La violence humaine

Publié le 10/10/2016 à 22:18

Hier soir, j’aurais eu de quoi déprimer, après une émission durant laquelle j’ai abordé la violence sexuelle sur mineurs avec Violaine GUERIN, présidente de SVS (stop aux violences sexuelles), une intervenante pleine d’humanité. 

J’ai vu les images de cruauté sur des animaux dans un abattoir. Comment un être humain peut-il se montrer aussi cruel et sadique envers un autre être vivant ? Parce qu’il n’est pas capable de faire preuve d’empathie, ou plus simplement parce qu’il est dans l’impossibilité de se mettre à la place de celui qu’il agresse. Cette violence est en fait une violence interne qui entraîne à des actes abjects. Je ne suis pas végétarienne mais je n’ai pas envie de faire plaisir à mes papilles en faisant souffrir un animal. 

Quant à ces personnes qui abusent des enfants, j’avoue que je ne parviens pas à leur trouver la moindre excuse. Pourtant derrière ces actes, se cachent toujours des traumatismes et des souffrances subis le plus souvent avant l’âge adulte. Et je ne reviendrai pas sur le cas des terroristes.

Alors, prenons tous conscience qu’il est plus qu’urgent de comprendre que la construction d’un humain se fait durant l’enfance et tout enfant qui subit des violences sexuelles mais aussi corporelles et même verbales risque de devenir un barbare.

En ce début de XXIe siècle, l’humain a évolué mais il reste pourtant des sujets tabous. Combien de familles refusent de dénoncer l’un des leurs qui a des tendances pédophiles ? Combien d’institutions couvrent certains de leurs collaborateurs qui ont été suspectés d’actes pédophiles ? Combien de souffrance pour gagner plus ?

Franchement, cessons d’être dans le déni. Je crois que l’Homme n’est pas fondamentalement bon ou mauvais, il devient ce qu’il a eu comme modèle durant ses quinze premières années. Alors réveillons-nous et osons aborder les vrais problèmes de notre société…

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Le 30/03/2016 à 21:13

Réponse de angela

Merci Brigitte pour ce message, vu sous cet angle, effectivement cela me donne de l'espoir et je vais tenter de maturer tout cela, car à titre personnel, j'aimerais un jour pouvoir apporter ma pierre à la lutte contre ce "fléau". D'autant plus, par ailleurs, que je m'intéresse également à la politique et que j'ai encore le coeur de croire à la politique, la vraie.



Cheyn: travailler sur soi me semble également très important, je vous rejoins totalement. Je considère que c'est un préalable peut-être pas indispensable (quoique...), tout au moins souhaitable, à toute action.



Le 30/03/2016 à 20:42

Réponse de Brigitte

Oui depuis la nuit des temps l’homme est confronté à sa violence mais nous avons aujourd’hui enfin compris quels en sont les mécanismes et pratiquement toujours les causes sont dues à des maltraitances durant l’enfance. Donc nous pouvons avancer. L’empathie par exemple a été découverte il y a à peine trente ans et la guerre de 14/18 ne serait plus envisageable aujourd’hui, peu de Français accepteraient de subir ces conditions inhumaines.



Osons évoquer le cas des terroristes, ils ont pratiquement tous connu des violences dans l’enfance, souvent des abus sexuels d’ailleurs et en Syrie, la première chose qu’on fait avec eux, ce sont des actes de sodomie pour justement leur enlever toute identité humaine.



La tâche est énorme raison de plus pour commencer tout de suite.



Pow- je comprends que vous avez du mal à excuser les déviances par une enfance lourde, mais c’est votre phrase qui ne va pas. Pas question d’excuser, juste de comprendre pour que dans le futur il y ait moins d’enfants traumatisés et donc moins de barbares...
Le 30/03/2016 à 19:42

Réponse de CheyN

@angela : Que faire contre la violence à titre personnel dites-vous ? @ Pow Vous atteignez une limite à votre empathie ?

