implicitement les nouveaux mariés de copuler pour augmenter leurs effectifs en fidèles et produire de la chaire à canons… Les relations sexuelles forcées dans le couple et/ou la séparation pour non consommation du mariage étaient autorisées. Aujourd’hui encore, des femmes sont mariées de force ou enrôlées-kidnappées sous couvert de croisades djihadistes. Plus classiquement de nos jours, le refus de relations sexuelles par absence de désir sexuel génère bien des tensions et des conflits mais peut déboucher sur les mêmes conséquences. Les mots ont juste changé et on a changé de camp : on parlera de viol au sein du couple et de séparation. 

Pour le sexologue, ‘’le devoir conjugal’’ n’a de sens que si on lui adjoint les mots ‘’désir’’ et ‘’plaisir’’ dilués dans la course folle d’un quotidien rendant la masturbation avec support vidéo et autres gadgets tellement plus commodes et plus accessibles qu’une relation sexuelle. Occasion donc de rappeler aux paresseux du sexe et ou aux découragés, dégoûtés et malmenés de la relation sexuelle, les conséquences parfois violentes que cela engendre au sein du couple, avec une question récurrente : « comment se respecter dans son ‘’non désir’’ de relations sexuelles quand l’autre en souhaite plus et le respecter lui dans son désir légitime ? » 

La qualité des petits "devoirs d’intimité conjugale", comme de mettre une touche de sensualité dans ses gestes et dans ses mots dans les moments de fusion-tendresse conjugaux, etc., ne peuvent que partiellement compenser un refus de relation sexuelle, mais ça laisse un espoir et un espace au dialogue en attendant de trouver une aide. 

Certains étendent la notion de "devoir conjugal" au fait de rester fidèles à l’engagement du lien… D’autres préférant compenser ou compléter le devoir conjugal à l’extérieur du couple avec une ou des maîtresses ou des relations tarifées. À chacun sa définition du devoir conjugal - qui se transforme avec les saisons du couple - pourvu qu’elle convienne et garde son sens pour les deux et dans le respect de l’être que l’on a en face de soi. 

 

L'avis de Brigitte

Ce terme est certes tombé en désuétude. Fini le temps où les femmes devaient accepter les rapports sexuels demandés par leur époux. Néanmoins, un mariage non consommé reste encore une clause de rupture de contrat. Comment comprendre ces contradictions ? Sans doute en considérant qu’il y a maintenant parité. Ainsi, l’épouse peut aussi demander le divorce pour manque de sexualité !

Bien sûr, le terme devoir me semble assez incompatible avec plaisir et désir. Mais je ne suis pas franchement d’accord avec certains sexologues qui prétendent qu’une femme ne doit jamais faire l’amour si elle n’en a pas envie. 

Tout d’abord, trop de femmes ignorent la différence entre plaisir et désir. Le premier dépend du corps, tandis que le second dépend du psychisme. 

Allons plus loin : il est tout à fait possible d’obtenir un orgasme sans avoir eu pourtant de désir pour ce rapport sexuel qui vient de se dérouler. Deux corps qui se rencontrent et qui s’unissent dans un coït consentant (il est utile de le préciser), peuvent jouir. Si ce n’est pas le cas, c’est peut-être parce que la tête dit non. Je ne fais pas l’apologie du plaisir charnel sans amour mais il me semble que dans un couple, l’amour reste présent. Donc, il est important de parler du plaisir, non pas de l’envie, du désir ou des besoins.Car désir ou envie s’émoussent au fil de la relation, quant aux besoins, ils sont rarement totalement au diapason entre les deux partenaires. 

En voulant à tout prix évacuer cette notion de devoir conjugal que je pourrai appeler devoir de respect d’amour réciproque, médias et sexologues culpabilisent encore un peu plus les femmes en leur expliquant qu’elles ne doivent surtout pas faire l’amour sans désir et du coup, elles s’angoissent de leur manque de désir. Tout comme elles ne devraient jamais simuler et obtenir un orgasme à chaque rapport.

Ces injonctions donnent à l’acte sexuel un rôle qu’il n’a pas. Ce ne doit pas être un feu d’artifice mais plutôt un feu sacré. L’intimité du couple est nécessaire pour consolider le lien et éviter les chemins de traverse. L’intimité permet d’échanger des moments de tendresse, de sensualité, de plaisir et… de jouissance.

Sur un plan symbolique : lors d’un rapport sexuel, l’homme apaise ses tensions dans le ventre de sa maîtresse et cette dernière récupère de l’énergie. Cet échange d’énergie évite bien des conflits inutiles et une lutte de pouvoir trop marquée. Ainsi, il ne s’agit pas de dire qu’il faut accomplir le devoir conjugal tous les samedis soirs, mais d’aider les partenaires à comprendre l’importance de la sexualité entre eux. 

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Le 09/05/2016 à 13:09

Réponse de hervard

NON. !!
Le 09/05/2016 à 13:09

Réponse de hervard

NON. !!
Le 22/04/2016 à 09:13

Réponse de rouquinette

"Le devoir conjugal"........c'est quoi ça ????Ce mot "devoir"est horrible..........

l'Amour ça se vit à deux dans la tendresse ,le désir et les plaisirs .......