Pourquoi l’image de la femme est dégradée dans la

Publié le 11/10/2016 à 06:57

Chaque semaine, nous vous proposons un dossier commenté par certains de nos experts... Et Brigitte, bien entendu !

Les détracteurs de la pornographie se revendiquent souvent féministes et s'appuient évidemment sur la façon dont est bafouée la femme dans l'univers X. Mais alors le porno est-il vraiment misogyne ? Brigitte raconte son expérience, épaulée par Laurent Karila. 

Laurent Karila 

Médecin spécialisé en psychiatrie et addictologie

La pornographie fait partie du paysage de la sexualité et a toujours existé. Le poids économique de l’industrie pour adultes est non négligeable. Il rapporterait plusieurs centaines de millions de dollars par an.

La pornographie a modifié la donne en terme de représentations des choses, des corps des uns et des autres, du sexe en général. Il est vrai qu’en terme de représentation visuelle, il existe un déséquilibre homme/femme même si de nombreux supports à destination des femmes se développent de plus en plus. 

D’une façon générale, l’image de la femme dans les films X en streaming sur le web ou sur les chaînes câblées est basée sur un phénomène d’exhibition source d’excitation, de soumission non forcée (quoique limite dans certaines productions légales), de désir biaisé et de gratification immédiate pour l’homme. Le plaisir, la jouissance sont orientés. L’homme est la cible principale. Sensualité, esthétisme féminin sont relégués au troisième plan. Gang Bang, Bukkake, machines, pénétrations multiples et autres scénarios sont mis en avant dans les productions. Le cortex occipital (responsable de la vision) de l’homme est sur-activé. Il faut donc montrer des scènes excitantes. Chez la femme, c’est plus subtil au niveau cérébral.

Les actrices ont une plastique standardisée dans les films porno professionnels, à savoir un corps parfait, une fine taille, des seins fermes, refaits, un ventre plat, un sexe épilé, sans lèvres, des tatouages, des piercings, le teint hâlé… Dans les films amateurs ou dans les Gonzo, c’est madame tout le monde qui est représentée. Cependant, les femmes ne s'y retrouvent pas en terme de représentation.

Quel que soit le type de film, les femmes ont une image erronée. Elles sont toujours demandeuses de sexe, en ont toujours envie, se font prendre dans X positions, ont toujours un orgasme, et leurs zones érogènes sont très réduites, ce qui donne des normes physiologiques complètement irréelles. La pornographie fausse l’image de la femme. Tout est mécanique et dénué de réalité. Elle peut même être dégradée dans certaines productions. Je ne vous parle même pas de ce que l’on pourrait trouver sur le dark/deep web. 

 

L'avis de Brigitte

Durant les années 70/80, l’image de la femme dans les films pornographiques n’avait rien à voir avec ce qu’elle est devenue aujourd’hui. À cette époque, je jouais des femmes pas toujours satisfaites dans leur sexualité avec leur époux et qui s’autorisaient des fantaisies avec d’autres hommes. D’une certaine manière, le film pornographique, au début, libérait plutôt la femme.

Aujourd’hui, la femme est devenue un objet sexuel au service des fantasmes masculins principalement. Cela étant dit, la pornographie n’est pas du romantisme, si vous cherchez à voir une belle histoire d’amour, vous risquez de chercher longtemps des scènes qui correspondront à votre attente. 

La pornographie a pour but de montrer le coït, de préférence en gros plan. Les organes sexuels ont le premier rôle. 

Mais pourquoi la femme est-elle si malmenée ? Cette escalade d'humiliation de plus en plus fréquente a sans doute deux raisons principales :

Il faut aller toujours plus loin, toujours plus fort. Les doubles pénétrations sont maintenant systématiques alors qu’auparavant elles étaient très rares. De plus en plus, la pornographie se résume en quelques séquences, plus d’histoire, juste un corps de femme destiné à satisfaire un homme donc ce corps n’a plus rien à voir avec une personne. On peut donc l’utiliser sans aucune attention.

C’est bien dommage car la pornographie a nettement fait diminuer la capacité fantasmatique des spectateurs. Mais nous avons la pornographie qu’on mérite. La société oublie peut-être un peu trop ce qui nous fait humain pour ne devenir qu’un produit de consommation. 

Néanmoins, plutôt que de condamner les hommes qui sont devenus addicts à ces images, aidons-les plutôt à s’ouvrir aux valeurs positives qu’apporte une sexualité à deux. 

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Le 04/03/2016 à 11:11

Réponse de filouzof

Chère Brigitte,

On n'a pas la pornographie qu'on mérite, on à celle qu'on nous vend, faute de choix; est que cela satisfait l'amateur du genre, c'est pas sure.

Il y a encore une dizaine d'année, l'industrie du X, se portait encore bien en France, à part Marc Dorcel, tous les autres ont coulés, à qui la faute, aux sites spécialisés, qui déroulent des scènes hard au Kilomètre...

Quant à l'image dégradée et humiliante qu'il donnent de la femme, les torts sont partagés, ces pseudos actrices ont le droit et le devoir de refuser ces exibitions malsaines.

Cela dit, je suis d'accord avec vous, le romantisme est exclu des scénarios pornographiques...



PHILIPPE.
Le 25/02/2016 à 06:52

Réponse de Venom

" Elles sont toujours demandeuses de sexe, en ont toujours envie, se font prendre dans X positions " euh ben oui, c'est normal. ça s'appelle un film pornographique, sinon, ça s'apellerait un film chiant.
Le 24/02/2016 à 22:35

Réponse de rouquinette

Tout à fait d'accord Brigitte .....toujours + et +....ce qui mène à de l'insatisfaction permanente.......et la femme -objet est un produit de consommation courante ........

Alors que la sensualité et l'érotisme se consomment à DEUX.........
Le 24/02/2016 à 22:06

Réponse de clemence4745

alors la tout a fait d accord avec vs brigitte