Eh bien justement je comprends cet article de Brigitte empli d'un Amour véritable et je le perçois comme une piste essentielle pour contribuer chacun individuellement et immédiatement à une humanité meilleure : commençons par reconnaitre nos propres limites et la violence d'intolérance et de haine qu'elles légitiment dès lors qu'on ne les assume pas.



En clair : dès lors que nous nous lamentons et condamnons ce qui se passe à l'extérieur de nous-m'aime, nous ne faisons que nourrir cette violence qui nous fait tant horreur tout juste à l'intérieur de nous-m'haine.
Le 30/03/2016 à 17:34

Réponse de angela

que peut-on faire pour enrayer la violence, et tout particulièrement la violence sexuelle? Un travail sur soi ne se fait pas par hazard, c'est souvent le fruit de tout un cheminement personnel. Il ne suffit pas de vouloir guérir pour "guérir", il faut être prêt. Et c'est pas une question de simple volonté. Surtout pour ce genre de violence extrême. Alors, mon commentaire ne se fait pas forcément défaitiste, mais je m'interroge réellement sur ce les actions qui pourraient être efficaces pour enrayer ce problème...



Quand c'est fait sur un enfant très jeune, qui va le plus souvent pas comprendre ce qui lui est arrivé et l'oublié...quand les personnes qui le font sont celles en qui il avait toute confiance...quand les personnes censées le protéger préfèrent se voiler la face et faire semblant que tout va bien plutôt que de protéger?... Encore une fois, je ne veux pas forcément être défaitiste, mais que faut-il faire pour enrayer des violences familiales aussi ancrées? Et qui ne laissent souvent aucune trace, si ce n'est quand on a de la "chance", des souvenirs qui reviennent 30 ans plus tard, après 30 ans de souffrance?...



Que faire quand l'enfant, puis l'adolescent qu'il deviendra, puis l'adulte un jour, a appris à obéir, à rentrer dans le moule tant bien que mal, à "donner le change" et à donner à voir une certaine image sociale. Bien sûr, il va courir les spécialistes pour des maux divers, bien sûr il dormira mal, bien sûr il se sentira vide au fond de soi, bien sûr il prendra probablement des drogues légales ou pas, bien sûr il aura probablement un travail, des enfants, une femme ou un mari, bien sûr la séxualité sera souvent compliquée... Mais rien ne sera vraiment visible, seulement une douleur intérieur immense mais à laquelle il est habitué car présente depuis ses plus jeunes années. Seulement de la souffrance permanente, comme si chaque jour, chaque évènement de la vie, étaient une nouvelle guerre à affronter....



Il y a probablement des choses à faire... mais, j'avoue à titre personnel, ne pas voir actuellement ce qui pourrait être vraiment efficace. A part, comme je l'ai déjà dit dans un autre post, l'Amour. L'amour est très fort. Mais cela se décrète t-il l'amour? Ou bien, Dieu (pour moi, amour et dieu sont un peu la même chose). La seule certitude que j'ai est celle là: quand on est dans l'amour (ou quand on accède à dieu, selon ce que chacun préfère), on ne peut pas pratiquer des violences aussi extrêmes que l'inceste. On reste bien sûr des animaux, et on a tous une certaine agressivité en nous, mais pas de telles degrés d'horreur.





Le 30/03/2016 à 12:09

Réponse de Pow-

Merci pour ce très bel article qui synthétise en quelques lignes, les maux actuels de la nature humaine. Actuels? Depuis la nuit de temps, non?



Oh, je me suis torturée l'esprit sur de tels sujets! Je me suis penchée sur le végétarisme, ma conclusion très brève est que : plus d'agriculture ne sauvera pas le monde. De nouveau, un scandale ces jours sur la maltraitance des animaux dans les abattoirs. Pas le premier, pas le dernier.



Il y a un mystère chez l'être humain qui semble comme déconnecter complètement de sa nature et de celle de l'autre quand il lui inflige sa violence, qu'elle soit physique, verbale ou sexuelle.



J'ai pourtant du mal à excuser les déviances par une enfance lourde et traumatisée. Cela fait peut-être partie de mon manque d'empathie personnel.