Guerre et terrorisme

Publié le 10/10/2016 à 22:14

Comme la plupart de mes compatriotes, j’ai été bouleversée par ces différents attentats qui ont eu lieu à Paris vendredi soir. D’autant que le public qui se trouvait au Bataclan était surtout composé de jeunes à la fleur de l’âge et toutes ces vies fauchées pour une cause qui n’est pas respectable car pas humaniste a de quoi nous révolter.

Durant tout le weekend, j’ai entendu sans cesse que nous étions en guerre. Il me semble que nous confondons trop guerre et terrorisme et cet amalgame risque fort de nous rendre impuissants. 

Une guerre se caractérise par deux peuples bien identifiés qui sont ennemis en général, les combats ont lieu dans des zones bien définies. Bien sûr les civils peuvent être touchés mais ils le sont de manière collatérale, pas de manière frontale. Tandis que le terrorisme ou la terreur (comme ce fût le cas sous la révolution ou sous certaines dictatures) vise à tuer n’importe qui et n’importe où pour justement instaurer une peur viscérale chez tout le monde puisque plus personne ne pourra désormais se sentir en sécurité. 

Nos dirigeants et les médias n’ont cessé de répéter que nous sommes en guerre, ainsi, nous serions aptes à nous défendre, notamment en étant plus vigilants à nos frontières et en renforçant les contrôles. Mais l’ennemi est à l’intérieur, tapi, prêt à surgir au moment où on l’attend le moins. On ne pourra pas mettre un soldat en uniforme derrière chaque citoyen. 

De même, de nombreuses personnes ont déclaré dans les médias qu’elles ne céderaient pas au terrorisme et qu’elles n’avaient pas peur ! Mais bien sûr que si. Les pauvres spectateurs visés par les kamikazes fuient. Personne n’a réussi à les désarmer comme le firent les soldats dans le THALYS. C’est normal d’avoir peur. Dans le train, il s’agissait de soldats entraînés à se défendre. De même les cafés étaient vides samedi soir, peu de gens avaient envie de sortir, ils sont restés cloîtrés chez eux parce qu’ils étaient terrorisés. C’est normal d’avoir peur, nous devons la survie de notre espèce grâce à ces réflexes de peur qui nous permettaient de fuir à la moindre alerte. 

Et donc, comme après les attentats de Charlie Hebdo, j’ai bien peur que rien ne change, jusqu’à la prochaine fois… Il nous faut prendre des mesures radicales, certes à l’encontre de nos beaux principes démocratiques mais quand il s’agit de notre survie et de la survie de nos valeurs, il faut accepter de renoncer à nos idéaux, aussi magnifiques soient-ils. 

Et je suis sûre que les musulmans seront les premiers à comprendre parce qu'ils aiment la France. Quant aux autres, ce sont d’éventuels futurs terroristes et ils sont donc bien moins innocents que ceux qui viennent de mourir en ce vendredi 13 !

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Le 18/11/2015 à 16:13

Réponse de manue44

Je suis tout à fait d'accord, c'est une manipulation des politiques et des médias de nous parler de guerre alors que l'ennemi n'est pas à l'extérieur même s'il est aidé par l'extérieur.

ça les arrange de désigner des coupables lointains pour ne pas reconnaître leurs responsabilités.

Est ce que les américains qui subissent des tueries régulièrement disent qu'ils sont en guerre? ces jeunes ont la haine et s'il n'y avait pas eu Daech ils auraient trouvés un autre moyen de manifester leur instinct destructeur. Mais il y a aussi les conditions réunies de part et d'autres à mon avis pour que ce soit autre chose que les banlieues en feu qu'on vit. cela fait combien d'années que dans certaines banlieues des personnes sont témoins de choses graves comme des règlement de compte et se taisent par peur des représailles?

pour moi ces individus sont responsables d'avoir choisi le désespoir, la lâcheté, le sentiment de toute puissance aveugle

d'autres personnes trouvent une vraie force pour être des personnes positives face à une vie difficile, ils n'ont pas d'excuse.

mais la société ne doit pas leur fournir un si bon terreau et nous devons nous interroger sur notre violence à chacun de nous,

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