Causes et solutions du vaginisme

Publié le 10/10/2016 à 22:20

Chaque semaine, nous vous proposons un dossier commenté par certains de nos experts... Et Brigitte, bien entendu !

Très peu évoqué donc peu connu, le vaginisme est pourtant un problème qui toucherait officiellement 1 à 8 % des femmes.

 

L'avis de Brigitte

Le vaginisme consiste à resserrer les muscles périphériques qui entourent le vagin rendant toute pénétration difficile ou impossible. On parle de vaginisme primaire ou secondaire suivant qu’il soit présent dès le début de la sexualité de la femme ou survenu par la suite.

Les causes sont multiples et il faut toujours rester très prudent. J’entends trop souvent dire qu’il y a eu un traumatisme sexuel. Bien sûr, des attouchements durant l’enfance peuvent provoquer un vaginisme chez une femme mais l’affirmer est une injonction qui peut avoir des répercussions désastreuses sur le psychisme de la femme qui cherchera un coupable dans son environnement affectif. 

Parfois la peur du pénis peut suffire à provoquer un vaginisme. Surtout si le discours maternel était angoissant. Enfin, lorsque le vaginisme apparaît ensuite, il sera toujours plus facile à guérir à condition bien sûr que la femme en ait envie. Car c’est peut-être pour elle une solution bien pratique pour éviter tout rapport sexuel.

Pour débloquer le vaginisme, je préfère toujours proposer une solution corporelle. Même si élaborer les causes permet de libérer la femme. En passant par le corps, les résistances seront plus faciles à dépasser. C’est la femme elle-même qui devra faire les exercices car son partenaire reste encore inquiétant et donc le réflexe de fermeture aura lieu. Car il faut bien parler de réflexe. La femme n’est absolument pas consciente que son sexe se ferme. En revanche, elle devra, avec ses doigts ou des objets adaptés (il existe différents godes de taille de plus en plus grandes qui ont été créé pour cet usage) se rendre compte qu’elle peut les introduire et peu à peu, elle sentira son vagin se refermer ou s’ouvrir. Les exercices doivent être réalisés avec une conscience respiratoire. 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela peut être assez rapide si la femme est vraiment impliquée et si elle a envie de régler son symptôme. Mais comme souvent lorsqu’il y a une difficulté sexuelle, il faut analyser les avantages collatéraux.

Enfin, à signaler : il semble que le botox peut être efficace dans certains cas. Ce produit a pour effet de paralyser localement les muscles. Mais, cette solution nécessite un excellent praticien. 

 

Sylvain Mimoun

Gynécologue, andrologue et psychosomaticien

Les femmes concernées reconnaissent assez facilement que c'est psychologique donc le but de toute thérapeutique est qu'elle apprivoise la peur. 

Notre rôle est d'aider progressivement ces femmes à avoir moins peur de toucher telle et telle zone, en particulier l'entrée du vagin. Il faut donc les rassurer en laissant le doigt (sans l'introduire), en maintenant simplement le contact. Petit à petit elles vont apprivoiser ce contact. À partir de cet apprivoisement là, elles vont avancer de mieux en mieux pour que ce soit le moins gênant pour elles et pour qu'à un moment donné, le doigt puisse commencer à s'introduire dans le vagin. 

Une fois que cela est assimilé au cabinet, que tout a bien été expliqué et compris, j'explique à mes patiente qu'idéalement il faudrait qu'elles fassent la même chose chez elle, par elles-mêmes. À partir du moment où un doigt a pu être introduit, cela devient plus simple et tout devient plus efficace pour pouvoir dépasser le problème du vaginisme. 

Enfin ce que l'on peut également faire en consultation, c'est examiner la patiente avec un mini-spéculum (outil permettant d'examiné le vagin et le col de l'utérus). Cela leur permet de mieux visualiser l'intérieur du vagin. La direction de celui-ci est comme un toboggan, cela monte puis descend. Le fait de suivre la courbure du vagin leur permet d'avoir moins mal donc moins peur. 

Au fil des séances, le vagin sera de plus en plus élargi. Lorsqu'il l'est suffisant, elles peuvent alors tenter le rapport sexuel. 

La recette de tout cela est qu'elles comprennent ce qui leur arrive et qu'elles sachent que c'est quelque chose de relativement fréquent surtout dans des milieux avec une éducation très stricte et que si elles avancent à leur propre rythme, sans pression, le vaginisme peut se résoudre à un moment donné. 

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Le 10/06/2016 à 17:42

Réponse de ThierryL

Dans le livre "Femme désirée, Femme désirante", le Dr Danièle Flaumenbaum décrit ce problème et l'analyse dan sa dimension émotionnelle, énergétique, historique. Une lecture passionnante et éclairante.