Quels sont les risques d’IST en club échangiste ?

Publié le 10/10/2016 à 22:14

Toutes les semaines retrouvez nos experts et nos thérapeutes pour un dossier sur l'amour, le couple ou la sexualité... Avec en plus le regard de Brigitte, évidemment !

Peut-on faire confiance à nos différents partenaires sous prétexte que nous sommes dans un club à l'hygiène irréprochable ? Quelles sont les règles de prévention sur lesquelles il ne faut jamais transiger ? 

Petit récapitulatif avec Sylvain Mimoun et Brigitte Lahaie.  

Sylvain Mimoun

Gynécologue, andrologue et psychosomaticien

Sans préservatif, toutes les IST peuvent s'attraper, qu'il s'agisse des chlamydiae, des mycoplasmes ou autres infections plus classiques comme le gonocoque, la chaude-pisse. Évidemment cela est vrai pour n'importe quelle relation sexuelle avec pénétration et fellation. Lorsqu'il y a de multiples partenaires, nous sommes moins certains d'être en sécurité. 

Et la protection n'est pas qu'affaire d'homme. Une femme peut décider de mettre un préservatif féminin si l'homme refuse de se protéger. Une femme doit également aller dans un club échangiste avec des préservatifs masculins pour que l'excuse du "mince j'ai oublié d'en prendre" ne tienne pas la route. Si tous les partenaires jouent le jeu de la prévention, tout le monde pourra alors bénéficier de la tranquillité d'esprit et de plaisir. 

Le degré de sûreté ne dépend pas du club échangiste mais des personnes qui s'y rendent. Sans que cela soit la majorité, il n'est pas exceptionnel de traiter des patients qui attrapent une IST lors de relation avec partenaires multiples. 

Sauf pour le gonocoque, pour laquelle une goutte de pus au bout de la verge alerte l'homme, toutes les autres infections se révèlent souvent chez la femme. C'est elle qui va réagir. Après il faut remonter la filière… Dans ce contexte, il est logique que l'homme se protège et ne fasse pas la sourde oreille.

L'avis de Brigitte

Depuis déjà quelques années, on ne parle plus de MST mais d’IST, ce changement est intéressant car changer le mot maladie par infection est sans nul doute moins culpabilisant. 

L’acte sexuel est particulièrement à risque puisque, plus que tout autre, il met deux corps en relation étroite. À noter également : lors d’un rapport sexuel le vagin est nettement plus exposé que la verge. En d’autres termes, les femmes sont plus sensibles aux infections que l’homme.

L’idéal pour éviter tout risque serait de se protéger intégralement, ce qui revient à ne pas avoir de rapports sexuels sans préservatif mais également la fellation devrait être faite avec un préservatif. De même, si on veut vraiment éviter tout risque, un doigté devrait se faire avec un gant, un cunnilingus avec un bout de latex. Quant aux baisers, ils devraient être exclus.

À partir de ce moment-là, pas sûr qu’il reste encore beaucoup de plaisir à partager ! Trop de protections nuisent à la prévention. Voilà pourquoi je reste plus nuancée. Si bien sûr, lors d’un rapport sexuel, d’autant plus s’il est anal, le préservatif s’impose, pour les fellations, c’est un peu à la tête du gland. Les risques de contamination du VIH sont presque nuls et les autres infections moins graves. Pour un cunnilingus, les risques sont encore moindres. 

En revanche, si un homme prend plaisir à mettre ses doigts dans un vagin, il doit impérativement se laver les mains avant de toucher un autre sexe. De même, un détail qui est souvent négligé, lorsqu'un libertin s’amuse avec un jouet intime, il ne doit pas l’introduire d’une femme à une autre, soit il doit le laver, soit changer le préservatif. Comme il doit d’ailleurs le faire lorsqu’il pénètre une femme puis ensuite une autre. C’est souvent lors de ces échanges que des infections vaginales peuvent se transmettre facilement d’un vagin à un autre. 

Enfin, au moindre doute, un bouton suspect, une odeur un peu malodorante, une rougeur inhabituelle, la prudence s’impose. Avec ces quelques précautions somme toute pleines de bon sens, les risques de contracter une IST deviennent très faibles et le plaisir reste intact. Mais attention, il suffit d’une fois. Souvent parce que l’excitation aura été plus forte que la vigilance. 

Pour pouvoir réagir, nous invitons à vous connecter Se connecter